Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Des morceaux sans auteurs: l’IA rebat les cartes du streaming

Des morceaux sans auteurs: l’IA rebat les cartes du streaming
Une grosse main. Gros plan de robots touchant le vinyle à la main sur la table du DJ
Crédit photo :

L’émergence fulgurante de groupes musicaux entièrement générés par intelligence artificielle bouscule les repères de l’industrie musicale. Tandis que ces entités virtuelles accumulent les écoutes sur les plateformes de streaming, elles soulèvent des inquiétudes croissantes parmi les artistes et professionnels du secteur. En jeu: des revenus en baisse, un marché en mutation et des morceaux viraux sans visage ni droits d’auteur.

La multiplication des groupes dont l'image et la musique sont entièrement générées par intelligence artificielle (IA) inquiète les artistes, mais ce n'est que la partie émergée d'un phénomène de fond qui commence déjà à réduire le gâteau que se partagent les musiciens professionnels.

Que ce soit le désormais fameux Velvet Sundown et son rock vintage, ou Aventhis et The Devil Inside avec leur country policée, il n'est plus rare de voir une création tout droit sortie d'une interface IA dépasser le million d'écoutes sur Spotify.

Derrière ces concepts, règne l'opacité. Et les producteurs de cette musique 100% IA sont injoignables.

Aucun grand service de streaming par abonnement ne signale les titres intégralement conçus grâce à cette technologie, à l'exception de Deezer.

«Dans un avenir proche, on va voir sortir beaucoup de musique dont on ne pourra pas vraiment dire qui l'a faite ou comment», anticipe Leo Sidran, producteur, compositeur et interprète.

Pour cet artiste oscarisé, l'émergence de ces groupes IA «montre peut-être à quel point beaucoup de morceaux sont désormais communs et convenus».

Dans le podcast "Imagine AI Live", le producteur et compositeur Yung Spielburg voit l'IA souligner la séparation entre «l'écoute passive et active».

L'écoute active implique que les gens «s'intéressent à ce que vous avez à dire» et concerne une musique qui a, selon lui, peu à craindre de l'arrivée de l'intelligence artificielle.

Avec l'écoute passive, en revanche, pendant la préparation d'un repas, un dîner à la maison, ou la corvée de repassage, «vous ne cherchez pas à savoir qui est l'artiste».

Et si des logiciels deviennent assez avancés pour que les «gens ne puissent pas faire la différence» en écoute passive, labels et entreprises «choisiront l'IA générative», prédit-il, «parce qu'ils n'auront pas à payer de droits.»

«Fort ralentissement»

Les plateformes de streaming «remplissent déjà des playlists avec de la musique d'ambiance, souvent attribuée à des artistes mystérieux sur lesquels on ne trouve aucune information», renchérit Dennis DeSantis, professeur à l'université de Rochester.

Au-delà du streaming, films, séries, publicités ou espaces publics sont des proies faciles pour cette production synthétique, poursuit l'universitaire, car «la musique n'y est qu'au second plan».

Quand bien même ces morceaux ne seraient conçus que partiellement grâce à l'IA, ce phénomène réduit, de fait, le volume de travail disponible pour la profession.

«Cela va devenir encore plus difficile pour les musiciens de gagner leur vie», s'inquiète Mathieu Gendreau, professeur à la Rowan University, aux États-Unis, et spécialiste de l'industrie musicale.

«C'est probablement cela le problème principal», dit-il. «Comment l'argent va-t-il être distribué?».

Leo Sidran dit avoir observé un «fort ralentissement» de l'activité depuis l'automne dernier, une sensation partagée par ses contacts dans le milieu.

«Je soupçonne que l'IA y est pour beaucoup», glisse celui qui anime aussi le podcast "The Third Story". "Je sens que beaucoup des clients qui me commanderaient habituellement de la musique règlent la question avec l'IA.»

«Opportunité pour les artistes»

Le progrès technologique a déjà plusieurs fois révolutionné le monde de la musique, de la radio au streaming, en passant par la boîte à rythmes ou le logiciel d'enregistrement et d'édition Pro Tools.

Mais pour George Howard, professeur au prestigieux Berklee College of Music de Boston, «l'IA constitue un défi sans commune mesure» avec ces chapitres précédents.

La voie à privilégier passe, selon lui, par les tribunaux, où sont engagées de nombreuses procédures opposant détenteurs de droits aux géants de l'IA générative, un processus qui ne devrait pas aboutir avant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Habitué à un écosystème fragilisé depuis le début des années 2000, Mathieu Gendreau a pris son parti de l'IA, «qui va s'installer durablement car elle est peu chère et pratique».

Pour aider ses étudiants à survivre dans cet univers, il leur enseigne que «la musique n'est qu'une partie» de l'équation. «Il faut être entrepreneur», dit-il, «avoir plusieurs activités», se diversifier.

Leo Sidran essaye de positiver et évoque «une opportunité pour les artistes de mettre en avant ce qui les rend uniques».

«Ne cherchez pas à faire quelque chose d'attendu», insiste-t-il, «parce que l'IA l'aura fait aussi.»

Par Thomas URBAIN / AFP

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre