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Fin de l’autonomie kurde : Damas déploie ses troupes à Qamichli et Hassaké

Fin de l’autonomie kurde : Damas déploie ses troupes à Qamichli et Hassaké
Les forces kurdes montent la garde tandis que les forces de sécurité du gouvernement syrien entrent dans la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 2 février 2026.
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Les forces gouvernementales syriennes sont entrées mardi dans le bastion kurde de Qamichli, au coeur de la zone autonome établie par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, conformément à un accord entre ces derniers et Damas.

L'accord annoncé vendredi sous la pression militaire de Damas vise à intégrer les institutions et les forces kurdes au sein de l'Etat syrien.

Il anéantit les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu une colonne des forces de sécurité formée de blindés et de véhicules entrer à Qamichli, ville à majorité kurde, et établir des barrages de contrôle à ses entrées.

Les autorités locales kurdes avaient imposé mardi un couvre-feu dans la ville pour faciliter l'opération, qui s'est déroulée sans accroc.

L'activité était paralysée dans la ville, où les places et les devantures des magasins fermés étaient ornées de drapeaux kurdes, rouge, blanc et vert frappé d'un soleil.

Les forces de sécurité de Damas étaient déjà entrées lundi dans la ville de Hassaké, qui était sous contrôle kurde.

Le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), Mazloum Abdi, avait indiqué que seule une «force de sécurité limitée», et non l'armée, entrerait à Hassaké et Qamichli.

Aux termes de l'accord, les membres des forces kurdes vont être intégrés au sein de l'armée et des forces de sécurité.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Noureddine al-Baba, a indiqué que les forces de sécurité kurdes, les Asayich, seraient «intégrées dans les rangs» du ministère qui payera désormais leur solde.

Les FDS avaient été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie menée par les Etats-Unis, qui soutiennent désormais le nouveau pouvoir syrien.

Des forces gouvernementales ont également commencé à se déployer lundi soir autour de Kobané, une poche kurde située plus à l'ouest dans la province d'Alep.

Cette ville, séparée territorialement de la zone autonome kurde, est le symbole de la première victoire kurde contre l'EI en 2015.

Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 le pouvoir de Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.

Avec le déploiement de ses troupes dans la zone kurde, il ne reste plus que la région druze de Soueïda, dans le sud, qui échappe à son contrôle.

AFP