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Nucléaire: Trump accuse l’Iran d'atermoyer

Nucléaire: Trump accuse l’Iran d'atermoyer
Une photo diffusée par le bureau du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le montre saluant aux côtés de Hassan Khomeini (à droite), petit-fils du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, lors d’une cérémonie marquant le 36e anniversaire de la mort de ce dernier, à Téhéran, le 4 juin 2025.
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Le président américain, Donald Trump, a accusé mercredi l'Iran de «traîner des pieds» dans les négociations sur son programme nucléaire, après que le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a estimé que la dernière proposition des États-Unis allait à l'encontre des intérêts de son pays.

M. Trump a précisé avoir parlé au téléphone du dossier avec le président russe, Vladimir Poutine, qui a selon lui, «laissé entendre» qu'il pourrait «participer» aux pourparlers entre Iraniens et Américains.

Ennemis depuis plus de quatre décennies, l'Iran et les États-Unis ont tenu depuis avril cinq séries de pourparlers, sous la médiation d'Oman, afin de tenter de conclure un accord censé empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique en échange d'une levée des sanctions qui paralysent son économie.

Les négociations achoppent principalement sur la question de l'enrichissement d'uranium.

L'Iran est soupçonné par les pays occidentaux et par Israël de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu'il dément en soulignant son droit à poursuivre un programme nucléaire à des fins civiles.

Samedi, les autorités iraniennes ont indiqué avoir reçu via les médiateurs omanais des «éléments» d'une proposition américaine en vue d'un potentiel accord, sans en préciser le contenu.

«L’Iran traîne des pieds pour prendre une décision sur cette question très importante, et nous aurons besoin d’une réponse définitive dans un laps de temps très court!», a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

Quelques heures plus tôt, l'ayatollah Khamenei, ultime décideur sur les questions stratégiques en Iran, avait affirmé que la proposition américaine était «100% à l'encontre» des idéaux de la Révolution islamique de 1979.

«L'indépendance (du pays) signifie ne pas attendre le feu vert de l'Amérique et de ses semblables», a-t-il dit.

 

«Pas d'enrichissement, pas d'accord»

«Pas d'enrichissement, pas d'accord. Pas d'armes nucléaires, nous avons un accord», a écrit sur X le principal négociateur iranien, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, après avoir fait état de «nombreuses ambiguïtés» dans la proposition américaine.

Selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), consulté samedi par l'AFP, Téhéran a accéléré sa production d'uranium hautement enrichi.

L'Iran, d'après l'AIEA, est le seul État non doté d'armes nucléaires à enrichir de l'uranium à un niveau élevé (60%), bien au-delà de la limite de 3,67% fixée par l'accord multilatéral sur le nucléaire conclu avec l'Iran en 2015.

Pour fabriquer une bombe, l'enrichissement doit être poussé jusqu'à 90%.

Donald Trump, qui menace de recourir à l'option militaire en cas d'échec de la diplomatie, a affirmé lundi que les États-Unis n'autoriseraient «aucun enrichissement d'uranium dans le cadre d'un potentiel accord» avec l'Iran.

Les Etats-Unis n'ont «pas» leur «mot à dire» sur cette question, a rétorqué Ali Khamenei.

«Si nous avons 100 centrales nucléaires mais que nous ne pouvons enrichir (l'uranium) cela ne nous sera d'aucune utilité» car elles «ont besoin de combustible» pour fonctionner, a-t-il argué.

«Si nous ne pouvons pas produire ce combustible localement, nous devrons nous tourner vers les Etats-Unis, qui pourraient poser des dizaines de conditions», a-t-il insisté.

 

«Rôle utile» de Poutine ?

Mardi, le New York Times a affirmé que l'administration Trump pourrait autoriser temporairement l'Iran à enrichir l'uranium à un faible niveau dans l'attente d'un accord éventuel plus complet.

L'Iran s'est dans le passé dit ouvert à ce compromis.

L'AIEA doit tenir à Vienne du 9 au 13 juin un Conseil des gouverneurs, une réunion trimestrielle durant laquelle seront passées en revue les activités nucléaires de l'Iran.

Durant le premier mandat de M. Trump, les États-Unis s'étaient retirés unilatéralement en 2018 de l'accord de 2015 entre les puissances mondiales et l'Iran, encadrant son programme nucléaire en échange d'une levée des sanctions internationales.

Ils ont aussi rétabli de lourdes sanctions envers l'Iran. En représailles, Téhéran s'est affranchi de certaines obligations, accélérant notamment l'enrichissement d'uranium.

«J'ai dit au président Poutine que l'Iran ne pouvait pas se doter de l'arme nucléaire et je crois que nous sommes d'accord sur ce point», a affirmé M. Trump mercredi, jugeant que son homologue russe, qui entretient une relation étroite avec Téhéran, «pourrait peut-être jouer un rôle utile pour arriver à une rapide conclusion».

AFP

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