Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Le labyrinthe de l’enfance

Le labyrinthe de l’enfance
Originairement publié en arabe en 2008 et excellemment traduit en français par Simon Corthay, Confessions de Rabee Jaber, paru chez Gallimard en avril 2021, questionne, à travers l'histoire d'un drame individuel, des thèmes si chers à l’auteur des Druzes de Belgrade (Gallimard, 2015), à savoir la guerre, l’identité, l’Histoire, la mémoire, l’oubli...

Parfois, lire un livre est une douce torture. Cela a été le cas pour moi lors de ma lecture de Confessions de Rabee Jaber. À la page 57, j’écris à l’ami qui me l’avait recommandé pour lui dire que je sanglotais. Ce n’était pas un reproche, mais une volonté de lui montrer une certaine reconnaissance pour m’avoir offert un moment intense de colère, d’émotion et curieusement de bonheur. Même en sanglotant, je ne pouvais m’arrêter de lire. Il faut dire que l’histoire, aussi inhabituelle que surprenante par sa violence, me renseignait sur ma propre histoire, sur un côté obscur de mon passé, sur ma propre identité.

Maroun est habité par un malaise lancinant alimenté par le sentiment de ne pas réellement appartenir à sa famille. Même s’il se sent aimé, les silences et les regards prouvent que tout n’était pas aussi clair qu’il n’en paraissait pour cette famille dont le chef se serait transformé en monstre au dire du narrateur qui commence ce récit terrible et brillamment mené par cette phrase: «Mon père enlevait les gens et les tuait», un incipit qui révèle l’atmosphère rendue tout au long des pages crues où nous plonge Rabee Jaber.

Qui est Maroun? D’où vient-il? Les souvenirs de sa petite enfance jalonnent le roman, lui reviennent comme des mirages, présents et impalpables. Il a le sentiment que sa famille recomposée (recomposée comment? Maroun ne le sait pas) lui en veut, mais pourquoi? De quoi était-il coupable? Quelle faute avait-il commise?


Les combats font rage dans la capitale libanaise. La famille se réfugie dans la seule pièce sûre de la maison où trône une drôle d’icône. Maroun vit dans la confusion. Il n’a aucun souvenir de son petit frère. S’il est son petit frère, il doit être né après lui, mais pourquoi il n’en garde aucun souvenir? Et pourquoi porte-t-il le même prénom que ce regretté petit frère mort sous la torture et dont le portrait ornait la pièce principale de la maison, coupé d’un bandeau noir en diagonal? Maroun aurait-il pris sa place? Il aurait peut-être pu changer quelque chose pour que sa mère aille mieux ou qu’elle arrête de penser à son corps sans vie découvert à quelques mètres de là. Il aurait peut-être pu le sauver, mais comment pouvait-il agir sur une séquence de son existence dont il n’avait aucun souvenir? Aurait-il pu prévenir son enlèvement, son assassinat?

Le roman est court, mais n’en demeure pas moins percutant. Il vous hante des jours après sa lecture, surtout si vous avez habité comme moi à quelques mètres du quartier où se déroulent les faits et que, enfant protégée par les adultes, vous n’aurez jamais soupçonné que l’horreur se concrétisait à un jet de pierre de la maison d’où il arrivait à cette enfant d’observer les vies parallèles, les jours d’accalmie.

Confessions de Rabee Jaber, traduit de l’arabe par Simon Corthay, Gallimard 2021, 156 p.

 

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre