Front sud: le Hezb vise Beit Hillel pour la première fois
Ici Beyrouth•2024-08-04 14:11
Le Hezbollah a annoncé, dimanche, avoir tiré une dizaine de missiles Katioucha vers la colonie de Beit Hillel, cible «nouvellement ajoutée» à sa liste, selon un communiqué.
Au total, une cinquantaine de missiles ont visé Kiryat Shmona et Beit Hillel, à partir du Liban, «en riposte au ciblage des civils à Kfar Kila et Deir Siryane», selon le texte.
La formation pro-iranienne a également revendiqué des attaques sur les positions de Malikya et Manara.
Par ailleurs, une personne a été tuée lors d'un raid israélien sur une maison à Houla. Trois blessés ont été aussi signalés à la suite d’un raid israélien sur Beit Lif, ayant ciblé une maison située à proximité de la grand-place. Un raid a aussi visé la localité de Kfar Kila.
Un raid israélien matinal avait visé une motocyclette à Rab el-Thalathine, sans faire de blessés.
Des obus d’artillerie ont touché les villages de Ramya, Aïtaroun et Beit Lif, alors que des obus au phosphore ont été tirés vers la région de Birket el-Nakkar dans le sud de Chebaa.
En outre, le Centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé publique a annoncé que le bilan des tués à la suite de la frappe israélienne, survenue samedi à Deir Siryane, s’est élevé à deux.
Dans un rapport mis à jour, publié dimanche, il a été précisé que la deuxième victime est est un sexagénaire qui a succombé à ses blessures. Les cinq autres blessés sont dans un état stable et se rétablissent.
Selon les médias israéliens, une usine à Kiryat Shmona a été prise pour cible par un missile tiré à partir du Liban.
Dans la nuit de samedi, l’armée israélienne a tiré des bombes éclairantes sur les villages frontaliers, ainsi que des bombes incendiaires sur les zones forestières limitrophes de la Ligne bleue.
Elle a également ratissé aux mitrailleuses lourdes le village d’Aïta el-Chaab.
L’armée israélienne a aussi revendiqué l’attaque d’une plate-forme de lancement de missiles relevant du Hezbollah, à Marjayoun, ainsi que des bombardements d’artillerie sur Odaisseh.
Le président américain Donald Trump a annoncé le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et d’une armada navale dans la région du Golfe, plus importante que celle stationnée au Venezuela. Selon le média Axios, lundi,Trump a refusé de détailler les options militaires à sa disposition, affirmant toutefois quela diplomatie restait possible: «Ils veulent faire un accord. Je le sais. Ils ont appelé à plusieurs reprises pour parler.»
Un haut responsable américain a précisé, toujours selon Axios, que la Maison-Blanche reste «ouverte aux négociations» et que les conditions américaines — suppression de l’uranium enrichi, plafonnement des missiles à longue portée, fin du soutien aux milices régionales et interdiction de l’enrichissement indépendant d’uranium — ont été transmises à Téhéran à plusieurs reprises.
Le régime iranien fragilisé
Le président américain Donald Trump a reçu plusieurs notes des services de renseignement américains indiquant que le régime iranien traverse une phase de fragilisation majeure. C’est ce que rapporte le New York Times dans un article publié lundi. Selon des responsables cités par le quotidien américain, l’emprise du pouvoir à Téhéran serait à son niveau le plus bas depuis la chute du shah, renversé lors de la révolution islamique de 1979.
Le journal souligne que les manifestations qui ont éclaté à la fin de l’année dernière ont constitué un choc pour les autorités iraniennes, notamment lorsqu’elles ont touché des régions jusque-là considérées comme acquises au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Si ces mobilisations se sont depuis atténuées, les services de renseignement estiment que le régime reste profondément fragilisé.
Toujours selon le New York Times, la situation économique du pays contribue fortement à cette instabilité. L’économie iranienne est décrite comme historiquement faible, une réalité qui a alimenté des protestations sporadiques dès la fin du mois de décembre, avant de s’intensifier en janvier. Incapable d’apporter des réponses concrètes aux difficultés financières des familles, le pouvoir iranien a opté pour une répression sévère, accentuant la défiance d’une large partie de la population.
Dans ce contexte tendu, les États-Unis ont renforcé leur dispositif militaire dans la région, sans que les intentions précises de l’administration Trump ne soient clairement établies. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a rappelé au New York Times que le président était «régulièrement informé des questions de renseignement à travers le monde» et qu’il suivait «de près la situation en Iran».
Le quotidien rapporte également que Donald Trump a envisagé des frappes contre l’Iran à mesure que la répression s’intensifiait, tout en faisant état de divergences au sein de son entourage quant à l’opportunité d’une action militaire, en particulier si celle-ci devait se limiter à des frappes symboliques. Le président américain aurait toutefois temporisé après la suspension d’une exécution de manifestants en Iran et à la suite d’une demande du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, de retarder toute attaque, selon un haut responsable américain cité par le journal.
En parallèle, certains conseillers les plus interventionnistes de Donald Trump, tel le sénateur Lindsay Graham verraient dans la situation actuelle une opportunité stratégique pour affaiblir durablement, voire provoquer la chute, du régime iranien. Le président américain continue néanmoins de brandir la menace de la force, évoquant notamment le déploiement d’une «armada» navale dans la région et multipliant les mises en garde concernant le programme nucléaire iranien.
Sur le plan militaire, le New York Times indique que le porte-avionsUSS Abraham Lincoln, accompagné de plusieurs navires équipés de missiles Tomahawk, est entré dans la zone de responsabilité du Commandement central américain dans l’ouest de l’océan Indien. Des avions de combat supplémentaires ainsi que des systèmes de défense antimissile Patriot et THAAD ont également été déployés afin de protéger les forces américaines contre d’éventuelles représailles iraniennes.
Répression meurtrière des manifestations
Selon The Guardian, les forces iraniennes ont intensifié la répression depuis fin décembre, faisant des dizaines de milliers de morts. Des médecins et personnels de morgues témoignent de meurtres systématiques, incluant des blessures par balles à bout portant sur des patients encore sous soins médicaux, et des enterrements de masse pour dissimuler le nombre de victimes.
The Guardian, citant des ONG, estime, mardi, que le bilan réel pourrait dépasser 30 000 morts, bien au-delà des chiffres officiels, et révèle un réseau de médecins surveillant la situation dans 12 provinces pour documenter la violence et les pratiques de dissimulation des autorités.
Les manifestations et le blackout internet
La BBC confirme la gravité de la situation, avec des vidéos montrant des corps entassés dans les hôpitaux et des manifestations dans au moins 71 villes iraniennes malgré une quasi‑coupure totale d’internet. Des snipers ont été repérés sur les toits, et des caméras de surveillance détruites par les manifestants pour échapper à la traque.
Les vidéos vérifiées montrent des corps dans des hôpitaux avec cathéters et dispositifs médicaux encore attachés, suggérant des exécutions systématiques.
Tensions militaires et opportunités politiques
Certains conseillers américains prônent une action militaire pour affaiblir ou renverser le régime, tandis que d’autres souhaitent exploiter sa faiblesse pour négocier un accord nucléaire. Cette combinaison de pressions internes et de menaces externes met l’Iran dans une situation extrêmement fragile, alors que le monde observe avec inquiétude la stabilité de la région
Enfin, Washington a intensifié ses consultations avec ses alliés régionaux — Israël, l’Irak, l’Arabie saoudite et le Qatar — tout en adressant un avertissement clair aux autorités irakiennes : toute attaque menée par des milices chiites contre des intérêts américains entraînerait une riposte.
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Un haut responsable du groupe Etat islamique (EI) a été tué par les forces syriennes, en coopération avec la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis, a annoncé jeudi le ministère de l'Intérieur, quelques heures après l'arrestation d'un autre dirigeant de l'EI.
«Des unités spécialisées (...) ont mené une opération de sécurité à al-Bouwayda, près de Damas, en «coopération avec les services de renseignement généraux et en coordination avec les forces de la coalition internationale»», précise le ministère dans un communiqué.
Celle-ci «a permis de neutraliser le terroriste Mohammad Chahada, connu sous le nom d'«Abou Omar Chaddad», considéré comme l'un des principaux dirigeants de l'EI en Syrie», a-t-il ajouté.
«Cette opération confirme l'efficacité de la coordination entre les agences de sécurité nationale et les partenaires internationaux.»
Cette annonce intervient quelques heures après que les autorités syriennes ont affirmé avoir arrêté, également en coopération avec la coalition, un autre haut responsable de l'EI dans la région de Damas, plus de dix jours après une attaque — attribuée par Washington à l'EI — qui avait coûté la vie à deux soldats et un interprète américains en Syrie.
Cette attaque du 13 décembre a été menée par un membre des forces de sécurité syriennes, mettant dans l'embarras le pouvoir à Damas, qui tente de se rapprocher des Etats-Unis et a rejoint récemment la coalition internationale antijihadiste.
Washington avait annoncé la semaine dernière avoir riposté en frappant des bastions de l'EI, tuant au moins cinq de ses membres selon une ONG.
Pendant la guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par des manifestations prodémocratie, l'EI s'était emparé de vastes territoires avant d'être défait par la coalition internationale en 2019.
Malgré sa défaite, ses combattants repliés dans le vaste désert syrien continuent épisodiquement de mener des attaques.
AFP
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Le groupe terroriste Hamas est-il encore capable d’infliger des dégâts à l’État d’Israël? C’est bien ce que suggère une enquête menée par le média américain NBC.
En effet, bien que très affaibli par deux ans de guerre ouverte, le mouvement islamiste aurait encore à sa disposition une vingtaine de milliers de combattants, des centaines de roquettes, dont certaines à longue portée, ainsi qu’un réseau de tunnel toujours conséquent malgré les bombardements israéliens. En outre, le mouvement occupe l’espace politique et cherche à enrôler de nouveaux membres.
NBC News rapporte que, malgré des mois de bombardements et d’opérations terrestres israéliennes, le Hamas n’a pas été éliminé à Gaza. Ses infrastructures sont néanmoins lourdement endommagées, nombre de ses combattants ont été tués, et son contrôle administratif s’est effondré dans plusieurs zones.
Mais dans d’autres parties de la bande de Gaza, notamment au nord et autour de Khan Younès, le mouvement est en train de se réaffirmer, réapparaissant dans les rues, organisant des patrouilles et rétablissant une forme de présence politique. De plus, le mouvement islamiste est en train de «reprendre le contrôle de Gaza», a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement français, en appelant dans ce contexte à une mise en oeuvre «urgente» des mesures de sécurisation et gouvernance du territoire.
Enfin, le vice-président américain, JD Vance, a affirmé mercredi depuis Jérusalem que la tâche sera «très difficile» pour désarmer le Hamas dans la bande de Gaza, ainsi que pour reconstruire le territoire palestinien.
Des signes de résurgence
Selon des témoins cités par NBC, comme Giora Eiland, ancien directeur du Conseil national de sécurité israélien et ancien chef du département de planification des Forces de défense israéliennes, des membres armés du Hamas circulent de nouveau dans certaines zones que l’armée israélienne avait déclarées «nettoyées». Des drapeaux du mouvement sont réapparus et des cellules locales ont repris des fonctions de police ou d’ordre.
Cela illustre la résilience du groupe, capable de se fondre dans la population, de se reconstituer en petites unités et d’exploiter les vides laissés par le retrait partiel des troupes israéliennes.
L’ombre d’une guérilla urbaine
Parmi les analystes interrogés, Shalom ben Hanan, chercheur à l'Institut international pour la lutte contre le terrorisme de l'université Reichman en Israël, explique que le Hamas a perdu une grande partie de sa capacité militaire conventionnelle – commandement centralisé, production de roquettes, réseau de tunnels coordonné –, mais qu’il s’est reconverti en force de guérilla.
Ses combattants opèrent désormais par embuscades, posent des engins explosifs improvisés et frappent de manière ponctuelle avant de se disperser. Ce mode d’action rappelle les tactiques d’autres mouvements insurgés qui ont survécu à des campagnes d’élimination intensives.
Une victoire israélienne incomplète
Pour Israël, la mission d’éradication du Hamas reste loin d’être accomplie. Plusieurs experts ayant été interrogés par la NBC affirment que «la victoire totale» est pratiquement impossible sans réoccuper durablement la bande de Gaza, ce qu’Israël cherche pour le moment à éviter.
Les opérations militaires ont permis de réduire la menace, mais non de la faire disparaître. Le coût humain et politique d’une occupation prolongée rend cette option peu réaliste, laissant le terrain propice à une résurgence progressive du Hamas.
La dimension politique et symbolique
Sur le plan politique, NBC note que le Hamas continue à tirer parti du sentiment de résistance parmi les Palestiniens.
Même affaibli, il reste un symbole de défi face à Israël et aux puissances étrangères. Certains civils, bien qu’exaspérés par la guerre, continuent de voir dans le Hamas un défenseur de la cause palestinienne, ce qui lui confère un capital politique que ni l’Autorité palestinienne ni aucune autre entité n’ont réussi à remplacer.
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