Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Dans les prisons libanaises, une population carcérale qui explose

Dans les prisons libanaises, une population carcérale qui explose
Crédit photo :

Quand on pénètre dans les murs de la prison de Roumieh, située dans le Metn, on pourrait croire à un camp de transit plutôt qu’à un lieu d’exécution des peines. Conçue pour accueillir entre 1 000 et 1 200 détenus, elle en abrite aujourd’hui près de 4 000, soit une occupation d’au moins 300 % de sa capacité.

À l’échelle nationale, le constat n’est guère plus encourageant. Selon Human Rights Watch (HRW), le système pénitentiaire libanais dispose d’une capacité officielle d’environ 4 760 places pour près de 8 500 personnes incarcérées en août 2023. Un rapport plus récent de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH-Liban) estime qu’à la fin de 2023, les prisons centrales, les centres régionaux et les cellules des palais de justice pouvaient accueillir quelque 3 000 détenus, alors que la population carcérale dépassait 7 800.

Autre donnée alarmante : près de 83 % des détenus sont toujours en détention préventive, c’est-à-dire sans jugement définitif, selon des chiffres couvrant la période allant de 2024 à 2025. Ce déséquilibre chronique illustre la lenteur d’un système judiciaire engorgé, incapable de suivre le rythme des arrestations.

Conditions de détention 

Cette surpopulation n’est pas sans conséquences dramatiques. Sur le plan sanitaire, Amnesty International a relevé une chute vertigineuse du budget alloué aux soins médicaux dans les prisons : la valeur réelle des crédits du ministère de l’Intérieur est passée de 7,3 millions de dollars en 2019 à environ 628 000 dollars en 2022, sous l’effet de la dépréciation de la livre libanaise.

L’alimentation et l’hygiène ont également été affectées par la crise économique qui frappe le pays depuis 2019. L’État peine à régler ses dettes auprès des fournisseurs, tandis que les familles des détenus, elles-mêmes frappées par la pauvreté, ne peuvent plus subvenir aux besoins de leurs proches incarcérés.

À Roumieh, symbole de cette crise, des détenus dorment à même le sol ou se partagent des cellules prévues pour un seul occupant. L’accès au soleil est limité, les soins médicaux souvent différés, et les conditions de vie qualifiées d'« inhumaines » par plusieurs organisations.

 

Les causes profondes d’un engrenage

La crise carcérale libanaise ne s’explique pas uniquement par l’augmentation du nombre d’arrestations. Elle résulte de facteurs multiples qui se nourrissent les uns des autres.

La lenteur de la justice constitue la première cause. À Roumieh, sur 3 619 détenus recensés fin 2024, 2 850 n’avaient pas encore été jugés, selon le barreau de Beyrouth. Les audiences sont régulièrement reportées, le transport des prisonniers est limité par le manque de véhicules ou de carburant et les grèves successives des magistrats et avocats ont accentué l’engorgement.

Le poids des détenus étrangers aggrave la situation. Selon les chiffres du même barreau, près de la moitié des 8 402 détenus recensés en 2024 sont des étrangers, dont 2 572 Syriens et 563 Palestiniens.

 

Des pistes d’action encore à concrétiser

Face à cette situation explosive, plusieurs pistes ont été proposées, sans réelle mise en œuvre. Le barreau de Beyrouth plaide pour l’accélération des jugements et la promotion d’alternatives à l’incarcération pour les délits mineurs, telles que l’assignation à résidence, les peines avec sursis ou les amendes. D’autres appellent à la construction de nouveaux établissements ou à la réhabilitation de ceux déjà existants, à l’instar du centre de réhabilitation de Ouarouar récemment inauguré (en mai 2025) à Baabda. 

L’amélioration des conditions de détention reste aussi une urgence : il s’agit de garantir un accès minimal à la santé, à une alimentation correcte et à un hébergement digne. 

Enfin, la question des détenus étrangers pourrait être partiellement résolue par des rapatriements encadrés. Il convient de souligner que le rapatriement de détenus syriens du Liban vers la Syrie est aujourd’hui à l’ordre du jour, notamment après la chute du régime syrien de Bachar el-Assad en décembre 2024. Les discussions entre les deux pays se poursuivent dans ce sens. 

Rarement mise en avant dans le débat public, la crise carcérale libanaise agit comme une véritable bombe à retardement sociale. Quand la plus grande prison du pays affiche un taux d’occupation de 360 %, quand plus de 80 % des détenus n’ont pas été jugés, quand la santé et l’alimentation deviennent des privilèges, il ne s’agit plus simplement d’un problème de gestion, mais d’une urgence humanitaire au cœur d’un État déjà en crise.

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre