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Les États-Unis réduisent leur présence militaire en Europe, mais sans «retrait»

Les États-Unis réduisent leur présence militaire en Europe, mais sans «retrait»
Des Marines réalisent une démonstration de capacités amphibies alors que le vice-président américain JD Vance et la seconde dame Usha Vance visitent Red Beach au Camp Pendleton, en Californie, le 18 octobre 2025, dans le cadre des célébrations du 250ᵉ anniversaire du Corps des Marines.
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Les États-Unis ont annoncé mercredi une réduction de leur présence militaire sur le front oriental de l'Europe, tout en s'efforçant de rassurer leurs alliés sur la nature de cet «ajustement», qui ne signifie en rien un «retrait» du continent européen.

Ce reploiement d'une brigade de l'armée américaine concerne en tout premier lieu la Roumanie, bien que le conflit ukrainien continue de faire rage à ses portes.

Mais, «ce n'est pas un retrait américain d'Europe ni un signe d'un engagement réduit envers l'OTAN», a souligné l'armée américaine dans un communiqué de son état-major en Europe.

Quelque 85.000 soldats américains sont stationnés en Europe.

Ce chiffre a fluctué entre 75.000 et 105.000 après l'envoi de 20.000 hommes supplémentaires en réaction à l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2022, selon le ministère américain de la Défense.

Il s'agit d'un «ajustement» qui n'empêchera pas les forces américaines de rester «plus importantes» qu'avant 2022, a réagi de son côté un responsable de l'OTAN, soulignant que l'organisation avait été informée au préalable, et que les «ajustements» dans la présence des forces américaines n'étaient pas «inhabituels».

Mauvais «signal» envoyé à la Russie

Toutefois, pour l'ancien conseiller à la sécurité nationale du président roumain, George Scutaru, il s'agit d'«un mauvais signal envoyé à la Russie» concernant la région de la mer Noire.

«La Russie pourrait considérer que la mer Noire n'est pas si importante pour les intérêts américains en Europe», a-t-il déclaré à l'AFP, estimant qu'elle serait dès lors «encouragée à essayer de faire pression davantage, en particulier sur la Roumanie, en utilisant des drones, des incursions dans l'espace aérien».

M. Scutaru, qui dirige le centre de réflexion New Strategy Center, a appelé les alliés européens à envoyer «un signal de solidarité», et «peut-être de réfléchir à renforcer la présence militaire pour compenser», citant notamment la France, à la veille d'une visite de la ministre française de la Défense Catherine Vautrin en Roumanie.

En Allemagne, où se trouve le plus gros contingent de troupes américaines en Europe, un porte-parole du gouvernement a affirmé que le pays n'était pas concerné par ce redéploiement.

En Roumanie, les États-Unis vont suspendre la rotation d'une brigade, a précisé le ministère roumain de la Défense.

«Développement prévisible» 

«Environ 900 à 1.000 soldats américains resteront en Roumanie, contribuant à dissuader toute menace et représentant une garantie de l'engagement des États-Unis envers la sécurité régionale», selon Bucarest.

Selon les dernières statistiques disponibles, 1.700 soldats américains sont actuellement déployés en Roumanie.

«Les capacités stratégiques restent inchangées», a affirmé le ministre roumain de la Défense Ionut Mosteanu. «Le système de défense antimissile à Deveselu reste pleinement opérationnel. La base aérienne de Campia Turzii continue d'être un point essentiel pour les opérations aériennes et la coopération alliée, la base de Mihail Kogalniceanu continue d'être développée, et le drapeau américain restera présent sur ces trois sites», a-t-il affirmé.

«Un groupe de combat aérien restera sur la base de Kogalniceanu, comme c'était le cas avant le déclenchement du conflit en Ukraine», a-t-il encore dit.

Les États-Unis cherchent toutefois depuis plusieurs années à réorienter leurs priorités stratégiques vers l'Asie, y compris en réduisant leur «empreinte» en Europe.

Le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier n'a fait qu'accentuer cette tendance.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait tétanisé ses alliés européens en février en annonçant qu'ils devaient désormais prendre la «responsabilité de leur propre sécurité conventionnelle sur le continent». En clair, comptez sur vos propres armées et non plus sur celles des États-Unis, même si celle-ci reste engagée dans l'OTAN, notamment en matière de dissuasion nucléaire.

Soulignant que la décision américaine était «un développement prévisible que nous avons tous anticipé», le ministre roumain de la Défense a rappelé que l'Europe avait commencé à investir davantage dans ses propres armées et qu'elle avait «décidé de prendre sa défense en main».

La décision américaine va cependant «affaiblir la sécurité» de la Roumanie, un «État en première ligne», a estimé Phillips Payson O'Brien, un historien américain et professeur d'études stratégiques à l'Université de St. Andrews, en Écosse, sur X.

«Réveillez-vous, Europe, les États-Unis ne vous défendront pas contre la Russie», a-t-il ajouté.

AFP