Gidey s'effondre, Chebet championne du monde de cross
Ici Beyrouth•2023-02-18 19:35
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La favorite éthiopienne Letesenbet Gidey, alors qu'elle était sur le point de l'emporter, s'est effondrée à l'approche de la ligne d'arrivée, permettant à la Kényane Beatrice Chebet d'être sacrée championne du monde de cross samedi à Bathurst (Australie).
Chebet (22 ans) a triomphé devant l'Ethiopienne Tsigie Gebreselama et une autre Kényane, Agnes Jebet Ngetich.
Gidey (24 ans), détentrice des records du monde du 5.000 m, du 10.000 m et du semi-marathon, avait la course en main avant de s'écrouler à quelques dizaines de mètres de l'arrivée. Relevée par des membres de son équipe, elle a franchi la ligne en quatrième position avant d'être disqualifiée.
Dans la course masculine, l'Ougandais Jacob Kiplimo (22 ans), médaillé de bronze olympique du 10.000 m, a été sacré devant l'Ethiopien Berihu Aregawi et un autre Ougandais, le champion olympique du 5.000 m Joshua Cheptegei.
Le Kenya a dominé le relais par équipes mixte devant l'Ethiopie et l'Australie.
La France n'avait inscrit aucun athlète pour ces championnats.
Le colosse de Jbeil, Étienne el-Chaer, a frappé un grand coup en se classant 3e à Sheffield, rendez-vous “champions des champions” du powerlifting classique. À la clé, un total monumental de 984 kg et un soulevé de terre à 401,5 kg qui a fait basculer la soirée dans une autre dimension.
Dans l’univers du powerlifting classique, Sheffield n’est pas un championnat comme les autres. C’est un invitational qui rassemble l’élite mondiale, avec un format conçu pour comparer des athlètes de catégories différentes en fonction de leur performance par rapport aux records de leur catégorie. Résultat : chaque tentative pèse double. Le moindre faux pas coûte cher, la moindre barre validée au bon moment peut faire basculer un podium.
Un bronze qui pèse très lourd : 984 kg, et un deadlift “monstrueux”
Trois mouvements, trois verdicts, zéro place pour l’à-peu-près. À Sheffield, el-Chaer empile 345 kg au squat, claque 237,5 kg au développé couché, puis arrache 401,5 kg au soulevé de terre pour verrouiller un total de 984 kg. Dans le jargon, c’est une compétition “propre”, gérée comme un match : des choix de barres justes, une montée en puissance maîtrisée, et une finition au sang-froid quand la salle retient son souffle.
Le garçon de Jbeil
Ce podium ne sort pas de nulle part. Natif de Jbeil, el-Chaer s’est construit dans la rigueur et la répétition, affûtant sa machine à Beyrouth, à Barbell House, sous la houlette de Shiva Karout. Il incarne cette génération libanaise des sports de force qui refuse les plafonds de verre et qui avance, kilo après kilo, vers les grandes scènes. Champion du monde en 2025 chez les -120 kg, il confirme aujourd’hui sur un plateau encore plus dense, dans un format où la pression ne laisse aucun répit.
C’est quoi le powerlifting, et pourquoi ce n’est pas l’haltérophilie
Le powerlifting, c’est la force maximale sur trois mouvements codifiés : squat, développé couché, soulevé de terre. Chaque athlète a trois essais par mouvement ; on additionne le meilleur des trois pour obtenir le total. Tout se joue à la validation, au respect des standards techniques et à la stratégie des tentatives.
L’haltérophilie, elle, repose sur deux mouvements explosifs et très techniques : l’arraché et l’épaulé-jeté. Plus de vitesse, plus de projection, plus de précision instantanée. Deux sports cousins par la fonte, mais deux grammaires différentes : en powerlifting, on construit et on verrouille ; en haltérophilie, on accélère et on “jette” au-dessus de la tête.
Le Liban a un nom qui compte, désormais
À Sheffield, el-Chaer n’a pas seulement remporté une médaille. Il a envoyé un signal. Dans un sport où la hiérarchie mondiale s’écrit à coups de barres validées, le colosse de Jbeil s’est installé là où l’on ne vient pas pour “faire un tour”, mais pour peser. Et le Liban, avec lui, gagne encore un peu plus sa place sur la carte mondiale de la force.
Le compte à rebours est lancé. Le Liban s’envole vers Taïwan avec une idée fixe : remettre ça, gagner encore, et pousser la porte du Groupe mondial I. Le rendez-vous est programmé samedi et dimanche prochains, les 7 et 8 février, dans la Taipei Tennis Center Arena, sur surface dure. Une confrontation couperet, une vraie, où le vainqueur décroche sa place dans le Groupe mondial I, ce palier que le Liban considère comme son “niveau naturel” et qu’il a déjà connu par le passé.
L’histoire récente ajoute du piment à l’affiche. Les deux nations se sont déjà croisées en 2018 au Liban, avec une victoire des joueurs du Cèdre. Huit ans plus tard, Taïwan veut effacer cette cicatrice et “se venger” à domicile. Le Liban, lui, arrive avec l’ambition inverse : confirmer, imposer une nouvelle fois sa loi face à un rival est-asiatique qui se présentera, cette fois, porté par sa salle et ses repères.
Dernière répétition à Zouk Mosbeh
Avant d’embarquer, la sélection libanaise a bouclé sa dernière séance sur les courts de l’Académie de tennis de l’Université Notre-Dame de Louaizé à Zouk Mosbeh, sous la direction du capitaine et entraîneur national Fadi Youssef. Une séance à forte charge symbolique, en présence du président de la Fédération libanaise de tennis, Alain Sayegh, du vice-président Nassib Haddad, du membre Raymond Khatoura, et de l’ensemble des sélections de jeunes (filles et garçons). Une rencontre spontanée, presque un passage de témoin : les équipes de catégories d’âge ont échangé avec les joueurs de Coupe Davis et leur ont souhaité bonne chance avant ce déplacement à haut risque. La presse était également au rendez-vous pour prendre le pouls d’un groupe qui se sait attendu.
Sayegh, Youssef, Habib, Hassan : la même ligne, un seul objectif
Dans le discours, pas de détour. Alain Sayegh a insisté sur le caractère capital du duel : l’enjeu est simple, brut, immédiat, une qualification pour le Groupe mondial I. Le président a aussi pointé un paramètre qui pèse toujours dans ce genre de rendez-vous : Taïwan arrive avec des joueurs mieux classés au ranking mondial publié par la Fédération internationale de tennis, un indicateur qui n’écrit pas le match mais donne le décor.
Fadi Youssef, lui, parle “mission” : offrir une image forte du tennis libanais, un tennis qui a déjà “de la bouteille” à l’international, surtout en Coupe Davis où les scénarios se jouent souvent sur la gestion des temps faibles, la solidité mentale et les points charnières.
Côté joueurs, la tonalité est la même. Hadi Habib se dit prêt, “en pleine forme” pour ce week-end décisif. Benjamin Hassan vise le gros coup, celui qui marque une campagne : gagner en terre adverse et transformer Taipei en “pont” vers le Groupe mondial I, un vrai match de bascule.
Classements, dynamique, historique
Sur le papier, Taïwan part avec un avantage statistique. La sélection taïwanaise est classée 28e au classement mondial (313,75 points), quand le Liban pointe au 51e rang (262,25 points). Mais la Coupe Davis adore les équipes qui renversent la table : un double bien géré, un simple arraché au mental, et l’équilibre peut basculer.
Le Liban, lui, arrive avec de l’expérience. Son histoire en Coupe Davis a commencé en 1957 : 115 rencontres disputées, 63 victoires et 52 défaites. Et surtout, un dernier signal très positif : en septembre dernier, sur courts neutres en Égypte, le Liban a balayé la Barbade (4-0). Une perf’ qui a regonflé le vestiaire et rappelé une évidence : quand les Libanais mettent de l’intensité, ils savent verrouiller une confrontation.
Taïwan a débuté plus tard, en 1972, avec 99 rencontres au compteur (47 victoires, 52 défaites). Dernier match en date : une défaite serrée contre la Norvège (2-3) en septembre dernier. Un revers qui dit aussi quelque chose : Taïwan sait jouer des rencontres au couteau, et ce duel pourrait encore se décider sur une poignée de points.
Un week-end de vérité sur dur
À Taipei, le Liban devra être chirurgical. Sur dur, les fenêtres sont plus courtes, les retours punissent moins l’à-peu-près, et le momentum se gagne à la première balle, au service, à la qualité de relance. Le plan est clair : tenir les séquences, ne pas offrir de jeux gratuits, rester au contact, et frapper au bon moment. Le Groupe mondial I est au bout du tunnel. Deux jours. Cinq matchs potentiels. Trois victoires à aller chercher. Et une place à reprendre, ou à conquérir, dans le vrai haut niveau.
Une finale comme une faille temporelle : l’Open d'Australie se termine avec un choc qui ressemble à une affiche de science-fiction. D’un côté, le plus grand “vieux” du circuit qui refuse de vieillir. De l’autre, le plus jeune patron qui refuse d’attendre. Entre eux, des records empilés comme des balles neuves… et une question simple : qui va casser l’élastique en premier ?
La veille, Melbourne a vécu un “jour le plus fou” comme le tennis sait en fabriquer quand il arrête de faire semblant d’être rationnel. Deux demi-finales, dix manches, une soirée à rallonge qui a réveillé un tournoi longtemps endormi : l’Espagnol a vacillé, le Serbe a ressuscité, et le tableau a fini par ne garder que ceux qui savent gagner quand tout part de travers.
Le “démon de minuit”
On disait le Serbe condamné par la logique du moment, par la puissance neuve, par les kilomètres, par le futur. On rappelait les cinq duels perdus d’affilée, on parlait de fin de cycle, de passage de témoin, de déclin inévitable. Et puis il est entré sur scène comme on entre dans un vieux film qu’on connaît déjà… sauf que cette fois, le héros a décidé de réécrire la fin.
Contre Jannik Sinner, Djokovic n’a pas joué “petit bras” pour survivre : il a joué grand. Là où il avait cherché récemment des raccourcis, il a choisi la filière longue. Il a accepté le duel de fond, répondu à coup droit laser par coup droit laser, et plus l’échange s’étirait, plus il semblait rajeunir. La dramaturgie a fait le reste : un cinquième set au bord de la rupture, huit balles de break éteintes comme on souffle des bougies, et un hold-up au moment exact où tout le monde attendait le contraire. Un match irrationnel, presque indécent, un de ces soirs où l’on comprend pourquoi certains champions ont l’air de tricher avec le réel.
Cette victoire-là ne le remet pas seulement en finale : elle réinstalle Djokovic dans son habitat naturel, cet endroit où la pression ne pèse plus, où elle nourrit. Et à Melbourne, les soirs de finale, il a longtemps eu cette aura de joueur “invaincu dans sa tête” avant même de l’être sur le court.
Le Murcien d’une autre planète
De l’autre côté, Alexander Zverev a cru tenir sa prise. Alcaraz menait, puis son corps a commencé à le trahir : posture cassée, jambes en coton, démarche flottante. À un moment, il se tourne vers son clan et lâche, brut, humain : « J’ai vomi, je ne sais pas si je dois prendre un truc. » Le match a basculé dans une zone grise, entre crampes, adducteur qui siffle et débat sur le temps mort médical. Zverev a fulminé, persuadé d’un “cinéma”, tandis qu’Alcaraz, lui, se battait surtout contre l’arrêt brutal de ses jambes.
Et pourtant, même presque à l’arrêt, l’Espagnol a trouvé une manière de rester dangereux : le bras comme seul moteur, le toucher comme bouée, quelques amorties caressées pour respirer, et cette obsession de ne jamais lâcher. Zverev a même servi pour le match ; quinze minutes plus tard, Alcaraz survivait encore, puis passait devant. Un marathon de 5h27, une épreuve de résistance plus qu’un simple match, et un message clair envoyé à la finale : Alcaraz ne gagne pas seulement avec ses coups, il gagne aussi avec sa capacité à rester debout quand il ne devrait plus l’être.
Salle des trophées
Ce qui attend le public n’est pas un simple duel de styles, mais une finale à tiroirs, une finale à records. Djokovic joue pour ce chiffre qui obsède tout le tennis : un 25e titre majeur, un sommet absolu qui le ferait basculer seul dans l’histoire, hommes et femmes confondus, devant Margaret Court. Il joue aussi contre le calendrier : à 38 ans, il peut viser un record de longévité dans l’ère Open, en dépassant Ken Rosewall, et même étirer un autre symbole, rare, presque poétique : l’écart entre un premier sacre et un dernier, comme une carrière bouclée sur dix-huit ans. Autrement dit, il ne joue pas seulement pour gagner : il joue pour verrouiller la porte derrière lui.
Alcaraz, lui, joue pour une autre forme de vertige : devenir le plus jeune à compléter le Grand Chelem en carrière, devant Don Budge, et, dans l’ère Open, griller la priorité historique de Rafael Nadal. Il joue aussi pour continuer de collectionner les “précocités” : le plus jeune à empiler les grands titres à cette vitesse, et peut-être même, s’il faut aller au bout du bout, pour aller chercher ce record de victoires consécutives en cinq sets que Bjorn Borg a longtemps gardé comme un trésor.
Les jambes, le tempo, la cruauté
La clé, elle est là : qui aura encore du carburant après la nuit folle ? Djokovic arrive avec l’euphorie du braquage, mais aussi avec l’usure d’un combat au couteau. Alcaraz arrive avec la confiance du survivant, mais avec les alertes physiques d’un marathon.
Tactiquement, la partition est lisible. Le Serbe voudra poser le couvercle, installer le contrôle, gagner le centre du terrain, faire payer chaque centimètre. L’Espagnol voudra ouvrir les angles, varier, accélérer, casser la routine, et surtout… faire courir. Le plan est presque écrit : user Djokovic, l’emmener dans des courses arrière, l’obliger à défendre encore, puis encore, jusqu’à voir si le champion a encore un “dernier étage” dans le réservoir.
Logiquement, une victoire “facile” d’Alcaraz se dessine à l’horizon : la jeunesse, les jambes, la vitesse, la fraîcheur théorique. Mais Djokovic n’a jamais été un homme “théorique”. Il a bâti sa légende sur l’art de contredire le récit, surtout quand les records l’appellent. Djoko aura-t-il assez de jus ? Alcaraz va-t-il l’épuiser en le faisant courir derrière les balles, jusqu’à l’essorer ?
Éléments de réponse dimanche, à partir de 10h30 (Beyrouth).