Ismaïl Kadaré: une vie d’écriture contre l’oppression s’achève
Béatrice Moreau•2024-07-02 13:52
L’écrivain albanais Ismaïl Kadaré, figure majeure de la littérature mondiale, s’est éteint lundi. Son œuvre puissante, traduite dans 40 langues, a marqué des générations de lecteurs et placé l’Albanie sur la carte littéraire internationale.
Ismaïl Kadaré, géant albanais des lettres, s’est éteint lundi, laissant derrière lui une œuvre monumentale qui a transcendé les frontières et les époques. Auteur prolifique et engagé, Kadaré a su faire de sa plume une arme redoutable contre les dictatures, tout en captivant des lecteurs du monde entier par la puissance de son imagination et la finesse de son style.
La nouvelle de sa disparition a suscité une vague d’hommages, tant dans son pays natal qu’à l’international. Le Premier ministre albanais Edi Rama a salué sur Facebook «le plus grand monument de la culture albanaise», soulignant la capacité unique de Kadaré à transporter ses lecteurs «dans un monde d’événements, de personnages, d’émotions» avec «l’aisance d’un magicien». Cette déclaration reflète l’impact profond que l’écrivain a eu sur la société albanaise, bien au-delà du simple domaine littéraire.
L’œuvre de Kadaré, riche d’une cinquantaine d’ouvrages comprenant romans, essais, nouvelles, poèmes et pièces de théâtre, a été traduite dans pas moins de 40 langues. Cette diffusion massive témoigne de l’universalité de ses écrits et de sa capacité à toucher des lecteurs de cultures diverses. Sa production littéraire, en partie réalisée sous la dictature d’Enver Hoxha, illustre le pouvoir des mots à transcender les barrières politiques les plus hermétiques.
Persida Asllani, responsable du département de littérature à l’Université de Tirana, souligne le rôle crucial de Kadaré dans le «redimensionnement» de la littérature et de la société albanaise. Ses œuvres, publiées «au milieu des ténèbres» de la dictature et après, ont ouvert de nouvelles perspectives pour tout un peuple. Albin Kurti, Premier ministre du Kosovo, a quant à lui rappelé la capacité de l’écrivain à être «la lueur de la créativité, de la liberté, du génie» malgré les contraintes politiques et artistiques de son époque.
La présidente kosovare, Vjosa Osmani, n’a pas hésité à qualifier Kadaré de «voix monumentale» et de «trésor qui n’existe qu’une fois par génération», soulignant ainsi le caractère exceptionnel de son talent et de son influence. Ces réactions émanant de dirigeants politiques démontrent à quel point l’écrivain avait su transcender le simple statut d’auteur pour devenir une figure emblématique de toute une région.
La maison d’édition française Fayard, qui a eu le privilège de publier l’œuvre de Kadaré, a exprimé son honneur d’avoir travaillé avec «l’un des plus grands écrivains de notre temps». Cette reconnaissance internationale s’était déjà manifestée en 2005 lorsque Kadaré est devenu le premier lauréat de l’International Booker Prize pour l’ensemble de son œuvre, une distinction qui a définitivement consacré sa place dans le panthéon de la littérature mondiale.
Au-delà des cercles littéraires et politiques, la disparition de Kadaré a également ému le grand public. Dans les rues de Tirana, de nombreux Albanais ont tenu à exprimer leur admiration pour celui qui a su faire vivre leur histoire et dire la vérité sur le passé communiste du pays. Katerina Hysenllari, une étudiante de 24 ans, a souligné la capacité de l’écrivain à aborder des thèmes qui dépassaient les frontières de l’Albanie, faisant de lui un «fin connaisseur de la région et des Balkans».
Le professeur Shezai Rrokaj a comparé Kadaré aux grands hommes célébrés au Panthéon de Paris, soulignant son rôle dans l’apprentissage de la littérature albanaise et l’appréciation de l’art d’écrire. Cette comparaison illustre l’importance de l’écrivain dans la construction de l’identité culturelle de son pays.
Si la disparition physique de Kadaré est une perte immense, nombreux sont ceux qui, comme Zylyftar Bregu, passionné de littérature, rappellent que l’œuvre d’un écrivain survit à son créateur.
En France, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a rendu hommage à «un homme de lettres passionné» dont l’engagement pour la liberté a nourri une plume inlassable. Ce témoignage souligne une fois de plus la portée universelle de l’œuvre de Kadaré, capable de toucher des lecteurs bien au-delà des frontières de son pays natal.
Avec la disparition d’Ismaïl Kadaré, c’est une page de la littérature mondiale qui se tourne. Mais son héritage, fait de mots puissants et libres, continuera longtemps à éclairer les consciences et à nourrir les imaginaires, perpétuant ainsi la mémoire d’un écrivain hors du commun.
Avec AFP
À l’approche de la Saint-Valentin, février s’impose comme le mois de l’amour. Mais que met-on vraiment derrière ce mot que l’on croit évident ? En sept volets, cette série propose une exploration culturelle du sentiment amoureux: son histoire, ses récits, ses contraintes et ses désillusions, pour comprendre comment nos façons d’aimer se sont construites et continuent d’évoluer.
L’amour est souvent présenté comme une évidence intemporelle, une expérience universelle que toutes les sociétés partageraient sous des formes à peine différentes. Pourtant, l’histoire culturelle montre l’inverse : aimer est une pratique profondément située, façonnée par les normes sociales, les institutions, les récits littéraires et les cadres symboliques propres à chaque époque. Le sentiment amoureux n’est pas immuable ; il se transforme, se codifie, se contredit parfois. En retraçant ses métamorphoses, on découvre moins une vérité éternelle qu’un révélateur des sociétés qui l’ont pensé.
Dans l’Antiquité grecque et romaine, l’amour n’existe pas comme un bloc homogène. Les Grecs distinguent plusieurs formes d’attachement : éros pour le désir, philia pour l’amitié, agapè pour l’amour désintéressé. Cette pluralité n’est pas anodine : elle indique que le lien amoureux n’est ni central ni nécessairement lié au couple conjugal. Le mariage relève avant tout de la transmission patrimoniale et de l’ordre civique. L’amour, lui, circule ailleurs : dans l’amitié masculine, dans les relations pédagogiques, dans le plaisir. Chez Platon, l’amour devient même un moteur d’élévation intellectuelle, un chemin vers le Beau et le Vrai, bien loin de l’idéal romantique moderne.
Rome, de son côté, aborde l’amour comme un art social. Ovide, dans L’Art d’aimer, décrit la séduction comme une pratique maîtrisable, presque stratégique. L’amour y est jeu, technique, rhétorique ; il s’apprend et se cultive. Rien ici de l’idée d’âme sœur ou de passion exclusive : aimer n’est pas se perdre, mais savoir faire.
Le Moyen Âge marque un tournant décisif avec l’émergence de l’amour courtois. Dans les cours aristocratiques du XIIᵉ siècle, les troubadours inventent une nouvelle grammaire amoureuse : aimer devient une épreuve, un service rendu à une dame idéalisée, souvent inaccessible. Cet amour est codifié, ritualisé, et surtout dissocié du mariage, qui reste une affaire d’alliances et de lignages. La distance, l’attente et la frustration ne sont plus des obstacles : elles deviennent la condition même de l’intensité amoureuse. Aimer, c’est souffrir, désirer sans posséder, transformer le manque en vertu. L’amour cesse d’être un simple plaisir pour devenir une expérience morale et symbolique.
À la Renaissance, l’individu commence à s’imposer comme sujet central. L’amour se fait plus introspectif, plus personnel. Les poètes, de Pétrarque à Dante, décrivent un sentiment qui transforme celui qui aime, qui le travaille de l’intérieur. Ce n’est plus seulement une posture sociale, mais une expérience intime, parfois contradictoire. Le sentiment amoureux devient un lieu de tension entre l’idéal et le réel, entre l’élévation et la souffrance. Cette subjectivation prépare le terrain à la révolution romantique.
C’est au tournant des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles que l’amour tel que nous le concevons aujourd’hui s’impose véritablement. Le romantisme érige la passion en valeur suprême. Aimer, désormais, c’est se révéler à soi-même, s’engager corps et âme, parfois contre les normes sociales. Stendhal théorise ce mouvement avec la célèbre notion de « cristallisation » : l’être aimé devient le support de projections idéales, le miroir d’un désir absolu. L’amour n’est plus maîtrisé ; il déborde et justifie les excès. Cette conception passionnelle s’accompagne d’une attente nouvelle : celle que l’amour donne sens à l’existence.
Le XXᵉ siècle introduit un regard plus critique. Avec la psychanalyse, l’amour cesse d’être seulement exalté : il est interrogé. Sigmund Freud montre que l’amour est traversé par l’inconscient, les répétitions et les conflits infantiles. Aimer n’est plus seulement choisir ; c’est rejouer. Le sentiment amoureux devient un terrain d’ambivalence, mêlant attachement, dépendance, idéalisation et angoisse de perte. Cette lecture fissure l’illusion d’un amour naturellement harmonieux.
Aujourd’hui, l’amour se décline sous une multiplicité de formes : conjugal, libre, exclusif ou non, durable ou éphémère. Les normes se fragmentent, les modèles coexistent. Loin de signifier la fin de l’amour, cette diversité rappelle sa nature profondément culturelle. Chaque époque invente les récits qui lui permettent d’aimer… ou de croire aimer.
Ainsi, l’amour ne peut pas être réduit à un simple sentiment. Il est une construction mouvante. En ce sens, aimer n’a jamais cessé de changer et c’est peut-être cette instabilité même qui le rend si difficile à définir.
À suivre : Quand l’amour devient un scénario : comment la culture populaire écrit nos relations
"
["Encart"]=>
string(0) ""
["Media"]=>
string(29) "46belinda-ibrahim-website.jpg"
["Media_Title"]=>
string(21) "Aimer époques 070226"
["Media_Copyright"]=>
string(12) "Shutterstock"
["Media_Legend"]=>
string(96) "Ce que nous appelons aujourd’hui « sentiment amoureux » est le produit d’une histoire."
["Media_OK"]=>
int(1)
["Author_ID"]=>
int(11)
["Author"]=>
string(16) "Bélinda Ibrahim"
["Author_ID2"]=>
int(0)
["Author2"]=>
string(0) ""
["Parent_ID"]=>
int(0)
["Date_Pub"]=>
string(19) "2026-02-07 10:00:00"
["Date_Finpub"]=>
string(19) "2038-01-01 00:00:00"
["Published"]=>
int(1)
["NbVotes"]=>
string(10) "0.00000000"
["NbViews"]=>
int(462)
["NbShares"]=>
int(0)
["Twitter"]=>
string(51) "Et si aimer n’était pas naturel, mais appris ?"
["Facebook"]=>
string(416) "Et si l’amour n’avait rien d’universel ? Ce que nous appelons aujourd’hui « sentiment amoureux » est le produit d’une histoire, de normes et de récits qui ont évolué au fil des siècles. Du Moyen Âge aux idéaux modernes, chaque époque a inventé ses façons d’aimer et ses interdits.
Premier volet d’une série en sept articles consacrés au sentiment amoureux.
À lire sur #IciBeyrouth
"
["Instagram"]=>
int(0)
["Tiktok"]=>
int(0)
["Internal_Comment"]=>
string(646) "GD: please use this pic as main. Thanks a lot!
https://www.shutterstock.com/fr/image-photo/desire-love-human-hands-connecting-heart-2403892179
Instagram :
Title : Aimer a-t-il toujours voulu dire la même chose ?
Caption :
L’amour que nous croyons universel est en réalité une construction historique. Du Moyen Âge aux idéaux romantiques modernes, chaque époque a façonné ses façons d’aimer, ses attentes et ses interdits, transformant le sentiment amoureux au fil du temps.
Aimer aujourd’hui, est-ce vraiment aimer librement ?
Pour en savoir plus, lisez l’article de Bélinda Ibrahim sur #IciBeyrouth via le lien en bio.
"
["modifiedon"]=>
string(19) "2026-02-06 22:00:34"
["Audio"]=>
string(14) "art1333023.mp3"
["Video"]=>
string(0) ""
["Podcast"]=>
string(0) ""
["Attachments"]=>
string(0) ""
["Source"]=>
string(0) ""
["NoComment"]=>
int(0)
["LockComments"]=>
int(0)
["Promotional"]=>
int(0)
["Push"]=>
int(0)
["Push_Date"]=>
string(19) "2026-02-06 23:15:00"
["Push_Title"]=>
string(0) ""
["Push_Text"]=>
string(0) ""
["Has_Video"]=>
int(0)
["Voice_Gender"]=>
int(0)
["Newsletter"]=>
int(0)
["Urgent"]=>
int(0)
}
[1333021]=>
array(59) {
["ID"]=>
int(1333021)
["oid"]=>
int(0)
["Rub"]=>
string(1) "3"
["Rub2"]=>
string(1) "0"
["Rub3"]=>
string(1) "0"
["Rub4"]=>
string(0) ""
["Folder"]=>
int(0)
["FolderPosition"]=>
int(0)
["Furl"]=>
string(73) "le-mari-de-brigitte-bardot-prend-la-tete-de-sa-fondation-pour-les-animaux"
["Lng"]=>
string(3) "fra"
["Tags"]=>
string(84) "Cinéma,Fondation Brigitte Bardot,Animaux,Successeur,Bernard d'Ormale,France,Culture"
["Keywords"]=>
string(0) ""
["Meta"]=>
string(0) ""
["Title"]=>
string(74) "Le mari de Brigitte Bardot prend la tête de sa fondation pour les animaux"
["GTitle"]=>
string(0) ""
["Header"]=>
string(0) ""
["Subtitle"]=>
string(543) "
Quelques semaines après le décès de l’actrice et militante, son époux depuis 33 ans, Bernard d’Ormale, a été élu à la présidence de la Fondation Brigitte Bardot. L’industriel accompagnera la continuité des actions en faveur des animaux, dans le respect de l’esprit et de l’éthique instaurés par l’actrice. La fondation, qui compte près de 300 salariés, 500 bénévoles et agit dans plus de 70 pays, poursuit ainsi sa mission de protection et de secours des animaux.
L'époux de Brigitte Bardot, Bernard d'Ormale, a été élu vendredi à la présidence de sa fondation pour la cause animale, selon un communiqué.
«Mari de Brigitte Bardot durant 33 ans, il l'a accompagnée dans la vie comme dans l'ensemble de ses combats en faveur des animaux en détresse. Il veillera scrupuleusement à ce que l'esprit souhaité par Brigitte Bardot pour sa fondation perdure», indique la Fondation Brigitte Bardot. La même équipe dirigeante reste aux manettes, et la «même éthique» prévaudra.
Décédée le 28 décembre à 91 ans, l'actrice s'était montrée confiante dans un ultime message posthume de vœux publié en janvier dans le magazine de sa fondation. «Le combat continuera, avec ou sans moi...», avait-elle écrit au sujet de l'avenir du mouvement qu'elle a créé.
La fondation compte près de 300 salariés et 500 bénévoles, et 13 000 animaux recueillis dans 4 refuges et 150 pensions partenaires. Elle mène des actions en France et aussi dans 70 pays pour secourir et protéger les animaux.
Vendredi, la fondation a remercié «infiniment toutes celles et tous ceux qui ont témoigné de leur affection et de leur soutien suite au décès» de Brigitte Bardot.
Défense des éléphants, opposition aux abattages rituels, à la corrida ou à la consommation de viande de cheval… L'icône du cinéma était devenue pasionaria de la cause animale au milieu de sa vie.
L'industriel Bernard d'Ormale, proche du Front national, a été son troisième mari.
Avec AFP
"
["Encart"]=>
string(0) ""
["Media"]=>
string(35) "fondationbrigittebardotlogo.svg.png"
["Media_Title"]=>
string(81) "Après Brigitte Bardot, son époux Bernard d’Ormale à la tête de sa fondation"
["Media_Copyright"]=>
string(10) "Wikipédia"
["Media_Legend"]=>
string(138) "Après la disparition de Brigitte Bardot, son combat pour la cause animale se poursuit. Bernard d’Ormale prend la tête de sa fondation."
["Media_OK"]=>
int(0)
["Author_ID"]=>
int(20)
["Author"]=>
string(12) "Ici Beyrouth"
["Author_ID2"]=>
int(0)
["Author2"]=>
string(0) ""
["Parent_ID"]=>
int(0)
["Date_Pub"]=>
string(19) "2026-02-06 21:55:00"
["Date_Finpub"]=>
string(19) "2038-01-01 00:00:00"
["Published"]=>
int(1)
["NbVotes"]=>
string(10) "0.00000000"
["NbViews"]=>
int(236)
["NbShares"]=>
int(0)
["Twitter"]=>
string(126) "«Le combat continuera.» Bernard d’Ormale élu président de la Fondation Brigitte Bardot après le décès de l’actrice."
["Facebook"]=>
string(174) "Après la disparition de Brigitte Bardot, son combat pour les animaux se poursuit. Son époux Bernard d’Ormale prend la présidence de la fondation qu’elle avait créée."
["Instagram"]=>
int(0)
["Tiktok"]=>
int(0)
["Internal_Comment"]=>
string(0) ""
["modifiedon"]=>
string(19) "2026-02-06 18:21:32"
["Audio"]=>
string(14) "art1333021.mp3"
["Video"]=>
string(0) ""
["Podcast"]=>
string(0) ""
["Attachments"]=>
string(0) ""
["Source"]=>
string(0) ""
["NoComment"]=>
int(0)
["LockComments"]=>
int(0)
["Promotional"]=>
int(0)
["Push"]=>
int(0)
["Push_Date"]=>
string(19) "2026-02-06 20:20:00"
["Push_Title"]=>
string(0) ""
["Push_Text"]=>
string(0) ""
["Has_Video"]=>
int(0)
["Voice_Gender"]=>
int(0)
["Newsletter"]=>
int(0)
["Urgent"]=>
int(0)
}
[1333017]=>
array(59) {
["ID"]=>
int(1333017)
["oid"]=>
int(0)
["Rub"]=>
string(1) "3"
["Rub2"]=>
string(1) "0"
["Rub3"]=>
string(1) "0"
["Rub4"]=>
string(0) ""
["Folder"]=>
int(0)
["FolderPosition"]=>
int(0)
["Furl"]=>
string(82) "cheval-boudeur-et-gateaux-de-riz-mascottes-insolites-du-nouvel-an-lunaire-en-chine"
["Lng"]=>
string(3) "fra"
["Tags"]=>
string(63) "Insolite,Nouvel An lunaire,Chine,Internet,Autodérision,Culture"
["Keywords"]=>
string(0) ""
["Meta"]=>
string(0) ""
["Title"]=>
string(84) "Cheval boudeur et gâteaux de riz, mascottes insolites du Nouvel an lunaire en Chine"
["GTitle"]=>
string(0) ""
["Header"]=>
string(0) ""
["Subtitle"]=>
string(676) "
À l’approche du Nouvel An lunaire en Chine, des tendances insolites envahissent les réseaux sociaux et les magasins: un cheval en peluche au visage boudeur, des gâteaux de riz gluant «adoptés» comme animaux de compagnie et même Drago Malefoy, célèbre méchant de la saga Harry Potter, deviennent des mascottes improbables de la fête. Entre humour, autodérision et détournements des traditions, ces phénomènes reflètent la créativité et la légèreté d’une jeunesse chinoise confrontée à un quotidien exigeant, tout en donnant le ton de l’entrée imminente dans l’Année du cheval, le 17 février.
Un cheval en peluche tristounet, des gâteaux de riz et l'un des méchants de la saga Harry Potter connaissent tous un succès improbable en Chine à l'approche du Nouvel An lunaire.
Viraux sur internet, ces phénomènes humoristiques détournent les traditions chinoises ou misent sur l'autodérision des jeunes Chinois. Une manière d'entamer dans la bonne humeur la période des fêtes qui culminera avec l'entrée le 17 février dans l'Année du cheval.
Voici ces tendances:
Méchant porte-bonheur
Drago Malefoy, l'un des jeunes méchants de la saga Harry Potter, s'est imposé comme la vedette surprise du Nouvel An.
Le visage de l'acteur britannique Tom Felton, qui incarnait le personnage dans les films de la série, est apparu ces dernières semaines sur des affiches, des magnets et même sur une banderole déployée dans un centre commercial chinois.
La franchise jouit d'une immense popularité dans le pays et le parc Universal Studios de Pékin abrite un grand quartier d'attractions Harry Potter.
L'actuelle obsession pour Drago Malefoy réside dans la translittération en chinois de son nom de famille: «Ma Er Fu», qui contient les caractères chinois «cheval» et «bonne fortune», un présage jugé de bon augure pour l'année à venir.
Agé de 38 ans, Tom Felton a lui-même adopté la tendance: il a reposté sur Instagram des vidéos de décorations du Nouvel An à son effigie.
«Cheval qui pleure»
Une simple erreur de fabrication dans une usine a fait d'un banal cheval rouge en peluche une véritable icône.
C'est un employé qui aurait cousu par inadvertance la bouche de l'équidé à l'envers, transformant son sourire originel en moue démesurée.
Un visage exprimant l'abattement qui trouve un écho auprès d'une jeunesse sous pression, confrontée à un marché du travail très compétitif et à une économie en perte de vitesse.
Surnommé sur internet le «cheval qui pleure», l'animal est devenu une sensation.
Au pic de sa popularité, près de 20.000 exemplaires s'écoulaient chaque jour et les commandes sont déjà attribuées jusqu'en mars, selon la télévision publique CCTV.
Son visage «rappelle vraiment un employé qui se motive pour aller travailler», a écrit un internaute sur le réseau social chinois Weibo.
Beaucoup ont acheté à la fois la version souriante et la version boudeuse, pour symboliser les hauts et les bas attendus de l'année à venir.
Gâteaux de compagnie
Autre tendance du moment: «adopter» des gâteaux de riz gluant.
Très populaires lors du Nouvel An dans une grande partie de l'est et du sud de la Chine, ces gâteaux à la texture fondante et élastique doivent, avant leur préparation, être trempés dans de l'eau, changée régulièrement.
Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs montrent ainsi comment ils les «élèvent». Certains font mine d'être coincés à la maison pour les surveiller ou les présentent comme des alternatives (bien moins coûteuses en argent et en temps) aux chiens et chats.
Sur RedNote, plateforme chinoise comparable à Instagram, un utilisateur a récolté plus de 23.000 mentions «J'aime» en publiant la photo d'un sac de gâteaux de riz gluant abandonnés dans un train, accompagnée de la légende: «Qui a perdu son animal de compagnie?»
Ils rejoignent une longue liste d'objets inanimés que de jeunes Chinois débordés et désabusés ont adoptés avec humour et dérision ces dernières années, des noyaux de mangue aux pierres, en passant par des chiens en carton.
Cheveux à laver
Une croyance populaire en Chine appelle à éviter de se laver les cheveux le jour du Nouvel An (voire les jours suivants) afin de ne pas «emporter» avec l'eau toute la chance et la richesse à venir.
Solution: des internautes ont appelé à instaurer une Journée nationale de lavage des cheveux, la veille de la nouvelle année.
Le récent hashtag «#Lavage collectif des cheveux le 16 février» invite ainsi à un grand nettoyage national le dernier jour de l'année lunaire et les internautes entrevoient déjà des salons de coiffure pris d'assaut.
Par Sam DAVIES / AFP
"
["Encart"]=>
string(0) ""
["Media"]=>
string(56) "afp2026020696cw3cfv1highreshongkongchinalunarnewyear.jpg"
["Media_Title"]=>
string(69) "Nouvel An chinois 2026 : humour, pop culture et mascottes improbables"
["Media_Copyright"]=>
string(17) "Peter PARKS / AFP"
["Media_Legend"]=>
string(150) "Des passants regardent des décorations dans un magasin à Hong Kong le 6 février 2026, à l’approche du Nouvel An lunaire de l’Année du cheval."
["Media_OK"]=>
int(0)
["Author_ID"]=>
int(20)
["Author"]=>
string(12) "Ici Beyrouth"
["Author_ID2"]=>
int(0)
["Author2"]=>
string(0) ""
["Parent_ID"]=>
int(0)
["Date_Pub"]=>
string(19) "2026-02-06 18:45:00"
["Date_Finpub"]=>
string(19) "2038-01-01 00:00:00"
["Published"]=>
int(1)
["NbVotes"]=>
string(10) "0.00000000"
["NbViews"]=>
int(206)
["NbShares"]=>
int(0)
["Twitter"]=>
string(126) "Cheval boudeur, gâteaux gluant et sorcier célèbre: les jeunes Chinois réinventent le Nouvel An lunaire avec autodérision."
["Facebook"]=>
string(226) " Le «cheval qui pleure» fait sensation en Chine à l’approche du Nouvel An lunaire. Les gâteaux de riz gluant sont «adoptés» comme animaux de compagnie. Et Drago Malefoy devient porte-bonheur pour l’Année du cheval!"
["Instagram"]=>
int(0)
["Tiktok"]=>
int(0)
["Internal_Comment"]=>
string(0) ""
["modifiedon"]=>
string(19) "2026-02-06 16:44:59"
["Audio"]=>
string(14) "art1333017.mp3"
["Video"]=>
string(0) ""
["Podcast"]=>
string(0) ""
["Attachments"]=>
string(0) ""
["Source"]=>
string(0) ""
["NoComment"]=>
int(0)
["LockComments"]=>
int(0)
["Promotional"]=>
int(0)
["Push"]=>
int(0)
["Push_Date"]=>
string(19) "2026-02-06 18:45:00"
["Push_Title"]=>
string(0) ""
["Push_Text"]=>
string(0) ""
["Has_Video"]=>
int(0)
["Voice_Gender"]=>
int(0)
["Newsletter"]=>
int(0)
["Urgent"]=>
int(0)
}
}