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Depuis deux mois, la diplomatie Trump à l'épreuve de la guerre en Ukraine

Depuis deux mois, la diplomatie Trump à l'épreuve de la guerre en Ukraine
Le président américain Donald Trump s'adresse aux journalistes avant de monter à bord de Marine One à la Maison Blanche, le 21 mars 2025 à Washington, DC.
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Avant les pourparlers américano-russes prévus pour lundi en Arabie saoudite, rappel des principales étapes du processus en vue d'un cessez-le-feu en Ukraine depuis l'investiture du président américain Donald Trump le 20 janvier.

Washington met la pression sur Moscou

Tout juste de retour à la Maison Blanche, Donald Trump somme son homologue russe Vladimir Poutine de trouver un "accord" de paix avec l'Ukraine, faute de quoi la Russie risque d'être "détruite".

Deux jours plus tard, le nouveau président américain menace la Russie de sanctions si elle ne conclut pas d'accord avec l'Ukraine "maintenant".

Il avait promis pendant sa campagne de mettre un terme "en 24 heures" au conflit en Ukraine, avant de reconnaître que le processus pourrait prendre des mois.

Le 24 janvier, Vladimir Poutine se dit prêt à des négociations avec Donald Trump. Kiev met en garde contre tout pourparler n'impliquant pas l'Ukraine et les Européens.

Négociations sur les minerais stratégiques ukrainiens

Début février, Donald Trump annonce vouloir négocier un accord avec l'Ukraine pour obtenir un accès à 50 % de ses minerais stratégiques, en compensation de l'aide militaire et économique américaine déjà fournie à Kiev.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky refuse de signer le 15 une première proposition des États-Unis, arguant qu'elle ne prévoit pas de garanties de sécurité pour son pays.

Rapprochement russo-américain

Le 12 février, Donald Trump annonce qu'il a convenu au cours d'une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine d'entamer des négociations directes "immédiates" sur l'Ukraine.

Il juge irréaliste une adhésion de l'Ukraine à l'Otan et un retour aux frontières d'avant l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014.

Volodymyr Zelensky exhorte ses alliés européens à éviter qu'un accord ne soit forgé "dans le dos" de Kiev et de l'Europe.

Le 18 février se déroulent à Ryad des pourparlers américano-russes, les premiers au niveau des chefs des diplomaties depuis l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2022.

Altercation avec Zelensky

Les deux jours suivants, Donald Trump critique vivement Volodymyr Zelensky, qu'il qualifie de "dictateur". Il rejette sur l'Ukraine la responsabilité de la guerre, reprenant ainsi la rhétorique du Kremlin.

Le 28 février, Volodymyr Zelensky se rend à Washington en vue de finaliser un accord-cadre sur les minerais. Mais, dans une spectaculaire altercation à la Maison Blanche, Donald Trump l'accuse, devant les médias, d'être "irrespectueux" envers les États-Unis, de "jouer avec la Troisième Guerre mondiale" et menace de "laisser tomber" l'Ukraine.

"Pause" dans l'aide à l'Ukraine

Le 3 mars, le président américain annonce une "pause" dans l'aide militaire à l'Ukraine, une suspension qui concerne aussi le partage de renseignements.

Volodymyr Zelensky multiplie les gestes d'apaisement envers Washington.

Les 27 pays de l'Union européenne approuvent le 6 mars un plan visant à mobiliser jusqu'à 800 milliards d'euros sur quatre ans afin de renforcer la défense du continent et d'aider l'Ukraine.

Kiev accepte un projet américain de trêve.

Le 11 mars, l'Ukraine, dont l'armée est en difficulté sur le front, accepte une proposition américaine de cessez-le-feu de 30 jours avec la Russie.

Les États-Unis acceptent d'immédiatement lever les restrictions sur l'aide militaire et le partage de renseignements.

Kiev et Washington conviennent également de conclure "dès que possible" un accord sur les minerais ukrainiens.

Pendant ce temps, les forces russes reprennent à une vitesse inédite des territoires occupés par les Ukrainiens dans la région frontalière russe de Koursk.

Poutine pose ses conditions.

Dans un entretien téléphonique le 18 mars, Vladimir Poutine et Donald Trump conviennent d'un moratoire d'un mois sur les attaques contre les installations énergétiques, du démarrage "immédiat" de négociations sur une éventuelle fin du conflit et d'un échange de prisonniers, mais pas d'un cessez-le-feu général.

Vladimir Poutine exige la fin du "réarmement" de l'Ukraine, selon le Kremlin, et l'arrêt de l'aide occidentale à Kiev.

Alors que les attaques des deux belligérants se poursuivent, des pourparlers conduits par les États-Unis avec la Russie ont lieu lundi en Arabie saoudite, au lendemain d'une réunion américano-ukrainienne. Des négociations que Moscou prévoit "difficiles".

 

Par Pascale JUILLIARD, AFP

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