Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Deauville : lumière sur Jack Garfein, metteur en scène oublié

Deauville : lumière sur Jack Garfein, metteur en scène oublié
Il a offert son premier rôle au théâtre à James Dean, révélé Samuel Beckett au public américain et enseigné à plusieurs générations d’acteurs : à Deauville, un documentaire sort de l’ombre la vie du metteur en scène d’avant-garde, Jack Garfein.

Intitulé The Wild One, ce film, présenté samedi dans la section « Les docs de l’Oncle Sam » du Festival de cinéma américain, veut corriger une injustice : la mise au ban de l’histoire de ce réalisateur et professeur d’art dramatique décédé fin 2019. Cet homme, c’est Jack Garfein.
Si le nom résonne auprès des cinéphiles - la Cinémathèque française lui avait rendu hommage en 1984, tout comme le festival américain Telluride Film Festival en 2012 -, il n’est du reste pas connu du grand public.

Né en 1930 en Tchécoslovaquie, Jack Garfein est un rescapé de la Shoah. Arrivé à Auschwitz à l’âge de 13 ans, il a survécu au camp de concentration, avant de rejoindre les États-Unis à la fin de la guerre. Là-bas, il prend des cours de comédie avec le metteur en scène allemand Erwin Piscator. Repéré par Lee Strasberg, il est invité à rejoindre l’Actors Studio, un atelier d’acteurs d’où sont sortis Marlon Brando, Leonardo Di Caprio ou Robert de Niro.
C’est en 1953, lorsqu’il monte à Broadway la pièce End as a Man qui décrit l’univers concentrationnaire d’une école militaire américaine, que sa carrière est lancée. Il la portera au cinéma en 1957 sous le titre Demain ce seront des hommes.

Que s’est-il passé pour que cet homme, à qui le succès ouvrait les bras, tombe dans l’oubli ? C’est à cette question que le documentaire de Tessa Louise-Salomé - qui avait reçu un accueil chaleureux du public lors du festival de Tribeca à New York en juin - tente de répondre. Car même la réalisatrice ne savait pas grand-chose avant de le rencontrer en 2015 à Paris, où il enseignait à de nombreux acteurs. « C’est là que j’ai réalisé que j’étais face à quelqu’un d’extraordinaire et qu’il fallait que j’en fasse un film », dit celle qui s’est fait connaitre grâce à son documentaire sur Leos Carax, Mr. X (2014).


La réalisatrice pressent qu’elle doit agir vite et recueillir sa parole. Une interview-fleuve de plus de six heures est enregistrée. De cet entretien, ainsi que des recherches de Tessa Louise-Salomé, se dégage une chose : un homme en décalage avec son époque et, surtout, avec l’industrie hollywoodienne.

« Il me disait : Tu dis pas à un survivant de l’Holocauste de pas mettre des Noirs dans son film, c’est pas possible », rapporte-t-elle.
Si son premier film est contesté, son deuxième film, Au bout de la nuit (1961), achèvera sa mise à l’écart par Hollywood : viol, suicide... Jack Garfein est à des années-lumière des sujets de l’industrie du « Make believe ».
Pas de quoi le décourager. Il fait alors son retour au théâtre et se lance dans la création d’un « Actors Studio » à Hollywood. Objectif ? Former les stars de demain. « C’était pas innocent comme action parce que la méthode de l’Actors Studio est une méthode de l’underground, très pointue et, tout d’un coup, il l’a mise à l’écran. C’était un peu révolutionnaire », explique Tessa Louise-Salomé.

Outre son esthétisme et son exhaustivité (interviews, matériel historique, séquences de film...), la force du documentaire réside dans sa narration. En juxtaposant le récit de son enfance - percutée par l’Holocauste - et celui de ses années dans le milieu de la mise en scène, la réalisatrice affirme que son expérience dans les camps de la mort a profondément marqué et influencé son génie créatif. D’ailleurs, Jack Garfein, décédé durant le tournage du film, confiera que son rapport à l’art et à la comédie est précisément ce qui lui a permis de survivre.

AFP