Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

«Confessions from a war», une démarche pour la réconciliation

«Confessions from a war», une démarche pour la réconciliation

Pour le quarante-neuvième et triste anniversaire du déclenchement de la guerre libanaise, le 13 avril 1975, un documentaire produit par Denise Jabbour et Jérôme Gary, Confessions from a war, a été projeté en avant-première le 13 avril 2024 au cinéma Royal, à Bourj Hammoud. D’anciens combattants de différents partis politiques avouent leurs remords d’avoir participé à la destruction du pays et à l’assassinat de leurs compatriotes, pour sauver une vision en réalité fragmentée du Liban.
Une démarche fondamentale
L’avant-première mondiale de Confessions from a War (Confessions d’une guerre) aurait dû avoir lieu le 13 octobre à Beyrouth, en collaboration avec la Fondation Liban Cinéma. La guerre à Gaza a imposé le report de l’évènement, mais l’horreur qui se répète aujourd’hui a rendu plus pertinente la sortie de ce documentaire.
Le producteur exécutif, David McKillop, qui a dirigé The History Channel, A&E, and NatGeo, considère que ce film est un message du Liban à l’humanité et un avertissement poignant sur l’absurdité et l’inanité des guerres civiles. Après la destruction massive du pays, les blessures restent béantes et se transmettent par le biais des traumas intergénérationnels.
De son côté, le réalisateur, Sean Thompson, a annoncé que le documentaire a nécessité plus de 200 heures d’entretiens filmés avec les combattants, dont quarante minutes seulement ont été retenues. Denise Jabbour nuance que tout ce qui a trait à la politique a été exclu, car le documentaire a pour mission d’unir et non pas d’envenimer les discours et nourrir les divisions.
Le film comprend des images tirées des archives, ainsi que les interventions de personnes issues de plusieurs factions politiques, qui ont combattu sur le terrain ou dont des proches ont participé à cette guerre ou en ont été victimes. Leurs noms, non dévoilés dans le film, sont les suivants : Colette Tannous, Ziad Saab, Elie Abi Tayeh, Asaad al-Shaftari, Nassim Asaad, Badri Abou Diab, Rateb al-Jibawi, Rasha al-Amin, Nabil Mounzer, Rabih al-Maghribi, Ali Abou Dahn et Wadad Halawani. Même s’ils gardent l’anonymat, on arrive à identifier leur appartenance confessionnelle et régionale, grâce à leurs récits et leurs dialectes ou patois. «Les partis politiques divisés ne sont pas cités, car l’accent est mis sur l’humanisme de ces anciens ennemis, aujourd’hui unis par la culpabilité, le rejet des Zaïms et le refus de toutes les formes de violence», souligne la productrice Denise Jabbour. En effet, ces personnages, jadis victimes et bourreaux, ont fondé l’association «Combattants pour la paix» et œuvrent ensemble pour que leurs erreurs ne se répètent pas, comme ils le révèlent dans le débat qui a suivi la projection du documentaire. Le film ne s’applique pas «uniquement à la guerre du Liban, mais à toute guerre, où qu’elle ait lieu», affirment les producteurs, Jérôme Gary et Denise Jabbour, qui ajoutent: «Nous avons tous des leçons à tirer des Libanais».

Les confessions des ennemis d’hier
La première confession vient d’un combattant qui avoue sa haine et sa rancœur passées devant le luxe indécent du Holiday Inn et du Saint-Georges, alors qu’il était à fond de cale et l'objet de risée des bourgeois. (On comprend qu’il associe la bourgeoisie aux chrétiens). Il raconte son empathie pour un Syrien sur la paille qui logeait sous le pont Salim Salam, continuellement persécuté par les autres. Pour lui, le climat ambiant, la discrimination et les inégalités sociales ne pouvaient que déboucher sur la guerre civile. Il dévoile, les larmes aux yeux, sa responsabilité dans la destruction de son propre pays, alors qu’il croyait servir une grande cause.
La deuxième confession est celle d’un homme réveillé en pleine nuit sous les coups d’un inconnu armé. Il relate le massacre de son frère cette nuit-là et sa mère broyée par le chagrin, puis son engagement avec les combattants de sa confession pour se venger «des intrus» (les Palestiniens) et protéger sa famille et ses biens. Un jour, il capture l’un des assaillants de son frère. Le coupable le supplie de le laisser en vie, «pour épargner l’effroyable choc à sa mère et ses enfants». Le combattant lui laisse la vie sauve et l’aide même à fuir. Sitôt échappé, il recommence à tirer. Le combattant se tait et reconnaît néanmoins que la violence engendre uniquement la violence.

Parmi la dizaine d’hommes qui racontent la violence subie et perpétrée, une seule femme, aux cheveux blancs et courts, dévoile son ancien statut de combattante féroce et ce qui l'y avait conduite. Ils habitaient dans les environs de Saïda et étaient extrêmement menacés. Chaque jour, un proche ou un voisin disparaissait, tué ou enlevé, jusqu’au jour où ils furent encerclés. Elle prit la kalachnikov chargée, soutenue par les encouragements de sa mère qui l’incitait à se battre, à défendre sa vie et tenir tête aux criminels. La femme n’a pas tardé à s’enrôler dans le parti qui défendait son clan confessionnel. Aujourd’hui, elle porte un regard très sévère et critique sur ce même parti ainsi que tous les autres.
Les anciens combattants constatent que «personne n’a réellement évoqué les profondes séquelles de la guerre libanaise après 1990 et qu'aucune véritable réconciliation n’a eu lieu». C’est pourquoi l’objectif de ces confessions est d’admettre la responsabilité de chaque combattant, malgré la fatalité de la guerre et le rôle incontournable des seigneurs de la guerre. Ces Libanais.es, venu.e.s de tous bords, ont présenté leurs excuses à l’ensemble du peuple libanais, en vue d’une vraie réconciliation. Bien que ces aveux ne rendent pas la vie aux centaines de milliers de victimes, ni aux dix-sept mille disparus, ils favorisent un dialogue constructif, a fortiori à cause des dissensions, et servent d’exemple pour les futures générations. Il est intéressant de souligner que le film devrait faire la tournée des festivals européens et américains, avant d’être diffusé dans les écoles.

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre