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«Le théâtre, c'est ma vie»: à 80 ans, Pierre Arditi en pleine forme sur les planches

«Le théâtre, c'est ma vie»: à 80 ans, Pierre Arditi en pleine forme sur les planches
L’acteur français Pierre Arditi assiste à la conférence de presse de Vous n'avez encore rien vu !, présenté en compétition au 65e Festival de Cannes, le 21 mai 2012.
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À 80 ans, Pierre Arditi retrouve les planches avec la pièce Je me souviendrai... de presque tout. L’acteur, toujours passionné, continue de séduire le public et les jeunes auteurs malgré des ennuis de santé passagers.

Ravi de séduire «des auteurs plus jeunes» que lui, le comédien Pierre Arditi, 80 ans, campe un acteur fantasque et narcissique sur les planches parisiennes, deux ans après des malaises sur scène sans gravité.

Dans Je me souviendrai... de presque tout au Théâtre Montparnasse à Paris, Arditi est le célèbre père d'un écrivain raté - Nicolas Briançon, autre valeur sûre de la scène - qu'il contacte après des années de brouille pour lui proposer de rédiger ses mémoires.

Un petit-fils tout aussi négligé par son grand-père s'invite à ces retrouvailles forcément féroces, entre règlements de compte et secrets de famille. Le tout servi par des dialogues ciselés avec l'humour noir comme échappatoire, signés par l'humoriste Alexis Macquart et mis en scène par le comédien Julien Boisselier, révélé par le film Je vais bien, ne t'en fais pas de Philippe Lioret.

«Je suis très heureux de séduire une génération d'auteurs bien plus jeune que la mienne (Alexis Macquart a 48 ans, ndlr)», confie le comédien à l'AFP. «Tant que je pourrai séduire ces gens-là, la mort ne pourra rien contre moi».

À l'automne 2023, l'acteur avait fait sur scène des malaises sans gravité qui avaient mené à la suspension de certaines représentations.

Une expérience dont il se serait «volontiers passé», mais qui lui sert dans cette nouvelle pièce quand son personnage, à bout, finit par s'écrouler un instant devant son fils et son petit-fils : «J'ai de l'entraînement!», s'amuse-t-il.

«On navigue dans des états qui me plaisent bien et que je n'avais encore jamais joués», raconte Pierre Arditi, qui avait repris début 2025 dans la pièce Le Prix, au côté de l'actrice Ludmila Mikaël.

«Le théâtre, c'est ma vie!» dit celui dont la sœur, Catherine Arditi, a une carrière tout aussi prolifique. «J'ai commencé là, je mourrai là».

L'artiste a débuté au théâtre en 1965 dans la troupe du metteur en scène Marcel Maréchal à Lyon. Au cinéma, il fut l'acteur fétiche du réalisateur Alain Resnais et a été récompensé par deux César (Mélo en 1987 et Smoking/No Smoking en 1994).

«Au théâtre, on se marie avec le public. Le cinéma, c'est autre chose...», confie-t-il. «Comme disait (le comédien et metteur en scène, ndlr) Jean-Louis Barrault, je préfère l'amour dans mon lit que par correspondance !»

La saison prochaine, il interprétera de nouveau Le Père de Florian Zeller et jouera en tournée Le Prix, avant deux films et le retour de la série télé Le Sang de la vigne qu'il a créée.

«Je ne suis pas en manque!», reconnaît-il. «Je n’aurai pas assez de ce qui reste de ma vie pour faire ce qu'on me propose. C'est très bien comme ça!»

Avec AFP