Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Sida et Covid à Cannes: le miroir de deux époques

Sida et Covid à Cannes: le miroir de deux époques
Les membres du jury Un Certain Regard — le coproducteur italien Roberto Minervini, la directrice du Festival international du film de Rotterdam (IFFR) croate Vanja Kaludjercic, la réalisatrice britannique Molly Manning Walker, la réalisatrice et scénariste française Louise Courvoisier et l’acteur argentin Nahuel Perez Biscayart — arrivent pour la projection du film The Mastermind lors de la 78e édition du Festival de Cannes, le 23 mai 2025.
Crédit photo :

À Cannes, plusieurs films replongent dans les premières années de l’épidémie de sida, éclairées par l’expérience récente du Covid-19. Cette résonance révèle les peurs sociales persistantes et la stigmatisation toujours présente.

Plusieurs films présentés à Cannes cette année, dont certains en compétition, abordent les premières années de l’épidémie de sida, marquées par la peur et le rejet, un thème qui revient sur la Croisette avec un nouvel éclairage post-Covid.

Dans Alpha de la Française Julia Ducournau, en lice pour la Palme d’or, ainsi que dans Le Mystérieux regard du flamant rose du Chilien Diego Céspedes, qui a remporté le prix Un certain regard vendredi, un virus nouvellement apparu fait des ravages, notamment parmi les toxicomanes et la communauté LGBT.

Cette maladie énigmatique est incurable, provoquant la panique au sein de la population, qui ne sait pas comment se protéger.

Alpha montre ainsi une foule qui s’entasse devant un hôpital dans l’espoir d’y entrer, tandis que dans le film de Diego Céspedes, qui se déroule dans un village reculé du désert, on croit que la maladie se transmet par le regard.

«C’est quand même complètement dingue à quel point la peur a contaminé toutes les strates de la société», fait remarquer à l’AFP Julia Ducournau, Palme d’or en 2021 avec Titane, qui a grandi dans les années 1980-90, quand le sida provoquait une hécatombe.

«C’est ça qui m’avait terrifiée (…) plus que la maladie elle-même : à quel point on peut, en deux secondes, se retrouver seule au monde parce que les gens ont décidé que vous étiez un danger», ajoute la réalisatrice de 41 ans, qui traite la maladie de manière allégorique dans son film.

«Dans la cour d’école, dès que quelqu’un saignait, il était pointé du doigt (…) les gens ne voulaient plus l’approcher», se remémore-t-elle.Diego Céspedes, 30 ans, se souvient lui aussi «d’une vision très sombre du sida», due notamment à ce que lui avait inculqué sa mère: que c’était «quelque chose de terrible, sale, dangereux».

C’est pour cette raison qu’il a décidé de faire ce film, dont les protagonistes sont des femmes transgenres, des «personnages lumineux», selon lui, rejetées par la société mais heureuses d’être ensemble.

Dans Romería de l’Espagnole Carla Simón, également en compétition, une adolescente part en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, sur les traces de ses parents toxicomanes et décédés du sida.

En rencontrant sa famille paternelle, très conservatrice, elle découvre que ses grands-parents «cachaient» son père. À partir de ce récit tiré de son histoire familiale, la cinéaste de 38 ans a voulu dépeindre une époque, celle des années 1980, quand l’héroïne ravageait tout sur son passage.

«Cela a été dévastateur en Espagne, qui a connu le taux de sida le plus élevé de toute l’Europe», rappelle la réalisatrice, récompensée par l’Ours d’or à Berlin en 2022 pour Nos soleils.

Certaines images de ces trois films (hôpitaux bondés, gants et masques, désinfectants, personnes craignant le contact...) résonnent d’une nouvelle manière après la pandémie de Covid-19 qui, depuis début 2020, a causé des millions de morts.

«Il y a des choses qui ont été très communes entre ces deux époques: la peur de l’autre, la protection chacun de soi et puis la façon dont les peurs sont réveillées par la maladie, par la méconnaissance qu’on en a», estime Franck Finance-Madureira, le président et fondateur de la Queer Palm à Cannes, un prix qui, depuis quinze ans, récompense les œuvres abordant des thématiques LGBT.

La petite dernière, troisième long-métrage et premier en compétition à Cannes de l’actrice et réalisatrice française Hafsia Herzi, a remporté vendredi soir la Queer Palm, un prix alternatif du «meilleur film LGBTQ+». Ce récit tout en pudeur de l’émancipation sexuelle et sentimentale d’une jeune homosexuelle et musulmane vivant en banlieue est librement adapté du premier roman, d’inspiration autobiographique, de Fatima Daas, publié en 2020.

Carla Simón, qui a beaucoup réfléchi au parallèle entre les années sombres du sida et la pandémie récente, voit toutefois une différence essentielle: au VIH est attachée la «stigmatisation» d’une maladie provoquée par quelque chose de mal – la drogue ou des relations homosexuelles.

Avec le Covid, «tout le monde pouvait être contaminé en respirant mais il n’y avait pas ce tabou», poursuit-elle.

La pandémie récente permet également aux jeunes générations de mieux comprendre ces années critiques de l’épidémie de sida qu’elles n’ont pas connues.

«Les jeunes sont très, très peu informés sur ce sujet. Et c’est bien de le remettre en avant de temps en temps, de continuer à en parler et de comprendre aussi à quel point ça a été traumatisant», affirme Carla Simón.

Kevin Robert Frost, président de la Fondation américaine pour la recherche sur le sida (amfAR), qui organise chaque année un grand gala à Cannes pour collecter des fonds, partage cet avis.

«Pour beaucoup de jeunes, ce n’est pas présent, ce n’est pas quelque chose à quoi ils pensent dans leur vie», relève-t-il. «J’espère que ces films aideront à sensibiliser les gens».

Avec AFP

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre