Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Les Libyens pénalisés par une dévaluation soudaine du dinar, fruit du chaos politique

Les Libyens pénalisés par une dévaluation soudaine du dinar, fruit du chaos politique
Un Libyen brandit son drapeau national dans la ville de Benghazi, dans l'est du pays.
Crédit photo :

Les Libyens, épuisés par une décennie de chaos, subissent une grave détérioration de leur pouvoir d'achat après une dévaluation du dinar, découlant, selon les experts, des dépenses excessives des deux exécutifs se partageant le pays.

Le 6 avril, la Banque centrale (BCL) a dévalué le dinar - pour la deuxième fois en cinq ans - de 13,3 %, faisant bondir le taux officiel de change à 5,56 dinars pour un dollar (contre 4,48 trois jours plus tôt) et celui du marché parallèle à 7,8 dinars (contre 6,9).

Les commerçants et grossistes, qui s'y procurent les devises indispensables pour payer les marchandises qu'ils importent, ont été immédiatement affectés. La Libye, riche en hydrocarbures, est dépourvue d'infrastructures industrielles et agro-alimentaires, et doit importer la quasi-totalité des biens de consommation courante et d'équipement.

« Avec la monnaie qui chute, ça va être difficile de satisfaire nos besoins en nourriture, produits d'hygiène, médicaments, transports », s'inquiète auprès de l'AFP Karim Achraf, un ingénieur de 27 ans, père de trois enfants. D'autant que l'accès aux soins et à l'éducation est déjà très dégradé dans le pays, où manquent aussi les opportunités d'emplois.

La dévaluation frappe également les Libyens ayant besoin de devises pour se rendre notamment dans les pays voisins, comme la Tunisie, pour du tourisme ou des soins médicaux.

« Privilégier l'intérêt national »

Depuis la chute en 2011 du dictateur Mouammar Kadhafi, le pays peine à émerger d'une décennie d'anarchie et divisions entre deux camps rivaux : un gouvernement reconnu par l'ONU basé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, l'autre ancré dans l'Est contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.

« Préoccupée » par la gravité de la situation, la Mission de l'ONU en Libye (Manul) chargée d'une médiation politique, a appelé les autorités à prendre des « mesures urgentes » pour « stabiliser l'économie ».

« Une action rapide est essentielle pour atténuer les conséquences négatives sur la population, notamment la hausse du coût de la vie, la baisse du pouvoir d'achat et l'érosion de la confiance dans les institutions », selon la Manul.

Dénonçant « un échange d'accusations » entre les deux camps rivaux, elle les a exhortés à « privilégier l'intérêt national », à s'entendre sur un « budget national unifié » et à « garantir une gestion financière transparente ».

La BCL, « un bouc émissaire »

Pour Mahmoud El-Tijani, expert économique libyen, la BCL, « victime de l'échec et des divisions du pouvoir exécutif », a été « contrainte de prendre la décision de protéger ce qui restait de la force du dinar ».

Face aux déséquilibres budgétaires, il s'agit, selon lui, de mesures de la « dernière chance pour éviter la faillite et le recours à la dette extérieure », dans un contexte d'érosion des réserves en devises de la BCL et de chute des cours du pétrole. Les recettes pétrolières forment l'essentiel des revenus alimentant les caisses de l'État.

« En révélant le 6 avril l'ampleur alarmante des dépenses publiques de 2024 imputables à Tripoli (ouest) et à Benghazi (est), puis en dévaluant le dinar, la BCL ne fait qu'affronter les conséquences inévitables des choix politiques des factions dirigeantes libyennes », explique à l'AFP Jalel Harchaoui, de l'institut britannique RUSI.

Ces « énormes dépenses sont éminemment politiques, arbitraires et intenables : elles ne sont pas décidées par la BCL, une institution technocratique qui ne possède pas l'influence militaire et socio-politique des dirigeants » libyens.

A l'annonce de la dévaluation, la BCL a essuyé des critiques virulentes venant des deux camps, mais aussi de la population. A Tripoli, plusieurs dizaines de Libyens sont allés cette semaine crier leur mécontentement devant son siège.

Pour Anwar al-Turki, un banquier de Tripoli, la BCL est « malmenée » par les dirigeants politiques, responsables des dépenses publiques « les plus élevées de l'histoire (moderne) de la Libye », engagées au mépris de la « bonne gouvernance, de la conformité (financière) et de la (lutte contre la) corruption ».

S'en prendre à la BCL « relève du pur populisme », renchérit M. Harchaoui, dénonçant des « dépenses déraisonnables » qui, via la dévaluation, « aggravent l'inflation pour l'ensemble des ménages ».

« Avec la baisse actuelle des prix du pétrole, la BCL risque de redevenir un bouc émissaire » alors qu'il faudrait « prendre à bras le corps » les motifs profonds des déséquilibres économiques, estime M. Harchaoui.

Avec AFP

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre