Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

88 ans plus tard... Fairouz, l’absente omniprésente

88 ans plus tard... Fairouz, l’absente omniprésente
À 88 ans, Fairouz demeure la gardienne solitaire de l'héritage musical libanais, éclairant la nuit de cette nation endolorie et fragmentée d'une lueur précieuse, celle qui rassemble les cœurs dans une communion nostalgique et réconfortante.
À l’aune de l'évolution tempétueuse du Liban, chaque jour semble tracer les contours d'une nouvelle «scène de tempête aux abords d'une côte méditerranéenne», comme si le destin de cette nation était esquissé sous le pinceau de Claude-Joseph Vernet (1714-1789). Le pays du Cèdre s'égare, s'embourbe dans des métamorphoses sinistres et s’engage inexorablement dans une voie sans issue, inondée de larmes et de sang. La brise saline de la mer Méditerranée, complice de ces tourments, porte, à travers les vallées et les plaines, les soupirs déchirants d’un peuple meurtri. Les pages de l'Histoire, quant à elles, redoutant le poids de l'oubli, chuchotent, avec une mélancolie palpable, les récits des libertés évanouies, étouffées par la mainmise perfide de ceux qui, sous le voile de la piété et du patriotisme, trahissent leur serment au nom même de Dieu et de la patrie. Les cicatrices des conflits passés s'ouvrent à nouveau, libérant le venin de la discorde sur une terre qui se débat.

Tunique fragmentée


Au sein de cette sombre fresque, le Liban se trouve morcelé, ses lambeaux d'identité éparpillés tels des vestiges d'un héritage fractionné. À l’image des soldats romains se partageant les vêtements de Jésus-Christ, les fils de cette même terre ont procédé à un tirage au sort honteux de la tunique de cette nation, déchirant ainsi le tissu même de son identité. Et soudain, au milieu de ce tumulte cacophonique, un silence religieux enveloppe la scène d'une aura mystique avant qu’une voix éthérée s’élève, transcendant les querelles stériles et s’infiltrant dans les cœurs endurcis par les dissensions et l’avidité du pouvoir. «Je suis venue seule déclamer à haute voix mes pensées (…) Je suis venue pour la réconciliation», s’écrie Fairouz, telle une muse surgie des profondeurs de la mémoire, rappelant la discorde entre Cheikh Nasri et Abou Saleh, dans la pièce La Réconciliation issue de l’album Soirée d’amour, que sa bienfaisante influence a su transformer en une épiphanie de concorde.

Philtre unificateur



Le murmure du vent se mue aussitôt en une brise caressante, balayant les aspérités du différend dans la vallée des tourments. La voix de Fairouz émerge, en effet, comme une catharsis, capable d'apaiser les âmes endolories, de tisser des ponts fragiles au-dessus des ténèbres des conflits et de réconcilier les fragments épars d'une nation en quête de son harmonie perdue. Son chant, ce philtre unificateur, se répand dans l'air saturé de tensions, transformant chaque chanson en un remède harmonieux pour ce peuple fragmenté. Fairouz et les frères Rahbani demeurent ainsi les gardiens d'une identité commune et d’une mémoire collective, les maîtres d'une esthétique musicale métissée, levantine soit-elle, occidentale ou orientaliste, qui ne saurait être que patriotique. L’œuvre de ces demiurges de la chanson libanaise rassemble les «habitants de cette terre», «travailleurs, poètes et agriculteurs», pour reprendre les mots du regretté Élie Choueiri (1939-2023), les berçant dans un doux élan d'unité et de fraternité, érigeant ainsi un Liban où la diversité est célébrée.

Trinité musicale


En ces temps d’incertitudes, la musique concoctée par le génie des frères Rahbani et portée jusqu’à son acmé par la voix séraphique de Fairouz constitue la boussole inaltérable pour tous ceux qui errent inlassablement à la recherche d'une identité égarée. Le Liban trouve son essence, sa résilience, et sa force d'être, forgées par la magie intemporelle de cette trinité musicale qui transcende l'éphémère pour inscrire son art dans l'immortalité de l'âme nationale. Avec le départ des génies musicaux du Liban, particulièrement Assi (1923-1986) et Mansour (1925-2009) Rahbani, Wadih el-Safi (1921-2013), Zaki Nassif (1918-2004), Nasri Chamseddine (1927-1983), Élie Choueiri et Sabah (1927-2014), Fairouz demeure la dernière sentinelle fidèle à l'autel de cet art au pays du Cèdre. Tout le reste, sans exception, n'est que l'ombre évanescente de cet âge d'or visiblement révolu.
Fêtant aujourd’hui ses 88 printemps, Fairouz, la vestale de la chanson libanaise, porte, seule, sur ses épaules le poids de cet héritage précieux, le préservant avec une grâce infinie et un silence criant, tandis que la scène artistique libanaise se languit de ses étoiles éteintes qui jadis illuminaient le firmament musical du Moyen-Orient.

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre