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Fashion Week de Paris: Jeanne Friot mêle mode queer et audace écoresponsable

Fashion Week de Paris: Jeanne Friot mêle mode queer et audace écoresponsable
Des mannequins présentent les créations de la collection prêt-à-porter automne-hiver 2026/2027 de Jeanne Friot lors de la Fashion Week de Paris à Paris, le 20 janvier 2026.
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Jeanne Friot a lancé mardi la Fashion Week de Paris au Théâtre du Rond-Point avec un défilé transformé en véritable performance artistique. Sa collection hivernale mixte «Awake» a été portée par vingt-trois danseurs du Ballet de Lorraine et des invités comme Daphné Bürki, mêlant silhouettes non genrées et mise en scène chorégraphique. Pour la créatrice, cette première apparition au calendrier officiel marque l’aboutissement de six ans de travail et de réflexion sur une mode écoresponsable et innovante.

«Je ne conçois pas de faire autrement»: la créatrice française Jeanne Friot a ouvert mardi la semaine des défilés parisiens avec un show dansé énergique salué par une standing ovation, manifeste d'une mode toujours plus engagée dans la défense des identités LGBT+.

«Mon engagement, il vient de ma personnalité, le fait d'être une femme lesbienne, une femme queer», affirme à l'AFP la styliste de 30 ans connue pour sa mode écoresponsable et non genrée.

Dévoilée sur la scène du Théâtre du Rond-Point, sa nouvelle collection hivernale mixte, intitulée Awake, en est la dernière illustration, tant sur le fond que sur la forme.

Conçu comme une «performance» plus qu'un défilé, ce nouveau show a mobilisé vingt‑trois danseurs et danseuses du Ballet de Lorraine, dirigés par la chorégraphe Maud Le Pladec.

«La danse dans nos milieux queer est prépondérante comme endroit de résistance», rappelle Jeanne Friot.

«Revolution»

Pendant huit minutes, danseurs et mannequins, parmi lesquels des personnalités comme la journaliste Daphné Bürki ou la drag-queen Mami Watta, ont dévoilé une série de silhouettes emblématiques du vestiaire de la créatrice sur une bande-son enlevée.

Dans une palette où dominaient le rouge, le noir et le violet, se sont enchaînés pantalons à plumes, corset construit à partir de ceintures de cuir rouge, tailleur veste-jupe entièrement brodé de sequins, vestes en cuir aux épaules sculptées et minijupes façon kilt.

Adepte des t-shirts à message, la créatrice propose également deux nouveaux modèles, l'un barré d'un «It's never too late to fight against fascism» et l'autre d'un «Revolution» avec un «love» inversé.

Dans cette même veine engagée, deux mariées, l'une en costume noir, l’autre en blanc, s'embrassent tandis que les danseurs tournoient autour d'elles.

Ce premier show s'est conclu sous les acclamations du public. De quoi rassurer la styliste qui, une heure avant le défilé, confiait en coulisses, en riant, se sentir «un peu comme au bord du gouffre», évoquant «beaucoup de mise en pression».

«J'espère que ça va lancer la Fashion Week avec beaucoup d'énergie et de boost», assurait-elle. Mission accomplie.

«Milieu hostile»

Après deux ans dans la catégorie «présentation», Jeanne Friot défilait pour la première fois au calendrier officiel, «l'achèvement de six ans de travail».

Diplômée de l’école Duperré puis de l'Institut français de la mode, passée par A.P.C., Maison Kitsuné, Wanda Nylon et par le studio Balenciaga, la styliste parisienne dit avoir très tôt perçu «des choses qui manquaient» dans l'industrie.

Ni l'écoresponsabilité, la production locale, la remise en question des normes de genre n'étaient au rendez-vous, sans compter l'absence de modèles féminins et lesbiens occupant des postes de pouvoir. «Je ne trouvais pas d'endroits dans la mode où il y avait un activisme fort et assumé», se souvient-elle.

Elle lance alors sa marque en 2020, en plein covid, fidèle à ses principes, produisant chaque pièce en France à partir d'upcycling, avec des «deadstock» (stock de tissus de maisons de mode inutilisés, ndlr).

Son travail finit par taper dans l'œil de célébrités comme Madonna et Katy Perry, qui arborent ses désormais célèbres robes-ceintures.

Le 26 juillet 2024, son costume de cavalière d'argent pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris fait le tour du monde. «Ça a boosté forcément l’économie de la marque», reconnaît la créatrice.

Une visibilité bienvenue pour une maison encore en développement, forte aujourd'hui de sept à huit personnes. «En indépendant, c’est toujours compliqué de continuer, d’embaucher et même de survivre dans un milieu assez hostile», résume-t‑elle.

L'étiquette de créatrice engagée reste d'ailleurs «difficile» à porter. «S'il y en a si peu, c'est pour une bonne raison», glisse-t‑elle. Assumer ses valeurs ferme certaines portes mais en ouvre d'autres, assure-t-elle.

«Il y a des gens qui viennent justement pour les valeurs que je défends», remarque la styliste. «C'est un point de vue compliqué à tenir, mais je pense qu’il est nécessaire».

Par Marine DO-VALE / AFP

 

 

 

 

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