Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

En un coup de fil, Trump bouleverse le soutien des Etats-Unis à l'Ukraine

En un coup de fil, Trump bouleverse le soutien des Etats-Unis à l'Ukraine
Cette composition d'images réalisée le 12 février 2025 montre (de gauche à droite) le président américain Donald Trump à Washington, DC, le 11 février 2025, et le président russe Vladimir Poutine à Moscou le 17 janvier 2025.
Crédit photo :

Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, Washington et ses alliés martelaient qu'aucune décision ne pouvait être prise sans concertation avec l'Ukraine. Mais en un coup de fil à Vladimir Poutine, Donald Trump a fait voler en éclats cette idée.

Après avoir échangé avec le dirigeant russe, le président américain a ensuite discuté avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a reconnu qu'il n'était "pas très agréable" que Donald Trump ne l'ait pas prévenu d'abord, et a plaidé en faveur d'efforts conjoints entre Washington et Kiev avant toute négociation de paix.

Mais, Donald Trump a salué un nouvel esprit de coopération avec Vladimir Poutine, et annoncé qu'il rencontrerait le dirigeant russe en Arabie Saoudite. De son côté, Moscou a souligné que cet appel marquait un tournant majeur, après plusieurs années d'isolement international de la Russie.

"C'est un revirement majeur. Il semble que les Etats-Unis, qui sont un soutien essentiel à l'Ukraine, vont tenter de jouer le rôle d'arbitre neutre", relève Max Bergmann, directeur du programme Europe, Russie et Eurasie au Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Avant Donald Trump, l'ancien président Joe Biden avait déclaré qu'il ne voyait guère de raisons d'échanger avec Vladimir Poutine, ce dernier ayant ignoré toute mise en garde et finalement envahi l'Ukraine en février 2022.

Les Ukrainiens ont reproché à M. Biden d'avoir tardé à fournir de l'armement à Kiev, ce qui leur aurait donné un avantage certain sur le champ de bataille selon eux.

Depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, "l'Ukraine se concentre désormais non pas sur la victoire, mais sur le fait de ne pas perdre la guerre", estime Max Bergmann.

"Conditions maximalistes"

La Russie a longtemps cherché à négocier directement avec les Etats-Unis au sujet de l'Ukraine. Avant le début du conflit en février 2022, Moscou avait réclamé des garanties, notamment le rejet de l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan.

Pour l'administration Biden, les exigences de Vladimir Poutine n'étaient qu'un prétexte. Elle faisait remarquer qu'après le début de l'invasion, Moscou avait nié toute légitimité historique à l'existence de l'Ukraine. Elle avait également prédit que l'Ukraine adhérerait au final à l'Otan, mais pas tout de suite.

Sous Donald Trump, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a, lui, indiqué qu'il n'était pas réaliste que l'Ukraine intègre l'Otan ni qu'elle récupère l'ensemble de son territoire.

S'exprimant avant une réunion des ministres de la Défense de l'Otan à Bruxelles, M. Hegseth a affirmé que l'initiative du président américain n'était pas une "trahison" de l'Ukraine, assurant que les Etats-Unis sont "investis dans la paix, une paix négociée".

Pour David Salvo, expert russe au sein du think tank German Marshall Fund of the United States, il faut s'attendre à ce que Moscou injecte des "pilules empoisonnées" dans les négociations avec Washington, en posant par exemple des exigences sur le positionnement des forces américaines en Europe.

"C'est l'erreur à laquelle se heurtent beaucoup de personnes à Washington. Ils pensent que l'Ukraine n'est qu'une affaire d'Ukraine pour les Russes. Mais ce n'est pas le cas, c'est bien plus important que cela", souligne-t-il.

"La Russie va essayer d'imposer des conditions maximalistes aux Etats-Unis, non seulement en ce qui concerne l'Ukraine, mais aussi au niveau de l'architecture de sécurité européenne".

Une "solution rapide"

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a appelé jeudi son homologue ukrainien Andriï Sybiga.

Selon le département d'Etat, le responsable américain lui a exprimé son engagement en faveur de "l'indépendance et de la stabilité de l'Ukraine", sans parler de souveraineté ou d'intégrité territoriale, deux points sur lesquels l'administration Biden avait insisté.

Lors d'un déplacement à Paris, Andriï Sybiga a accusé la Russie de "prolonger la mentalité post-Yalta", en référence à l'accord signé en Crimée en février 1945 entre Roosevelt, Staline et Churchill pour préparer l'après-Seconde Guerre mondiale et se répartir de facto des sphères d'influence.

La ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen, a elle mis en garde contre une "solution rapide", estimant que le dirigeant russe n'avait "pas l'intention de mettre un terme à ses visées expansionnistes".

Pour l'Américain Bill Taylor, ancien ambassadeur à Kiev, le rôle des Etats-Unis lors des prochaines négociations "sera d'indiquer très clairement où se trouve la responsabilité de cette guerre et comment y mettre un terme". Et cette responsabilité selon lui, "incombe, en premier lieu, à l'entité qui a déclenché la guerre, à savoir la Russie".

 

Shaun TANDON, AFP