Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Pourquoi les frappes ukrainiennes mettent le pétrole russe sous pression

Pourquoi les frappes ukrainiennes mettent le pétrole russe sous pression
Cette photo prise le 17 juin 2025 à Nelahozeves, près de Kralupy nad Vltavou, montre le terminal de stockage et les oléoducs de l’entreprise publique MERO, qui assure le transport du pétrole brut et la protection des réserves stratégiques de la République tchèque.
Crédit photo :

Kiev intensifie depuis début août ses frappes sur les raffineries et les infrastructures pétrolières russes, avec une trentaine d'attaques, la dernière en date lundi, afin d'affaiblir la capacité de Moscou à financer sa guerre. Explications.

Quelles conséquences immédiates aux frappes ukrainiennes ?

La Russie est le troisième producteur mondial et le deuxième exportateur de brut, derrière l'Arabie saoudite.

Les produits pétroliers représentaient plus de 20 % des exportations pétrolières russes en volume en 2023.

Les revenus du pétrole et du gaz représentaient environ 30 % du budget du pays en 2024, soit sa première source de financement, selon l'Oxford Institute for Energy Studies (OIES).

Les attaques de Kiev ont pour le moment été «assez efficaces», le débit de production des raffineries russes ayant «baissé d'environ 10 %», explique à l'AFP Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler, citant les dernières estimations disponibles.

La production des raffineries a reculé en septembre «d'environ 400.000 barils par jour» par rapport au premier semestre, à environ 4,9 millions de barils, abonde Janiv Shah de Rystad Energy, interrogé par l'AFP.

Cette baisse a eu des répercussions sur les prix à la pompe : au 1er septembre, l'essence au détail coûtait 6,7 % de plus que fin 2024, selon Rosstat, l'agence russe des statistiques, et ce malgré une forte baisse du prix du baril de brut.

Face au risque de pénurie, le gouvernement a restreint les exportations de produits pétroliers jusqu'à la fin de l'année, et prolongé l'interdiction sur celles d'essence.

Et à long terme ?

Les revenus pétroliers russes restent pour l'instant affectés avant tout par la baisse des prix mondiaux du brut, avec l'anticipation d'une offre abondante ces prochains mois.

Mais la situation de la Russie pourrait empirer car «lorsque les infrastructures sont endommagées, il faut généralement un temps prolongé pour rétablir leur fonctionnement», souligne M. Shah, de Rystad Energy.

L'Ukraine est en outre «de plus en plus efficace» dans ses attaques, indique Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB. Il juge probable l'arrêt complet des exportations d'essence et de diesel russes, avant un «rationnement domestique».

D'autant que récemment, l'émissaire américain pour l'Ukraine, Keith Kellogg, n'a pas exclu des frappes en profondeur de Kiev avec des armes américaines.

La Russie tente de rediriger vers l'exportation une partie de l'or noir prévue pour ses raffineries, mais elle fait face à des problèmes logistiques et à un nombre limité de pays prêts à importer davantage de volume.

Les frappes sont-elles plus efficaces que les sanctions ?

Abaissement du plafond d'acquisition des barils, forte baisse des achats d'or noir russe dans l'Union européenne : jusqu'ici, les sanctions internationales sur le pétrole russe «ne fonctionnent pas», estime Adi Imsirovic, directeur du cabinet Surrey Clean Energy, interrogé par l'AFP.

L'application tardive de certaines sanctions a en outre laissé le temps à Vladimir Poutine «de mettre en place un système commercial parallèle avec des navires (la flotte fantôme, NDLR), des financements et des clients».

Même les droits de douane de 25 % — qui s'ajoutent aux 25 % déjà existants — imposés en août par Washington sur de nombreux produits indiens, afin de faire pression sur New Delhi, qui continue d'acheter l'or noir russe, n'ont pas eu les effets escomptés.

En revanche, avec le retrait de Russie des entreprises pétrolières occidentales, l'investissement dans les infrastructures du pays a considérablement baissé, limitant sa capacité à accroître sa production de brut dans les prochaines années.

La Russie, qui produit «autour de 9,25 millions de barils par jour» actuellement, disposerait d'une «capacité de production maximum de 9,45 mb/j» contre environ 10 mb/j avant la guerre, affirme M. Falakshahi.

 

Avec AFP