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Groenland: les représentants danois et groenlandais seront reçus mercredi à la Maison Blanche

Groenland: les représentants danois et groenlandais seront reçus mercredi à la Maison Blanche
Cette combinaison d'images d'archives prises à Berlin le 12 janvier 2026 montre la Première ministre danoise Mette Frederiksen (à gauche, à Berlin le 15 décembre 2025) et le président américain Donald Trump (dans sa résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2026).
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Des dirigeants du Danemark et du Groenland rencontreront mercredi à la Maison Blanche le vice-président américain JD Vance, qui avait tenu des propos très durs envers Copenhague l'an dernier, pour une réunion sous haute tension concernant l'avenir du territoire arctique.

Donald Trump a encore accru les inquiétudes danoises et groenlandaises ces derniers jours, déclarant dimanche qu'il s'emparerait «d'une manière ou d'une autre» du territoire autonome danois, qui répète de son côté ne pas être à vendre.

La cheffe de la diplomatie groenlandaise Vivian Motzfeldt avait sollicité la semaine passée une réunion avec son homologue américain Marco Rubio.

«Le vice-président américain JD Vance a souhaité participer également à cette réunion et en sera l'hôte. Elle se tiendra donc à la Maison Blanche» en présence de M. Rubio, a déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen.

Au printemps, alors que le président Trump avait déjà émis le souhait de prendre le contrôle de l'île, JD Vance avait annoncé une visite, non sollicitée, au Groenland.

Face à la levée de boucliers, il l'avait circonscrite à la base aérienne américaine de Pituffik dans le nord-ouest du territoire.

Lors de cette visite de quelques heures, il avait fustigé l'engagement danois au Groenland et sur la sécurité arctique, qualifiant le royaume scandinave de «mauvais allié», provoquant l'ire de Copenhague.

Fervent héraut du trans-atlantisme, le Danemark a notamment envoyé des troupes auprès des Américains en Irak et en Afghanistan.

«Les États-Unis devraient au contraire remercier le Danemark, qui au fil des ans a été un allié très loyal», a rappelé dimanche le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, dont le pays est le plus récent membre de l'Otan.

Dissiper les «malentendus» 

Pour Nuuk et Copenhague, cette réunion doit permettre de dissiper des «malentendus», que ce soit sur la défense, la présence chinoise et militaire mais aussi la relation entre les deux entités, membres comme les îles Féroé de la communauté du royaume du Danemark.

«Pour un auditeur américain non informé, les pourparlers en cours entre le Danemark et le Groenland ont pu donner l'impression qu'une sécession du Groenland vis-à-vis du Danemark était imminente, et je peux comprendre que, dans une telle situation, il aurait semblé préférable aux Américains de s'emparer de ce lieu stratégique», a expliqué à l'AFP Mikaela Engell, spécialiste du territoire arctique et ancienne représentante du Danemark sur place.

«Ces discussions durent depuis des années et des années, et cela n'a jamais signifié que le Groenland était sur le point de claquer la porte», a-t-elle dit.

Face aux critiques américaines sur son engagement militaire, très insuffisant face à la Russie et à la Chine selon Washington, le gouvernement danois a récemment rappelé avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d'euros) pour renforcer sa présence militaire en Arctique.

Pour le chef de la diplomatie danoise, la réunion de mercredi doit permettre de «déplacer toute cette discussion (sur le Groenland), qui ne s'est pas détendue (...), dans une salle de réunion, où l'on peut se regarder dans les yeux et parler des sujets en question».

Réunion avec l'Otan

Il se rend à Washington avec Mme Motzfeldt, qui participera ensuite à une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte lundi, annoncée par le ministre danois de la Défense, pour discuter de la sécurité de l'Arctique.

Danemark et Groenland misent sur l'Alliance atlantique pour assurer la défense de l'immense île arctique.

«Nous avançons sur la question d'une présence plus permanente et plus importante au Groenland de la part des forces armées danoises, mais aussi d'autres pays», a dit à la presse le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen.

En 2025, plusieurs pays de l'Otan, dont la France et l'Allemagne, avaient participé à des exercices au Groenland.

France et Allemagne ont, avec l'Italie, la Grande-Bretagne, la Pologne et l'Espagne, exprimé leur soutien au Groenland et au Danemark.

Après une rencontre avec le secrétaire d'État Marco Rubio lundi, le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul a affirmé qu'une annexion par la force du Groenland par les États-Unis ne lui semblait pas «sérieusement envisagée».


 Camille BAS-WOHLERT  / AFP