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Syrie: les forces gouvernementales entrent dans le bastion kurde de Qamichli

Syrie: les forces gouvernementales entrent dans le bastion kurde de Qamichli
Les forces gouvernementales syriennes circulent dans une rue alors qu'elles entrent dans la ville à majorité kurde de Qamishli, le 3 février 2026.
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Les forces gouvernementales syriennes sont entrées mardi dans le bastion kurde de Qamichli, au coeur de la zone autonome établie par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, conformément à un accord entre cette minorité et Damas.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu une colonne des forces de sécurité formée de blindés et de véhicules pénétrer dans la ville et établir des barrages de contrôle à ses entrées.

Si des Syriens brandissaient des drapeaux aux abords de Qamichli pour célébrer cette arrivée, des habitants ont fait part de leurs inquiétudes.

«Je ne suis pas du tout à l'aise avec l'entrée de ces forces dans nos villes», a témoigné Mohammed al-Sayyed, 29 ans, employé dans une boutique de vêtements. «Notre crainte pour l'avenir est claire: qu'ils reproduisent l'expérience» de l'ex-président syrien Bachar al-Assad, «avec des arrestations, des enlèvements et des mesures de répression sécuritaires», a-t-il déclaré à l'AFP par téléphone.

Mais pour Saad Mohammed, 35 ans, professeur de langue kurde, «c'est une bonne chose à condition que le gouvernement s'engage à résoudre la question kurde dans le cadre de la Constitution et que l'intégration soit équitable pour tous les employés kurdes».

Répartis entre la Syrie, l'Irak, l'Iran et la Turquie, les Kurdes affirment que leurs tentatives d'établir un État indépendant ont été systématiquement réprimées par les puissances régionales et internationales au cours de leur histoire.

Espoirs d'autonomie anéantis

Les autorités locales kurdes avaient imposé mardi un couvre-feu à Qamichli pour faciliter l'opération, qui s'est déroulée sans accroc.

L'activité était paralysée dans la ville, où les places et les devantures des magasins fermés étaient ornées de drapeaux kurdes, rouge, blanc et vert frappés d'un soleil.

L'accord annoncé vendredi sous la pression militaire de Damas vise à intégrer les institutions et les forces kurdes au sein de l'Etat syrien.

Il anéantit les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.

Les forces de sécurité de Damas étaient déjà entrées lundi dans la ville de Hassaké, qui était sous contrôle kurde.

Le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), Mazloum Abdi, avait indiqué que seule une «force de sécurité limitée», et non l'armée, entrerait à Hassaké et Qamichli.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Noureddine al-Baba, a précisé que les forces de sécurité kurdes, les Assayech, seraient «intégrées dans les rangs» du ministère qui payera désormais leur solde.

Saluant la diversité de la Syrie, il a inspecté leurs quartiers généraux à Qamichli, selon la télévision d'État.

Les FDS avaient été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie menée par les Etats-Unis, qui soutiennent désormais le nouveau pouvoir syrien.

Des forces gouvernementales ont également commencé à se déployer lundi soir dans les villages autour de Kobané, une poche kurde située plus à l'ouest dans la province d'Alep.

Cette ville, séparée territorialement de la zone autonome kurde, est le symbole de la première victoire kurde contre l'EI en 2015.

Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 le pouvoir de Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.

Avec le déploiement de ses troupes dans la zone kurde, il ne reste plus que la région druze de Soueïda, dans le sud, qui échappe à son contrôle.

Par Bakr KASSEM et Gihad DARWISH / AFP

 

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