Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Le traumatisme - (3) Quelques témoignages

Le traumatisme - (3) Quelques témoignages
Nous avons vu dans les articles précédents qu’il ne faut pas négliger l’impact de l’effet de surprise causé par le phénomène traumatique et ses conséquences dramatiques sur le psychisme. Durant la guerre civile, par exemple, un ensemble d’éléments pouvait faire qu’un certain nombre de signaux précurseurs, des sortes de signaux d’alarme (la radio, les rumeurs, les contacts, les rituels) préparaient les gens, dans une certaine mesure, à la reprise des tirs ou des bombardements. Ils se dépêchaient de chercher les protections indispensables.

Avec l’explosion du 4 août, rien de tout cela n’a pu avoir lieu, aucun signe avertisseur de la catastrophe à venir n’est apparu. Brutalement confrontés à l’agression dont ils ont été victimes, pris totalement au dépourvu, les Libanais ont été submergés par un intense sentiment de vulnérabilité, une immense fragilisation psychosomatique et, pour certains, par une émotion totalement insoutenable, impossible à penser.

Une Libanaise résidant à Achrafieh témoigne: «Le jour de l’explosion, je me trouvais dans un mall avec mon fils adolescent. Nous nous sommes perdus de vue, chacun vaquant à ses achats. L’explosion m’a figée sur place, hébétée, saisie de panique totale surtout lorsque des rumeurs ont circulé à propos d’une bombe ayant éclaté dans le bâtiment même (plusieurs autres sources font part de ce même sentiment: l’impression d’un bombardement de l’endroit où elles se trouvaient). À moitié sonnée, je suis parvenue dans la bousculade à sortir du mall. Je parcourais hébétée les rues d’Achrafieh à la recherche angoissée de mon fils avec le sentiment de me retrouver au milieu de ruines apocalyptiques. Les appels téléphoniques m’ont appris avec désespoir que ma maison et celle d’autres parents à nous avaient été détruites. Mon fils s’était réfugié chez une parente et refusait de rentrer chez lui, craintif, effarouché, courant ouvrir les fenêtres à chaque bruit suspect. Il est aujourd’hui toujours submergé par l’angoisse. Avec le confinement, il n’a plus les contacts sociaux habituels. Le plus difficile pour moi, c’est que moi-même je me retrouve impuissante à le soulager ou à le sécuriser (c’est d’ailleurs cette même douloureuse constatation qu’expriment d’autres parents qui tentent, tant bien que mal, de cacher leurs propres angoisses et leurs insécurités sans véritablement y parvenir).

Une autre Libanaise: Mon lieu de résidence est bien éloigné de Beyrouth. Néanmoins, je ne peux plus regarder les images et vidéos de l’explosion, celles des dégâts matériels et des victimes en sang parce qu’à chaque fois, c’est comme si je les voyais pour la première fois. Et j’ai de très forts sentiments de culpabilité, je me reproche de ne pas avoir pu être sur place afin d’apporter mon aide aux victimes.


Une autre mère de trois enfants éclate en sanglots: En entendant ces témoignages, mon cœur bat la chamade. Je revis le moment de l’explosion. Moi aussi je me trouvais à proximité de la zone du port et j’ai revécu les moments terribles de la guerre civile, pensant à un bombardement. Fuyant la zone, indemne par miracle, j’ai traversé les zones détruites, côtoyé des personnes ensanglantées, errantes. Je cherchais à retrouver ma famille. Même aujourd’hui, lorsque je regarde les vidéos des destructions et des victimes, je ne peux m’empêcher de pleurer et de revivre les mêmes angoisses.

Une autre jeune femme témoigne: Je n’ai pas vécu la guerre civile. J’écoutais les membres de ma famille raconter leurs terreurs vécues durant cette période et, dans ma tête, se dessinaient des images, des figurations illustrant ce que j’entendais. Nous habitons bien loin de Beyrouth, mais dans une région côtière donnant sur la mer. Lorsque l’explosion a eu lieu, nous en avons entendu la déflagration et vu l’épaisse fumée noire, rouge et jaune qui en jaillissait. J’ai alors été saisie d’un vertige et renvoyée soudainement à ces images construites dans ma tête. Je revivais, à travers elles, les récits effrayants de mes parents traumatisés.

Ces témoignages ont été recueillis en juin 2021 et sont publiés avec l’accord de leurs auteurs.

Lire aussi : Le traumatisme (2) – Ce qu’il faut d’abord savoir

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre