Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

En Laponie suédoise, le déménagement pharaonique d'une ville minière



À chaque fois qu'il vante le déménagement pharaonique du centre de sa ville dans l'Arctique suédois, le maire de Kiruna Gunnar Selberg se fait sermonner par une citoyenne très insatisfaite : sa femme.

"Je lui dis : tu imagines ? On fait partie de cette histoire, on construit une nouvelle ville pendant que l'ancienne est détruite", explique-t-il à l'AFP en montrant une grande maquette des travaux de reconstruction de sa ville.

"Et elle se met en colère contre moi, elle est déçue. Elle trouve que c'est triste, elle ne veut plus voir la vieille ville, ça lui fait du mal...", raconte l'édile dans le grand hall splendide de sa nouvelle mairie.

Comme le premier couple de cette cité jouxtant la plus grande mine souterraine d'Europe, l'abandon en cours du vieux centre-ville pour permettre de continuer à creuser toujours plus profond dans son immense filon de fer divise les 18.000 habitants.

La cité, fondée à l'aube du XXe siècle en même temps que la compagnie minière LKAB pour exploiter un immense gisement ferrugineux situé à 200 km au nord du cercle polaire arctique, vient d'inaugurer en septembre son nouveau centre-ville, à un peu plus de trois kilomètres de l'ancien.



Avec l'affaiblissement du sous-sol, les vieux quartiers risquaient tout simplement l'effondrement sous les mouvements du terrain.

Voilà 15 ans qu'ont débuté les premiers travaux du "déménagement", dont la facture estimée à 3 milliards d'euros est en partie réglée par LKAB. Selon les dernières estimations, le chantier va encore durer 20 à 30 ans, peut-être le double si la mine obtient l'autorisation de descendre encore plus bas.
"C'est fantastique !"

La nouvelle mairie, superbe écrin circulaire signé de l'architecte danois Henning Larsen, avait été le premier bâtiment à être inauguré, en 2018. L'horloge de fer qui trônait dans la vieille ville a été symboliquement installée devant l'entrée.

La haute tour d'un hôtel moderne lui fait désormais face, ainsi qu'une grande galerie marchande. Un peu plus loin, des grues s'activent sur le chantier de la piscine.

Mais beaucoup, y compris le maire, reconnaissent que la greffe est difficile à prendre.

"Les gens ont tendance à penser "c'est fantastique !", "c'est un projet tellement énorme". L'opérateur (de la mine) LKAB vend toujours une image positive, où tout le monde est content. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde", reconnaît M. Selberg.

"Là, on est au milieu du gué", décrit-il, avec une ville coupée en deux entre ce qui n'a pas encore fermé et ce qui vient d'ouvrir. "Les gens continuent à vouloir aller au restaurant ou à sortir dans la vieille ville, et en même temps les boutiques ouvrent ici".

Une grande tour d'horloge en fer qui surmontait autrefois l'ancien hôtel de ville est représentée à l'entrée du nouvel hôtel de ville (AFP)


Des immeubles entiers du vieux centre-ville, vidés de leurs occupants et de leurs boutiques, sont désormais entourés de grandes palissades bleues pour en bloquer l'accès, avant leur prochaine démolition.

À l'heure actuelle, 6.000 personnes sont concernées, mais davantage si LKAB obtient de creuser encore plus. La compagnie vient également d'annoncer la découverte de ce qui serait le plus grand gisement de terres rares d'Europe, juste au nord de la cité.

L'intérieur du nouvel hôtel de ville, une structure circulaire conçue par l'architecte danois Henning Larsen (AFP)

Le temps presse pour Kiruna: la plus grande école de la ville, dont les nouveaux locaux ne sont pas encore prêts, fait face à de grosses lézardes dues à l'affaissement du sol.

À la mairie, on s'inquiète que l'hôpital actuel devienne inutilisable avant que le nouveau ne voit le jour, dans plusieurs années.

Les plus belles maisons historiques ont été ou vont être transportées, entières sur des convois spéciaux. La superbe église de bois rouge, fierté de Kiruna, doit prendre le même chemin en 2026.

Dans sa boutique - la plus vieille de la ville, fondée en 1907 - Mari-Louise Olsson n'a elle vraiment pas envie de bouger.
"Je suis triste et déçue"

L'incontournable LKAB, propriétaire des lieux, lui a accordé quelques mois de bail supplémentaire, à la condition qu'elle accepte le chèque d'indemnisation - environ 65.000 euros - et l'emplacement dans une nouvelle boutique moderne dans le nouveau centre-ville.

"Je suis triste et déçue de tout ça", soupire la commerçante de 63 ans, qui vend des souvenirs et de l'artisanat local sami, le peuple autochtone de Laponie.



Le maire Gunnar Selberg, dans le nouvel hôtel de ville, situé dans le nouveau centre-ville de la ville de Kiruna (AFP)"La mine est essentielle, mais j'aimerais qu'il y ait plus de considération pour les autres entreprises. C'est à cause de la mine que nous ne pouvons pas rester ici des années encore", dit-elle à l'AFP, pendant que sa fille s'occupe des clients.

Le quartier de son enfance a été rasé l'an dernier, et sa boutique est une des dernières encore ouvertes dans un vieux centre-ville de plus en plus fantôme.

"Qui peut mettre un prix sur une histoire individuelle ? Ça ne peut jamais être compensé avec de l'argent. Et c'est aussi le sentiment que nous avons, dans ce magasin, que personne ne se soucie de cette histoire, alors qu'elle existe", souligne-t-elle.

Avec AFP

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre