Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

XVIIe–XIXe siècles: la médecine face aux guérisseurs

XVIIe–XIXe siècles: la médecine face aux guérisseurs
Un chirurgien appliquant un remède sur la blessure à l’épaule d’un homme souffrant Peinture à l’huile par Gerrit Lundens, 1649
Crédit photo :

Bien avant la médecine moderne, soigner relevait d’un savoir mêlant sacré, pouvoir, expérience et transmission orale. Des coupeurs de feu à l’Antiquité, du Moyen Âge à la monarchie sacrée, puis aux guérisseuses persécutées des XVe–XVIIe siècles, cette série retrace une histoire longue et souvent refoulée du soin. Elle aborde désormais les XVIIe–XIXe siècles, moment clé où la médecine savante s’institutionnalise, construit son autorité et relègue les guérisseurs aux marges, dessinant les fondements –  et les tensions –  de notre rapport contemporain à la guérison.  

Entre le XVIIe et le XIXe siècle, l’histoire du soin connaît une rupture majeure. La médecine devient progressivement une institution, dotée de règles, de diplômes, de lieux dédiés et d’un langage scientifique propre. Cette transformation fonde l’autorité médicale moderne, mais elle s’accompagne aussi d’un mouvement d’exclusion : les guérisseurs, porteurs de savoirs empiriques et populaires, sont désormais disqualifiés, souvent réduits au rang de charlatans.

Au XVIIe siècle, la médecine savante commence à se structurer autour de l’anatomie, de l’observation clinique et de l’expérimentation. Le corps est de plus en plus envisagé comme un objet mesurable, dissécable, analysable. Les hôpitaux cessent peu à peu d’être uniquement des lieux d’assistance pour devenir des espaces d’enseignement et de recherche. Le soin quitte le cadre domestique pour entrer dans celui de l’institution.

Au XVIIIe siècle, cette évolution s’accélère avec les Lumières. La raison, l’expérience et la preuve deviennent des critères centraux de vérité. La médecine se rapproche des sciences naturelles et s’éloigne des pratiques fondées sur la tradition orale ou l’intuition. Les États soutiennent cette rationalisation, y voyant un outil de gestion des populations, de la natalité et de la force de travail. La santé devient une affaire publique.

Dans ce contexte, les guérisseurs sont de plus en plus marginalisés. Leur savoir, transmis par l’expérience et l’observation, ne répond pas aux nouvelles exigences de validation scientifique. Ce qui n’est ni enseigné dans les facultés, ni reconnu par les académies, est désormais suspect. La frontière entre soin légitime et pratique condamnable se durcit.

Le XIXe siècle marque l’apogée de cette médicalisation. Les progrès sont considérables: développement de la clinique moderne, naissance de la bactériologie avec Louis Pasteur, spécialisation des disciplines, professionnalisation des soignants. Des figures comme Jean-Martin Charcot incarnent une médecine fondée sur l’observation rigoureuse et la classification des maladies. Le médecin devient une autorité sociale incontestée.

Mais cette avancée a un prix. En imposant ses normes, la médecine savante disqualifie tout un ensemble de pratiques empiriques. Les rebouteux, herboristes, magnétiseurs ou coupeurs de feu sont assimilés à des imposteurs. Le terme même de «charlatan» se diffuse dans le discours médical et politique pour désigner ceux qui soignent sans titre reconnu. Il ne s’agit pas seulement de corriger des erreurs, mais de définir qui a le droit de soigner.

Cette exclusion touche particulièrement les femmes, déjà évincées des universités et des institutions médicales. Les savoirs féminins du soin, longtemps transmis hors des cadres officiels, sont relégués à la marge ou tolérés uniquement comme pratiques domestiques. La médecine moderne se construit ainsi comme un champ masculin, savant et centralisé.

Il serait toutefois simpliste d’opposer une médecine scientifique éclairée à des guérisseurs obscurantistes. Nombre de savoirs empiriques ont nourri, parfois discrètement, les avancées médicales. Certaines plantes, techniques manuelles ou observations cliniques issues de pratiques populaires ont été intégrées, une fois reformulées dans le langage scientifique.

Cette période construit donc une ambivalence durable. D’un côté, elle permet des progrès décisifs dans la compréhension et le traitement des maladies. De l’autre, elle instaure une hiérarchie des savoirs qui exclut, disqualifie et parfois ridiculise des pratiques pourtant ancrées dans l’expérience.

La rupture entre médecine savante et guérisseurs n’est pas seulement médicale. Elle est sociale, politique et symbolique. Elle façonne encore aujourd’hui notre rapport au soin, entre confiance accordée à l’institution et attrait persistant pour des formes de guérison alternatives. Comprendre cette naissance conflictuelle de la médecine moderne, c’est éclairer les tensions contemporaines entre science, expérience et quête de sens.

À suivre: XIXe - début XXe siècle - Colonisation: l’effacement des médecines autochtones

Lire aussi
Guérisseuses, sages-femmes et sorcières: celles qui soignaient, celles qu’on brûlaitGuérisseuses, sages-femmes et sorcières: celles qui soignaient, celles qu’on brûlait

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre