Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Au Yémen, le déni des Houthis face à l'épidémie du choléra

Au Yémen, le déni des Houthis face à l'épidémie du choléra
Crédit photo :

Entrave à l’aide humanitaire, manque d’infrastructures sanitaires et médicales… dans un entretien accordé à Ici Beyrouth, Ahmed Benchemsi, directeur du plaidoyer et de la communication de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) de Human Rights Watch (HRW), revient sur les causes et les conséquences de l’épidémie du choléra qui touche actuellement le Yémen.
Près de 95.000 cas présumés de choléra ont été recensés au Yémen ces six derniers mois. Comment expliquer un tel chiffre?
Selon nos sources au sein du Yemen Health Cluster, qui est un groupe d’organisations humanitaires et caritatives, sous la houlette de l’Organisation de la Santé mondiale (OMS), il y aurait en effet environ 95.000 cas suspectés de choléra aujourd’hui au Yémen et plus de 250 morts des suites de la maladie. À en croire le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, d’ici septembre, on pourrait arriver à un nombre de contaminations qui peut atteindre 255.000 cas. Les décès risquent donc aussi de s’accélérer.
Le choléra se répand largement via l’eau ainsi que les fruits et les légumes mal lavés. Or, le Yémen émerge à peine d’environ une décennie de guerre civile durant laquelle une très grande partie des infrastructures médicales, sanitaires et d’épuration des eaux a été détruite. Aujourd’hui, 18 des 30 millions d’habitants ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence. Cette situation, aggravée par une malnutrition généralisée et un faible taux de vaccination, a grandement contribué à la propagation rapide du choléra.

À votre avis, pourquoi les Houthis ont-ils refusé de reconnaître publiquement l’existence d’une telle épidémie?
Les premiers signes de choléra ont été observés par les Houthis dès novembre 2023, mais ils ont refusé d’admettre l’existence de cette crise avant mars, période à laquelle ils ont commencé à communiquer quelques informations aux agences humanitaires. Mais jusqu’à aujourd’hui, ils refusent de reconnaître publiquement l’existence d'une épidémie. Les autorités houthies ont d’ailleurs mis la pression sur les agences des Nations unies et sur diverses organisations humanitaires pour qu’elles cessent de publier des informations sur le nombre de cas de choléra. Depuis le 30 avril, l’Organisation mondiale de la santé n’a donc plus été en mesure de publier de nouvelles informations.
Dans le sud du pays, région sous la férule du gouvernement yéménite et du groupement de transition, la réponse à l’épidémie a été plus rapide. Ils ont collaboré avec les agences humanitaires, en mettant sur pied des cliniques et en procurant des médicaments. Cependant, eux aussi ont donné des instructions claires de ne pas utiliser publiquement le mot «choléra». D’après un travailleur d’une agence humanitaire à HRW, les autorités ne veulent pas publier d’informations en la matière, car elles ont peur d’être tenues pour responsables de l’épidémie. Pourtant, le choléra est une maladie tout à fait évitable, si elle est traitée suffisamment tôt. Les médicaments sont connus et disponibles. Mais quand les gens ne savent pas qu’il y a une épidémie, ils n’ont pas le réflexe de se rendre immédiatement à l’hôpital. Ils ne le font que lorsque les symptômes s’aggravent, et à ce stade, c’est souvent déjà trop tard. Le manque d’informations a donc un impact direct sur la propagation de l’épidémie.
Comment la détention et les menaces des Houthis à l'encontre des travailleurs humanitaires ont-elles affecté le travail des ONG?
La conséquence immédiate pour ces organisations dont l’aide est cruciale, c’est qu’elles commencent à se dire: «On ne peut pas continuer à opérer dans un pays où notre personnel risque d’être arrêté sans motif apparent.» Certaines d'entre elles réduisent donc leurs activités sur le terrain quand beaucoup d’autres s'interrogent sérieusement sur la possibilité de continuer à travailler au Yémen. Au milieu d’une épidémie, d’un manque d’informations et d’un effondrement des infrastructures sanitaires, c’est la dernière chose dont les Yéménites avaient besoin.

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre