«The Father»: vision de force féminine et adaptation prometteuse
•2024-07-14 18:00
Les projets de diplômes de l'Université libanaise au théâtre Le Monnot s’avèrent un succès. Parmi ces jeunes talents prometteurs et dans le cadre de ces spectacles de diplôme, Garcess Kanaan a récemment présenté sa pièce, The Father, une adaptation d’August Strindberg.
Garcess Kanaan, diplômé de l’USJ en gestion et management, a réalisé son projet de diplôme de l’Université libanaise en théâtre après des années de travail acharné. Il a donc mis en scène la pièce The Father d’August Strindberg au théâtre Le Monnot, sous la supervision de Julia Kassar.
Cette pièce s’inscrit dans le cadre des projets de diplôme de l’Université libanaise, présentés dans un cadre professionnel à l’ACT. La directrice artistique du théâtre Le Monnot, Josyane Boulos, soutient que le théâtre se veut «un espace pour tous, offrant ainsi une plateforme accessible aux jeunes talents». La pièce The Father, vue par Garcess Kanaan, met en place la détermination de la jeunesse à se frayer un chemin artistique. Talent et persévérance font face au trac pour présenter un projet bien ficelé et porteur de messages.
Les spectateurs entrent dans un espace éclairé où les acteurs sont déjà sur scène, figés dans un tableau panoramique. «J’ai décidé de garder l’époque de 1887», dit Garcess Kanaan, «pour montrer que les femmes étaient plus fortes que les hommes, surtout que les tests d’ADN n’existaient pas à cette époque-là». La scène s’éclaire progressivement et les costumes de Béchara Atallah donnent aux acteurs une personnalité et des couleurs dès leurs premiers mots.
Le texte, adapté en libanais, est puissant et reflète les sentiments étouffés des couples. Les non-dits apparaissent dans un crescendo émotionnel, soulignant le contraste entre homme et femme, surtout que la petite fille prend la défense de sa mère. «Solidarité féminine», dirait-on.
Pour la direction d’acteurs, Garcess Kanaan affirme: «J’ai décidé de concrétiser ma vision à travers le réalisme en me basant sur la méthode Stanislavski qui révèle les émotions sincères.» «Ma vision consistait à montrer comment les femmes, unies, ont le pouvoir de détruire n’importe quel homme», explique-t-il. «C’est ce que Laura fait, elle manipule toutes les femmes de cette maison: l’infirmière et sa fille. L’homme se retrouve seul, impuissant face à trois femmes. J’ai donc conçu l’affiche pour représenter le capitaine comme une marionnette entre trois femmes», poursuit-il.
Pourquoi avoir adapté cette pièce? «The Father a trouvé un écho en moi. Ce qui m’a touché, c’est qu’un homme puisse être faible et exprimer ses émotions. Il a le droit de pleurer ou d’aimer. En tant que Libanais, surtout dans mon environnement, le cliché de l’homme fort existe toujours. Pleurer est une honte. Même en regardant un film avec mes parents, je contrôle mes émotions car ils pourraient se moquer de moi en tant qu’homme. De plus, la fille dans cette maison sombre dans la folie. Elle ne peut pas décider de son avenir à cause de l’égoïsme de ses parents. J’ai vécu une expérience similaire quand j’ai fini l’école et voulu décider de ma carrière. Ils ont refusé mon premier choix et j’ai dû faire d’autres études. Enfin, je suis féministe. Je voulais que la femme atteigne ses objectifs dans la pièce, mais j’étais contre les moyens qu’elle a utilisés pour le faire. Cependant, j’ai admiré la force de Laura, surtout en 1887, lorsque les femmes étaient vues comme des servantes auprès de leurs maris».
La méticulosité, le choix des mots, le sens du détail et le goût de l’esthétique sont frappants dans l’œuvre de Garcess Kanaan. Dans son élan brut, il va au-delà des créations des metteurs en scène «affranchis». Il rappelle sans doute la célèbre citation de Corneille dans Le Cid: «Mes pareils à deux fois ne se font point connaître. Et pour leurs coups d’essai, veulent des coups de maître».
Les spectacles de fin d’études des étudiants en théâtre de l’Université libanaise se déroulent en juillet, à différentes dates, à l’ACT du théâtre Le Monnot. L’entrée est gratuite.
Alors que l’Iran et les États-Unis renouent prudemment le fil des négociations à Oman, la perspective d’une désescalade reste indissociable d’un rapport de force militaire. Au cœur de cette tension entre parole diplomatique et puissance armée, un mot s’impose: «arsenal».
Après des mois où l’hypothèse d’un affrontement militaire entre les États-Unis et l’Iran dominait le paysage, des négociations indirectes se sont tenues vendredi à Oman. Le président américain Donald Trump a salué de «très bonnes» discussions avec Téhéran, affirmant que les négociations allaient se poursuivre dès le début de la semaine prochaine. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a évoqué une «atmosphère très positive».
Cependant, l’ombre de l’arsenal militaire plane sur la diplomatie balbutiante.
D’une part, Washington maintient la pression par de nouvelles sanctions et déploie une force navale conséquente dans le Golfe. D’autre part, l’arsenal iranien – nucléaire potentiel et capacités balistiques – continue de faire face à l’arsenal américain et israélien, déployé ou tenu en réserve.
Entre langage de négociation et démonstration de force, le mot «arsenal» reste au cœur d’un rapport de puissance non résolu.
Un mot né de la guerre… et de la mer
Le terme «arsenal» est né sur les rivages de la Méditerranée. Il entre en français au tournant du Moyen Âge, par l’intermédiaire de l’italien – notamment le vénitien arzana – lui-même issu de l’arabe dār aṣ-ṣināʿa, littéralement «la maison de la fabrication».
À l’origine, l’arsenal désigne un lieu: un espace organisé où l’on construit, répare et entrepose les instruments de guerre, en particulier les navires. Cette dimension matérielle et industrielle est essentielle. L’arsenal n’est pas l’arme isolée, mais le système qui la rend possible: infrastructures, savoir-faire, stocks, logistique.
La langue exprime ainsi une observation notable: la puissance ne réside pas seulement dans l’usage de la force, mais dans l’accumulation organisée des moyens.
Dès le XVIᵉ siècle, le mot s’enrichit d’un sens métaphorique: arsenal d’arguments, arsenal d’idées.
L’arsenal comme ligne rouge: Washington contre Téhéran
Dans le bras de fer actuel, le mot «arsenal» cristallise deux visions irréconciliables de la sécurité. Du point de vue américain, l’arsenal iranien forme un tout indissociable: nucléaire, missiles balistiques, capacités régionales. Il ne s’agit plus seulement d’empêcher l’accès à la bombe, mais de neutraliser ce que Washington perçoit comme un système global de menace. L’arsenal devient ici un problème stratégique total, que seule une réduction drastique – voire un démantèlement – pourrait résoudre.
À Téhéran, la lecture est inverse. Pour les Gardiens de la révolution, l’arsenal n’est pas un outil d’expansion, mais un rempart existentiel. Le programme balistique, en particulier, est présenté comme la dernière garantie crédible de dissuasion, surtout après l’affaiblissement relatif du réseau régional iranien et les frappes répétées contre ses infrastructures. Toucher à cet arsenal reviendrait, dans cette logique, à désarmer l’État face à des adversaires technologiquement supérieurs.
Ainsi, le mot «arsenal» devient le symbole d’une souveraineté disputée. Pour les États-Unis, limiter l’arsenal iranien est une condition de stabilité régionale. Pour l’Iran, le préserver est une question de survie politique et sécuritaire.
Le sort de la région suspendu aux négociations
«Nos idées ont été échangées et les points de vue de l'autre partie nous ont été présentés», a déclaré vendredi M. Araghchi à la télévision d'État iranienne.
«La marche à suivre dépendra de nos consultations avec nos capitales», a-t-il ajouté. Il a également exprimé le souhait que «Washington» s’abstienne de «menaces et de pressions» afin que «les pourparlers puissent se poursuivre», les modalités et le calendrier n’ayant pas encore été fixés.
L’asymétrie des attentes demeure: les États-Unis entendent élargir le débat à l’ensemble de l’arsenal iranien alors que Téhéran s’en tient à une approche strictement nucléaire, conditionnée à la levée des sanctions économiques.
Dans cet entre-deux diplomatique, l’arsenal de chaque partie agit comme un levier de négociation, un langage implicite de la puissance.
"
["Encart"]=>
string(0) ""
["Media"]=>
string(26) "arsenalwebsite-fr.jpg.jpeg"
["Media_Title"]=>
string(0) ""
["Media_Copyright"]=>
string(12) "Ici Beyrouth"
["Media_Legend"]=>
string(0) ""
["Media_OK"]=>
int(0)
["Author_ID"]=>
int(25)
["Author"]=>
string(19) "Sana Richa Choucair"
["Author_ID2"]=>
int(0)
["Author2"]=>
string(13) "Abd Farchoukh"
["Parent_ID"]=>
int(0)
["Date_Pub"]=>
string(19) "2026-02-08 15:00:00"
["Date_Finpub"]=>
string(19) "2038-01-01 00:00:00"
["Published"]=>
int(1)
["NbVotes"]=>
string(10) "0.00000000"
["NbViews"]=>
int(323)
["NbShares"]=>
int(0)
["Twitter"]=>
string(13) "Same as insta"
["Facebook"]=>
string(277) "À Oman, l’Iran et les États-Unis ont négocié à nouveau. Mais l’arsenal militaire reste au cœur du rapport de force.
Entre nucléaire, missiles et forces navales, la diplomatie tente de se frayer un chemin.
Selon vous, le dialogue peut-il l’emporter sur l’arsenal?"
["Instagram"]=>
int(0)
["Tiktok"]=>
int(0)
["Internal_Comment"]=>
string(0) ""
["modifiedon"]=>
string(19) "2026-02-07 16:58:16"
["Audio"]=>
string(14) "art1333039.mp3"
["Video"]=>
string(0) ""
["Podcast"]=>
string(0) ""
["Attachments"]=>
string(0) ""
["Source"]=>
string(0) ""
["NoComment"]=>
int(0)
["LockComments"]=>
int(0)
["Promotional"]=>
int(0)
["Push"]=>
int(1)
["Push_Date"]=>
string(19) "2026-02-08 15:00:00"
["Push_Title"]=>
string(0) ""
["Push_Text"]=>
string(0) ""
["Has_Video"]=>
int(0)
["Voice_Gender"]=>
int(0)
["Newsletter"]=>
int(0)
["Urgent"]=>
int(0)
}
[1333038]=>
array(59) {
["ID"]=>
int(1333038)
["oid"]=>
int(0)
["Rub"]=>
string(1) "3"
["Rub2"]=>
string(2) "34"
["Rub3"]=>
string(1) "0"
["Rub4"]=>
string(0) ""
["Folder"]=>
int(0)
["FolderPosition"]=>
int(0)
["Furl"]=>
string(53) "pourquoi-nos-histoires-damour-ressemblent-a-des-films"
["Lng"]=>
string(3) "fra"
["Tags"]=>
string(18) "Amour,Culture,Film"
["Keywords"]=>
string(0) ""
["Meta"]=>
string(0) ""
["Title"]=>
string(58) "Pourquoi nos histoires d’amour ressemblent à des films?"
["GTitle"]=>
string(0) ""
["Header"]=>
string(11) "Décryptage"
["Subtitle"]=>
string(428) "
À l’approche de la Saint-Valentin, février s’impose comme le mois de l’amour. Mais que met-on vraiment derrière ce mot que l’on croit évident? En sept volets, cette série propose une exploration culturelle du sentiment amoureux: son histoire, ses récits, ses contraintes et ses désillusions, pour comprendre comment nos façons d’aimer se sont construites et continuent d’évoluer.
Nous aimons croire que nos histoires sentimentales sont uniques. Pourtant, dès l’enfance, nous apprenons à aimer à travers des récits qui nous précèdent. Films, séries, chansons et romans n’ont pas seulement raconté l’amour: ils en ont fixé les cadres, les gestes attendus, les mots jugés légitimes et même les déceptions acceptables. Sans toujours en avoir conscience, la culture populaire façonne notre manière de vivre les relations amoureuses.
Le cinéma a joué un rôle central dans cette mise en forme. Depuis l’âge d’or hollywoodien, l’amour y est présenté comme une histoire reconnaissable : une rencontre, des obstacles, une crise, puis une résolution. Peu à peu, cette structure s’est imposée comme une norme affective. Aimer, ce serait vivre une relation avec un début clair, des épreuves signifiantes et, si possible, une fin heureuse. Le couple devient alors un récit à mener à bien, et toute relation qui s’en éloigne paraît incomplète, fragile ou vouée à l’échec.
Les comédies romantiques ont largement contribué à cette vision. Elles ont diffusé l’idée que l’amour «vrai» doit être évident, presque magique. Les difficultés y sont temporaires, les malentendus toujours levés à temps. Ce modèle crée une attente paradoxale: nous souhaitons des relations simples, mais chargées d’une intensité exceptionnelle. Or la réalité affective est rarement aussi lisible. Quand l’expérience vécue ne correspond pas au scénario appris, le doute apparaît: est-ce encore de l’amour?
La chanson populaire a, elle aussi, joué un rôle majeur. Elle a donné une langue aux émotions amoureuses, mais aussi des repères implicites. Les refrains parlent de passion absolue, de manque insupportable, de désir exclusif. Aimer, ce serait souffrir intensément et vouloir sans limite. Ces récits rendent certaines émotions socialement acceptables – la jalousie, la dépendance, la douleur – tout en rendant suspectes des formes de lien plus calmes ou plus nuancées. L’amour apaisé y semble souvent trop ordinaire pour être célébré.
Les séries contemporaines ont renforcé ce phénomène. En multipliant les intrigues sentimentales, elles montrent l’amour dans sa répétition: ruptures, retours, triangles amoureux, crises successives. Si elles offrent parfois une image plus réaliste des relations, elles entretiennent aussi une tension permanente. L’amour devient un espace dramatique continu, où l’ennui est perçu comme un signe d’échec et la stabilité comme un manque d’histoire. Là encore, la relation est évaluée selon sa capacité à produire du récit.
La littérature n’échappe pas à cette logique. Du roman sentimental aux textes contemporains, l’amour y occupe souvent une place centrale. Mais en devenant un moteur narratif, il s’est aussi transformé en épreuve personnelle. Aimer, ce n’est plus seulement partager un lien, c’est se définir, se transformer, parfois se perdre. Héritée du romantisme, cette vision continue d’influencer nos représentations: l’amour serait censé révéler notre vérité la plus intime.
Ce conditionnement narratif a des effets très concrets. Il façonne nos attentes et notre manière d’interpréter les relations. Nous guettons les grands gestes, les preuves visibles et les signes spectaculaires. Le silence inquiète, la banalité dérange. La culture populaire nous apprend ainsi non seulement comment aimer, mais aussi comment reconnaître – ou disqualifier – l’amour.
Pour autant, il serait trop simple d’y voir une pure manipulation. Ces récits offrent aussi des ressources précieuses: ils aident à nommer des émotions floues et à partager des expériences communes. Le problème n’est pas leur existence, mais le fait qu’ils deviennent des modèles implicites, présentés comme naturels. Lorsqu’ils se transforment en normes, ils rassurent autant qu’ils enferment.
Aujourd’hui, certains récits commencent à s’en détacher. Films, romans et séries proposent de plus en plus des amours imparfaites, parfois sans résolution nette. Ils montrent des relations qui ne suivent pas de trajectoire idéale, mais qui existent malgré tout. Cette évolution traduit une fatigue face au grand récit romantique, et peut-être le désir de formes plus proches de l’expérience réelle.
Aimer reste une expérience intime, mais jamais totalement vierge. Entre désir personnel et modèles appris, nos relations se construisent dans un dialogue constant avec les récits qui nous entourent. Prendre conscience de ces influences, c’est peut-être se donner la liberté de l’inventer autrement.
À suivre : L’amour sous contraintes : quand aimer signifie aussi composer avec le pouvoir
"
["Encart"]=>
string(0) ""
["Media"]=>
string(28) "histoires-damour-website.jpg"
["Media_Title"]=>
string(17) "Amour Film 080226"
["Media_Copyright"]=>
string(12) "Shutterstock"
["Media_Legend"]=>
string(55) "Aimons-nous librement, ou selon des scénarios appris ?"
["Media_OK"]=>
int(1)
["Author_ID"]=>
int(11)
["Author"]=>
string(16) "Bélinda Ibrahim"
["Author_ID2"]=>
int(0)
["Author2"]=>
string(0) ""
["Parent_ID"]=>
int(0)
["Date_Pub"]=>
string(19) "2026-02-08 10:00:00"
["Date_Finpub"]=>
string(19) "2038-01-01 00:00:00"
["Published"]=>
int(1)
["NbVotes"]=>
string(10) "0.00000000"
["NbViews"]=>
int(343)
["NbShares"]=>
int(0)
["Twitter"]=>
string(64) "Nous aimons aussi avec les récits que la culture nous a appris."
["Facebook"]=>
string(288) "Aimons-nous librement, ou selon des scénarios appris ?
Films, séries, chansons et romans ont façonné nos manières d’aimer, nos attentes et nos déceptions, souvent sans que nous en ayons conscience.
Deuxième volet d’une série en sept articles consacrés au sentiment amoureux.
"
["Instagram"]=>
int(0)
["Tiktok"]=>
int(0)
["Internal_Comment"]=>
string(752) "GD: please use this pic as main. thanks a lot!
https://www.shutterstock.com/fr/image-photo/vintagestyle-photo-couple-embracing-shares-tender-2573924577?trackingId=0a2419b0-7bb8-4f31-bdef-da668a7467a3&listId=searchResults
Instagram
Quand l’amour devient un scénario
Caption:
Films, séries, chansons et romans n’ont pas seulement raconté l’amour : ils ont façonné nos attentes, nos gestes et nos déceptions. En transformant l’expérience amoureuse en en modèle tout fait, la culture populaire influence nos relations, souvent à notre insu.
Avez-vous déjà eu l’impression de vivre une histoire d’amour « comme dans un film » ?
Pour en savoir plus, lisez l’article de Bélinda Ibrahim sur #IciBeyrouth via le lien en bio.
"
["modifiedon"]=>
string(19) "2026-02-07 16:41:24"
["Audio"]=>
string(14) "art1333038.mp3"
["Video"]=>
string(0) ""
["Podcast"]=>
string(0) ""
["Attachments"]=>
string(0) ""
["Source"]=>
string(0) ""
["NoComment"]=>
int(0)
["LockComments"]=>
int(0)
["Promotional"]=>
int(0)
["Push"]=>
int(0)
["Push_Date"]=>
string(19) "2026-02-07 18:40:00"
["Push_Title"]=>
string(0) ""
["Push_Text"]=>
string(0) ""
["Has_Video"]=>
int(0)
["Voice_Gender"]=>
int(0)
["Newsletter"]=>
int(0)
["Urgent"]=>
int(0)
}
[1333023]=>
array(59) {
["ID"]=>
int(1333023)
["oid"]=>
int(0)
["Rub"]=>
string(1) "3"
["Rub2"]=>
string(1) "0"
["Rub3"]=>
string(1) "0"
["Rub4"]=>
string(0) ""
["Folder"]=>
int(0)
["FolderPosition"]=>
int(0)
["Furl"]=>
string(45) "ce-que-signifiait-aimer-a-travers-les-epoques"
["Lng"]=>
string(3) "fra"
["Tags"]=>
string(34) "Amour,Époques,Culture,Sentiments "
["Keywords"]=>
string(0) ""
["Meta"]=>
string(0) ""
["Title"]=>
string(51) "Ce que signifiait «aimer» à travers les époques"
["GTitle"]=>
string(0) ""
["Header"]=>
string(11) "Décryptage"
["Subtitle"]=>
string(437) "
À l’approche de la Saint-Valentin, février s’impose comme le mois de l’amour. Mais que met-on vraiment derrière ce mot que l’on croit évident ? En sept volets, cette série propose une exploration culturelle du sentiment amoureux: son histoire, ses récits, ses contraintes et ses désillusions, pour comprendre comment nos façons d’aimer se sont construites et continuent d’évoluer.
L’amour est souvent présenté comme une évidence intemporelle, une expérience universelle que toutes les sociétés partageraient sous des formes à peine différentes. Pourtant, l’histoire culturelle montre l’inverse : aimer est une pratique profondément située, façonnée par les normes sociales, les institutions, les récits littéraires et les cadres symboliques propres à chaque époque. Le sentiment amoureux n’est pas immuable ; il se transforme, se codifie, se contredit parfois. En retraçant ses métamorphoses, on découvre moins une vérité éternelle qu’un révélateur des sociétés qui l’ont pensé.
Dans l’Antiquité grecque et romaine, l’amour n’existe pas comme un bloc homogène. Les Grecs distinguent plusieurs formes d’attachement : éros pour le désir, philia pour l’amitié, agapè pour l’amour désintéressé. Cette pluralité n’est pas anodine : elle indique que le lien amoureux n’est ni central ni nécessairement lié au couple conjugal. Le mariage relève avant tout de la transmission patrimoniale et de l’ordre civique. L’amour, lui, circule ailleurs : dans l’amitié masculine, dans les relations pédagogiques, dans le plaisir. Chez Platon, l’amour devient même un moteur d’élévation intellectuelle, un chemin vers le Beau et le Vrai, bien loin de l’idéal romantique moderne.
Rome, de son côté, aborde l’amour comme un art social. Ovide, dans L’Art d’aimer, décrit la séduction comme une pratique maîtrisable, presque stratégique. L’amour y est jeu, technique, rhétorique ; il s’apprend et se cultive. Rien ici de l’idée d’âme sœur ou de passion exclusive : aimer n’est pas se perdre, mais savoir faire.
Le Moyen Âge marque un tournant décisif avec l’émergence de l’amour courtois. Dans les cours aristocratiques du XIIᵉ siècle, les troubadours inventent une nouvelle grammaire amoureuse : aimer devient une épreuve, un service rendu à une dame idéalisée, souvent inaccessible. Cet amour est codifié, ritualisé, et surtout dissocié du mariage, qui reste une affaire d’alliances et de lignages. La distance, l’attente et la frustration ne sont plus des obstacles : elles deviennent la condition même de l’intensité amoureuse. Aimer, c’est souffrir, désirer sans posséder, transformer le manque en vertu. L’amour cesse d’être un simple plaisir pour devenir une expérience morale et symbolique.
À la Renaissance, l’individu commence à s’imposer comme sujet central. L’amour se fait plus introspectif, plus personnel. Les poètes, de Pétrarque à Dante, décrivent un sentiment qui transforme celui qui aime, qui le travaille de l’intérieur. Ce n’est plus seulement une posture sociale, mais une expérience intime, parfois contradictoire. Le sentiment amoureux devient un lieu de tension entre l’idéal et le réel, entre l’élévation et la souffrance. Cette subjectivation prépare le terrain à la révolution romantique.
C’est au tournant des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles que l’amour tel que nous le concevons aujourd’hui s’impose véritablement. Le romantisme érige la passion en valeur suprême. Aimer, désormais, c’est se révéler à soi-même, s’engager corps et âme, parfois contre les normes sociales. Stendhal théorise ce mouvement avec la célèbre notion de « cristallisation » : l’être aimé devient le support de projections idéales, le miroir d’un désir absolu. L’amour n’est plus maîtrisé ; il déborde et justifie les excès. Cette conception passionnelle s’accompagne d’une attente nouvelle : celle que l’amour donne sens à l’existence.
Le XXᵉ siècle introduit un regard plus critique. Avec la psychanalyse, l’amour cesse d’être seulement exalté : il est interrogé. Sigmund Freud montre que l’amour est traversé par l’inconscient, les répétitions et les conflits infantiles. Aimer n’est plus seulement choisir ; c’est rejouer. Le sentiment amoureux devient un terrain d’ambivalence, mêlant attachement, dépendance, idéalisation et angoisse de perte. Cette lecture fissure l’illusion d’un amour naturellement harmonieux.
Aujourd’hui, l’amour se décline sous une multiplicité de formes : conjugal, libre, exclusif ou non, durable ou éphémère. Les normes se fragmentent, les modèles coexistent. Loin de signifier la fin de l’amour, cette diversité rappelle sa nature profondément culturelle. Chaque époque invente les récits qui lui permettent d’aimer… ou de croire aimer.
Ainsi, l’amour ne peut pas être réduit à un simple sentiment. Il est une construction mouvante. En ce sens, aimer n’a jamais cessé de changer et c’est peut-être cette instabilité même qui le rend si difficile à définir.
À suivre : Quand l’amour devient un scénario : comment la culture populaire écrit nos relations
"
["Encart"]=>
string(0) ""
["Media"]=>
string(29) "46belinda-ibrahim-website.jpg"
["Media_Title"]=>
string(21) "Aimer époques 070226"
["Media_Copyright"]=>
string(12) "Shutterstock"
["Media_Legend"]=>
string(96) "Ce que nous appelons aujourd’hui « sentiment amoureux » est le produit d’une histoire."
["Media_OK"]=>
int(1)
["Author_ID"]=>
int(11)
["Author"]=>
string(16) "Bélinda Ibrahim"
["Author_ID2"]=>
int(0)
["Author2"]=>
string(0) ""
["Parent_ID"]=>
int(0)
["Date_Pub"]=>
string(19) "2026-02-07 10:00:00"
["Date_Finpub"]=>
string(19) "2038-01-01 00:00:00"
["Published"]=>
int(1)
["NbVotes"]=>
string(10) "0.00000000"
["NbViews"]=>
int(462)
["NbShares"]=>
int(0)
["Twitter"]=>
string(51) "Et si aimer n’était pas naturel, mais appris ?"
["Facebook"]=>
string(416) "Et si l’amour n’avait rien d’universel ? Ce que nous appelons aujourd’hui « sentiment amoureux » est le produit d’une histoire, de normes et de récits qui ont évolué au fil des siècles. Du Moyen Âge aux idéaux modernes, chaque époque a inventé ses façons d’aimer et ses interdits.
Premier volet d’une série en sept articles consacrés au sentiment amoureux.
À lire sur #IciBeyrouth
"
["Instagram"]=>
int(0)
["Tiktok"]=>
int(0)
["Internal_Comment"]=>
string(646) "GD: please use this pic as main. Thanks a lot!
https://www.shutterstock.com/fr/image-photo/desire-love-human-hands-connecting-heart-2403892179
Instagram :
Title : Aimer a-t-il toujours voulu dire la même chose ?
Caption :
L’amour que nous croyons universel est en réalité une construction historique. Du Moyen Âge aux idéaux romantiques modernes, chaque époque a façonné ses façons d’aimer, ses attentes et ses interdits, transformant le sentiment amoureux au fil du temps.
Aimer aujourd’hui, est-ce vraiment aimer librement ?
Pour en savoir plus, lisez l’article de Bélinda Ibrahim sur #IciBeyrouth via le lien en bio.
"
["modifiedon"]=>
string(19) "2026-02-06 22:00:34"
["Audio"]=>
string(14) "art1333023.mp3"
["Video"]=>
string(0) ""
["Podcast"]=>
string(0) ""
["Attachments"]=>
string(0) ""
["Source"]=>
string(0) ""
["NoComment"]=>
int(0)
["LockComments"]=>
int(0)
["Promotional"]=>
int(0)
["Push"]=>
int(0)
["Push_Date"]=>
string(19) "2026-02-06 23:15:00"
["Push_Title"]=>
string(0) ""
["Push_Text"]=>
string(0) ""
["Has_Video"]=>
int(0)
["Voice_Gender"]=>
int(0)
["Newsletter"]=>
int(0)
["Urgent"]=>
int(0)
}
}