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À Tchernobyl, l’Ukraine redoute une nouvelle catastrophe nucléaire

À Tchernobyl, l’Ukraine redoute une nouvelle catastrophe nucléaire
Cette photo prise et diffusée par les services d'urgence ukrainiens le 25 décembre 2025 montre des sauveteurs ukrainiens s'efforçant d'éteindre un incendie qui aurait été provoqué par une frappe de drone dans la région de Tchernihiv, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine.
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Dans une salle de contrôle abandonnée de la centrale nucléaire de Tchernobyl, dans le nord de l’Ukraine, un employé coiffé d’un casque orange a les yeux rivés sur un mur gris de cadrans, d’écrans et de jauges qui semble sans fin.

C’est là qu’a eu lieu il y a près de quarante ans le pire accident nucléaire jamais survenu sur la planète. Et depuis que l’invasion russe a commencé, en 2022, Kiev craint qu’une autre catastrophe n’y soit qu’une question de temps.

En février dernier, un drone russe a percuté et laissé un grand trou dans le Nouveau Confinement de Sécurité (NSC). Une enveloppe externe moderne et de haute technologie devant éviter le rejet de matières radioactives dans l’atmosphère, qui remplace un «sarcophage» construit à la hâte afin de recouvrir le cœur détruit du réacteur numéro quatre accidenté en avril 1986.

Dix mois après cette frappe, les travaux de réparation sont toujours en cours et il faudra peut-être encore trois à quatre ans avant que le dôme extérieur ne remplisse à nouveau pleinement son rôle en matière de sécurité, a déclaré le directeur du site, Sergiï Tarakanov, dans un entretien avec l’AFP depuis Kiev.

Incertitudes 

Actuellement, «il n’assure pas sa fonction de retenir les substances radioactives à l’intérieur», a-t-il souligné, faisant écho aux préoccupations de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

On ignorait également si, à la suite de cet incident, ce bouclier pourrait durer un siècle, la période pour laquelle il a été conçu.

Le cratère béant que le drone a laissé dans l’arche, que des journalistes de l’AFP ont vu cet été, a été recouvert d’un écran de protection, mais 300 trous plus petits faits par les pompiers dans leur lutte contre l’incendie qui s’est alors déclenché doivent encore être comblés.

Des échafaudages ont envahi l’intérieur de cette structure géante d’un coût de plusieurs milliards de dollars, s’élevant jusqu’au plafond haut de cent mètres.

Des débris carbonisés du NSC sont toujours exposés sur le sol, ont constaté des journalistes de l’AFP au cours d’une visite en décembre.

L’armée russe s’est emparée du site de Tchernobyl dès le premier jour de son invasion en février 2022, avant de l’abandonner quelques semaines plus tard.

L’Ukraine a accusé à plusieurs reprises la Russie de prendre pour cible ses centrales nucléaires, affirmant que les bombardements russes risquaient de déclencher un nouveau drame.

 La «principale menace» 

Les Ukrainiens réduisent régulièrement la puissance de leurs installations nucléaires à la suite des attaques russes sur leur réseau énergétique.

En octobre, une frappe russe sur une sous-station proche de Tchernobyl a coupé l’alimentation électrique du NSC.

M. Tarakanov a toutefois affirmé à l’AFP que les niveaux de radiation étaient restés «stables et dans des limites normales».

Dans une salle de contrôle moderne, l’ingénieur Ivan Tykhonenko surveille 19 capteurs et unités de détection, contrôlant en permanence l’état du site.

Une partie des 190 tonnes d’uranium qui se trouvaient dans la centrale en 1986 «ont fondu, ont coulé dans le réacteur, la salle du sous-réacteur et restent présents», explique-t-il à l’AFP.

Les inquiétudes concernant le sort de Tchernobyl – et ce qui pourrait arriver – sont vives.

Une autre attaque russe – ou même un puissant bombardement à proximité – pourrait entraîner l’effondrement de la coque antiradiations interne, insiste auprès de l’AFP M. Tarakanov.

«Si un missile ou un drone frappe directement (le site) ou même tombe quelque part à proximité, (…) cela provoquera un mini-séisme dans la région.»

«Personne ne peut garantir que la structure de protection restera debout après cela. C’est la principale menace», met-il en garde.

Par Sergii VOLSKYI et Tetiana DZHAFAROVA / AFP