Vente de Manchester: Qataris et Saoudiens sur les rangs?
Ici Beyrouth•2023-02-17 18:28
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La famille américaine Glazer, propriétaire de Manchester United, attend vendredi des offres fermes pour le rachat du prestigieux club mancunien pour lequel des candidatures venues du Qatar et de l'Arabie saoudite sont pressenties après l'intérêt déclaré du milliardaire britannique Jim Ratcliffe.
"Plusieurs groupes privés de Ryad se sont formellement renseignés" auprès de la banque américaine Raine, chargée de la vente par les Glazer, écrit vendredi le quotidien anglais The Telegraph.
"Il reste à voir si l'Arabie saoudite dépose vraiment une offre", tempère-t-il, "mais des intermédiaires agissant au nom de plusieurs groupes dans le pays ont signé pour avoir accès aux documents relatifs à la vente".
Propriétaires du club depuis 2005, les Glazer l'ont mis en vente fin novembre et attendent des offres fermes pour vendredi soir. Plusieurs "offres détaillées ont déjà été reçues par les Glazer", poursuit le Telegraph, qui précise aussi qu'en tant qu'entité cotée à la Bourse de New-York, MU et ses représentants seront légalement obligés d'étudier toute offre arrivée après vendredi.
Ouverts à une vente partielle du club, même s'ils semblent préférer une vente complète, les Glazer espèrent conclure la transaction d'ici fin avril. Les prétendants ne devraient pas manquer pour ce qui est considéré comme le club de football le plus connu au monde, avec le Real Madrid et le FC Barcelone.
Probablement plus de trois candidats
Supporter revendiqué de Manchester United, le milliardaire britannique Jim Ratclife, propriétaire du groupe pétrochimique Ineos, a été le premier et, à ce jour, le seul à s'être publiquement déclaré. Une offre en provenance du Qatar est attendue et maintenant, l'Arabie saoudite est prête à entrer dans la danse à son tour, alors que d'autres candidats au rachat, notamment américains, ne sont pas à exclure.
Pour des raisons réglementaires, d'éventuels repreneurs saoudiens devront toutefois prouver à la Premier League et à l'UEFA qu'ils n'ont aucun lien avec le fonds souverain PIF qui contrôle 80% de Newcastle depuis octobre 2021 et un rachat pour un peu plus de 350 M EUR.
Les Qataris, propriétaires du Paris SG, ou Ratcliffe, qui contrôle Nice en France et Lausanne en Suisse, aussi, d'autant que dans certains pays, la question de l'étanchéité entre acteurs privés et publics se pose de façon accrue.
Une source ayant connaissance du dossier avait cependant assuré à l'AFP mercredi que les porteurs de l'offre qatarie n'avaient rien à voir avec Qatar Sports Investments (QSI), propriétaire du PSG, ni sa maison-mère, le fonds souverain Qatar Investment Authority et qu'il n'y avait "aucun risque" que le problème se pose.
Embellie sportive des Red Devils
La "success story" sportive de Newcastle depuis son passage sous pavillon saoudien - les Magpies sont 4e de la Premier League, un classement qu'ils n'avaient plus atteint depuis près de 25 ans -, a de quoi enflammer l'imagination des supporters des Red Devils.
A la peine sportivement depuis plus de dix ans - leur 20eme et dernier titre de champion remonte à 2013 et le club n'a, depuis, remporté que des trophées relativement mineurs compte tenu de son statut -, les "Red Devils" vivent aussi leur meilleure saison depuis longtemps.
Troisièmes du championnat, à cinq longueurs seulement de Manchester City et Arsenal, et après avoir livré un match de très haut niveau jeudi à Barcelone (2-2) en barrage aller d'accès aux 8e de finale de la Ligue Europa, il ne semble plus leur manquer grand-chose pour retrouver leur aura passée.
Avec une valorisation boursière supérieure à quatre milliards d'euros, tout laisse à penser qu'une vente totale de Manchester United battrait le record de la plus grosse vente d'un club sportif. Son rival Chelsea a été vendu en mai pour 4,8 milliards d'euros à des investisseurs américains, mais le montant comprenait deux milliards d'euros de promesses d'investissements, alors que l'équipe de football américain des Denver Broncos (NFL) a changé de mains pour 4,4 milliards d'euros en juin.
Un quadri-effort de 100 km, un taux d’abandon qui parle tout seul, et deux Libanais qui franchissent la ligne dans le dur : Lindzi Nader (9e) et Ali al-Zoebi (16e) ont signé une performance de caractère au Samla, avant d’enchaîner avec un stage au Japon.
Il y a des courses qui se gagnent au panache. Et d’autres qui se terminent à la volonté, quand le chrono devient secondaire et que seule compte la capacité à rester debout. Sur la première édition du Samla, en Qatar, le triathlon libanais a coché la case “ultra” : 100 km au total, découpés en quatre blocs — 3 km de natation, 49 km de course à pied, 44 km de vélo et 4 km de rameur. Un menu sans dessert, mais avec l’addition.
100 km de vérité
Dans un peloton relevé — 336 participants venus de 22 pays — la sélection s’est faite naturellement : 114 seulement ont vu la ligne d’arrivée. Un chiffre brut, mais qui dit tout. Le Samla n’est pas une simple épreuve à cocher : c’est un test d’endurance, de gestion et de lucidité, où l’on apprend vite que la moindre erreur se paye cash, surtout quand les kilomètres s’empilent et que les transitions ne pardonnent plus.
Deux finishers, deux classements qui pèsent
Et dans ce contexte, la performance prend du relief : Lindzi Nader et Ali al-Zoebi, tous deux sous les couleurs du Club Profit, ont répondu présent. Nader se classe 9e, al-Zoebi 16e. Deux places qui ne racontent pas seulement un résultat : elles racontent une lecture de course, une endurance maîtrisée, et cette capacité à traverser “la zone grise” — celle où le corps négocie, où la tête décide.
La suite s’écrit au travail
Pas le temps de savourer longtemps : une délégation libanaise met le cap sur le Japon pour un stage d’une semaine, dans le cadre d’un protocole entre Fédération libanaise de triathlon et Fédération japonaise de triathlon. À la tête de la mission : Ahmad Khalifeh, accompagné du coach Roudi Abou Ghazaleh. Côté athlètes : Ali al-Zoebi, Youssef Dandashi, Lindzi Nader et Mia Sahyoun.
En marge du stage, les quatre prendront part à une épreuve de duathlon (course à pied + vélo), avant un retour au Liban deux jours plus tard. Une séquence courte, mais précieuse : volume, qualité, et surtout confrontation — le vrai carburant de ceux qui veulent continuer à grandir.
Milano Cortina 2026 ouvre ses Jeux du 6 au 22 février, et le slalom messieurs du 16 février à Bormio sera un examen sans rattrapage : deux manches, des centièmes qui mordent, et des portes qui ne pardonnent rien. À 17 ans, Andrea el-Hayek s’y présente avec un dossard libanais et un moteur qui tourne déjà à plein régime depuis l’enfance.
Dans la grande loterie des sports d’hiver, il y a ceux qui rêvent des Jeux et ceux qui parviennent à verrouiller la qualification. Andrea el-Hayek a franchi la ligne : à 17 ans, il représentera le Liban en slalom aux Jeux de Milano Cortina 2026. Son rendez-vous est net, presque brutal : le 16 février, au Stelvio Ski Centre, première manche à 10h00, seconde à 13h30. Une seule course olympique, mais un résumé de vie. Le slalom, ce sport qui se joue à la lame
Le slalom n’est pas “une descente”. C’est un sport de chirurgiens pressés. Les appuis se posent au millimètre, la ligne se décide à l’instinct, et chaque micro-retard devient une sanction. Deux manches pour prouver qu’on sait répéter l’exploit, pas seulement le tenter. Là où d’autres disciplines laissent respirer, le slalom enferme : cadence, relance, lecture, nerfs. Tout le monde arrive entraîné, personne n’arrive tranquille.
Andrea el-Hayek, lui, arrive avec une signature : un ski “propre” mais agressif, un mélange d’audace, de précision et de vitesse qui attire l’œil. Dans les rangs, on le regarde aussi pour une raison simple : il fait partie des plus jeunes du plateau, sans donner l’impression d’avoir la moindre envie de jouer petit bras. Une trajectoire à l’ancienne : tôt, vite, et sans pause
Son histoire commence très tôt : Andrea chausse à deux ans. La glisse n’est pas une découverte, c’est une langue maternelle. À six ans, il s’attaque déjà à Courchevel, sur un tracé réputé exigeant, comme si l’enfance avait déjà compris une règle du haut niveau : on progresse en se frottant au dur.
Puis vient le marathon des dossards, celui qui ne fait pas toujours les gros titres mais qui construit des athlètes : titres et podiums au Liban et en Grèce, expériences sur des circuits regroupant des “petites nations” affiliées à la fédération internationale, compétitions à Dubaï, étapes en Amérique du Sud… La carte n’a rien d’un itinéraire touristique : c’est un agenda de chasseur de points. Et à l’arrivée, une “armoire à trophées” déjà bien remplie pour un garçon qui n’a pas encore 18 ans. Le choix du drapeau : un message plus fort qu’un passeport
Andrea est le fils d’Élie, Libanais, et d’Hélène, Grecque. Il grandit avec cette double culture et, très tôt, une évidence qu’il transforme en décision : représenter le Liban. Pas par opportunisme, mais par attachement. Ce choix, dans les sports d’hiver, pèse lourd : il engage un athlète, une famille, une logistique, une fédération, et une idée simple — porter un drapeau qui n’a jamais eu la vie facile, y compris sur la neige.
D’ailleurs, le Liban n’est pas un novice olympique en hiver : il a une histoire, des présences, des visages. Mais chaque génération a besoin d’un relais. À Milano Cortina, Andrea el-Hayek s’avance comme l’un de ces coureurs de transmission : il ne “participe” pas, il remet le Liban dans une porte, là où tout se joue. Les coulisses : valises, carres affûtées, et une routine de pro
Le public voit une minute de course. Le reste, c’est l’invisible : entraînements à l’année, déplacements constants, préparation physique, réglages, matériel, sommeil cassé, corps qui encaisse. Andrea vit à Londres, mais son vrai domicile, ces dernières années, ressemble à un circuit : un pays, une station, une compétition, puis on recommence. Il le dit sans dramatiser : quasiment pas de vraie coupure depuis près de trois ans, parce que le ski de compétition ne se prépare pas “en saison”, il se construit tous les mois.
Dans un sport où un dixième se gagne parfois sur un détail de timing et un réglage de ski, cette obsession du travail finit par payer : la qualification olympique n’est pas un miracle, c’est une addition. Bormio, 16 février : deux manches pour écrire la ligne
Le 16 février, Bormio ne demandera pas à Andrea el-Hayek d’être “beau” : Bormio demandera d’être juste. D’être lucide dans la première manche, et solide dans la seconde. De rester dans son plan. De gérer le stress, la pente, la pression, l’événement, et ce bruit particulier des Jeux où chaque porte semble doubler de taille.
Au Liban, on aime les histoires où l’on renverse la table. Celle-ci est plus fine : c’est l’histoire d’un adolescent qui a empilé les kilomètres, les courses et les sacrifices pour s’offrir une seule fenêtre olympique. Une fenêtre courte, mais immense. Et dans le jargon des sportifs, cela s’appelle une finale : une date, un dossard, et un pays derrière.
Le 16 février, Andrea el-Hayek ne jouera pas contre “les autres”. Il jouera contre la pente, le chrono et la moindre hésitation. C’est souvent comme ça que naissent les vraies histoires : une course, un virage, une porte… et un drapeau qui passe.
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Derrière le dossard, une trajectoire construite tôt, vite et sans pause : des années de compétitions, des kilomètres, des coupes, et cette rigueur de pro qui transforme un adolescent en candidat crédible sur la scène mondiale.
Le Liban en dossard, l’Italie en arène : le rendez-vous est pris."
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Le colosse de Jbeil, Étienne el-Chaer, a frappé un grand coup en se classant 3e à Sheffield, rendez-vous “champions des champions” du powerlifting classique. À la clé, un total monumental de 984 kg et un soulevé de terre à 401,5 kg qui a fait basculer la soirée dans une autre dimension.
Dans l’univers du powerlifting classique, Sheffield n’est pas un championnat comme les autres. C’est un invitational qui rassemble l’élite mondiale, avec un format conçu pour comparer des athlètes de catégories différentes en fonction de leur performance par rapport aux records de leur catégorie. Résultat : chaque tentative pèse double. Le moindre faux pas coûte cher, la moindre barre validée au bon moment peut faire basculer un podium.
Un bronze qui pèse très lourd : 984 kg, et un deadlift “monstrueux”
Trois mouvements, trois verdicts, zéro place pour l’à-peu-près. À Sheffield, el-Chaer empile 345 kg au squat, claque 237,5 kg au développé couché, puis arrache 401,5 kg au soulevé de terre pour verrouiller un total de 984 kg. Dans le jargon, c’est une compétition “propre”, gérée comme un match : des choix de barres justes, une montée en puissance maîtrisée, et une finition au sang-froid quand la salle retient son souffle.
Le garçon de Jbeil
Ce podium ne sort pas de nulle part. Natif de Jbeil, el-Chaer s’est construit dans la rigueur et la répétition, affûtant sa machine à Beyrouth, à Barbell House, sous la houlette de Shiva Karout. Il incarne cette génération libanaise des sports de force qui refuse les plafonds de verre et qui avance, kilo après kilo, vers les grandes scènes. Champion du monde en 2025 chez les -120 kg, il confirme aujourd’hui sur un plateau encore plus dense, dans un format où la pression ne laisse aucun répit.
C’est quoi le powerlifting, et pourquoi ce n’est pas l’haltérophilie
Le powerlifting, c’est la force maximale sur trois mouvements codifiés : squat, développé couché, soulevé de terre. Chaque athlète a trois essais par mouvement ; on additionne le meilleur des trois pour obtenir le total. Tout se joue à la validation, au respect des standards techniques et à la stratégie des tentatives.
L’haltérophilie, elle, repose sur deux mouvements explosifs et très techniques : l’arraché et l’épaulé-jeté. Plus de vitesse, plus de projection, plus de précision instantanée. Deux sports cousins par la fonte, mais deux grammaires différentes : en powerlifting, on construit et on verrouille ; en haltérophilie, on accélère et on “jette” au-dessus de la tête.
Le Liban a un nom qui compte, désormais
À Sheffield, el-Chaer n’a pas seulement remporté une médaille. Il a envoyé un signal. Dans un sport où la hiérarchie mondiale s’écrit à coups de barres validées, le colosse de Jbeil s’est installé là où l’on ne vient pas pour “faire un tour”, mais pour peser. Et le Liban, avec lui, gagne encore un peu plus sa place sur la carte mondiale de la force.