Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Les rêves brisés des migrants africains partis pour l'Arabie

Les rêves brisés des migrants africains partis pour l'Arabie
Crédit photo :
HARGEISA : Les passeurs avaient promis à Fentahun Derebe de l'amener en Arabie Saoudite, où il pourrait gagner plus d'argent qu'il n'en avait jamais rêvé, puis revenir chez lui, en Ethiopie, pour monter son entreprise.

Arrivé sur la côte somalienne, les passeurs lui ont demandé plus d'argent. Fentahun ne pouvait pas payer. Alors ils l'ont abandonné.

Sans argent, seul, le jeune homme de 19 ans n'a eu d'autre choix que de rebrousser chemin, plusieurs centaines de kilomètres à travers le désert.

"On m'avait dit que j'aurais un bon travail et que je changerais de vie. On m'avait dit que ce serait facile. Mais ça ne s'est pas du tout passé comme ça", raconte de sa voix douce le jeune homme, rencontré à Hargeisa, dans le nord de la Somalie.

De nombreux migrants africains, principalement éthiopiens, échouent dans cette ville, carrefour d'une des routes migratoires les plus fréquentées au monde: la "route de l'Est", vers la péninsule arabique.

Loin des caméras braquées sur l'Europe, les traversées de la Méditerranée et les milliers de réfugiés actuellement massés aux frontières polonaises, cette autre route connaît un regain de fréquentation.

Le voyage est périlleux, parfois fatal, à travers les déserts et certaines régions chaotiques de la Corne de l'Afrique, les eaux tumultueuses du golfe d'Aden, jusqu'au Yémen en guerre.

De là, les migrants doivent traverser de nouvelles zones hostiles dans l'espoir d'atteindre l'Arabie saoudite ou d'autres États du Golfe pour y trouver du travail.

«J'avais peur»

La plupart n'y arrivent jamais.

Des dizaines de milliers d'entre eux se retrouvent piégés au Yémen, incapables de payer un voyage de retour, pris en otage par des passeurs ou détenus par les autorités locales.

En mars, un incendie dans un centre de détention surpeuplé de la capitale yéménite a tué des dizaines de migrants.

Le même mois, 20 personnes sont mortes noyées lorsque des passeurs ont jeté par-dessus bord des dizaines de migrants de leur embarcation surchargée en route vers le Yémen.

Beaucoup ne quittent jamais l'Afrique, escroqués comme Fentahun avant même de mettre les voiles.

"Ils m'ont dit que ça coûterait 500 dollars (440 euros) pour monter sur le bateau. Je n'en avais même pas 100. J'ai été choqué", raconte le jeune homme, qui a quitté sa ville de Gondar, dans le nord de l'Éthiopie, ayant à peine terminé son lycée.

Les migrants ont deux options pour rejoindre le Yémen depuis le continent africain.

L'une via Obock, à Djibouti, mais les côtes y sont surveillées et les migrants traqués.


L'autre depuis Bosaso, dans le nord de la Somalie, où le contrôle est plus faible. Cette dernière est plus populaire mais aussi plus longue et plus dangereuse.

Fentahun raconte que durant sa marche d'un mois entre Bosaso et Hargeisa (600 kilomètres à vol d'oiseau), il a croisé de nombreux migrants dans une situation désespérée. Certains avaient été volés ou maltraités physiquement. Tous manquaient désespérément d'eau et de nourriture.

"J'avais peur", confie-t-il: "La route n'était pas sûre".

Beaucoup des migrants sur cette route sont des adolescents seuls, dont "certains n'ont pas de chaussures", souligne Farhan Omer, employé dans un centre de l'Organisation internationale de la migration (OIM) à Hargeisa.

«Pas le choix»

Des centaines de migrants sont coincés à Hargeisa, désoeuvrés, sans argent pour gagner Bosaso ou faire demi-tour et rentrer chez eux.

Woynshat Esheto, une migrante d'Éthiopie, est photographiée dans un centre de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans la ville d'Hargeisa, au Somaliland, le 19 septembre 2021. (AFP)

Woynshat Esheto, 35 ans, rêvait d'aller en Arabie saoudite et devenir femme de ménage. Mais elle est tombée à court d'argent.

"Je suis partie pour mes enfants", explique cette mère célibataire de quatre enfants: "Je n'avais aucun moyen de les nourrir ou de les envoyer à l'école. Je n'avais pas le choix".

Les mouvements ont repris sur la "route de l'Est", après un ralentissement en 2020 en raison des fermetures de frontières causées par la pandémie de coronavirus.

En 2018 et 2019, c'était la route de migration maritime la plus fréquentée au monde. Plus de 138 000 migrants ont embarqué sur des bateaux à destination du Yémen en 2019, contre 110 000 traversant la Méditerranée la même année.

Mais ces déplacements de population, qui ne touchent pas l'Europe ou l'Amérique du Nord, sont souvent ignorés.

"Ce qui est frustrant ici, c'est qu'il y ait si peu d'attention (...) Personne ne s'intéresse vraiment aux gens qui ont des problèmes dans les pays de la Corne de l'Afrique", déplore Richard Danziger, chef de mission de l'OIM pour la Somalie.

Accroché à ses rêves d'une vie meilleure, Mengistu Amare n'est pas découragé par les périls à venir, même s'il ne sait pas grand-chose de l'endroit où il va ni de ce qui l'attend en chemin.

"Je sais qu'il faut traverser la mer pour rejoindre l'Arabie Saoudite. Je ne suis jamais monté sur un bateau et je ne sais pas nager", explique cet Éthiopien de 21 ans. Mais il tentera sa chance: "J'irais n'importe où, tant qu'il y a du travail".

 

Crédit AFP

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre