Infos en direct
Cuba a informé les compagnies aériennes d'une absence de kérosène à partir de lundi minuit (compagnie européenne)Australie: le président israélien se recueille sur les lieux du massacre de Bondi BeachLa Bourse de Tokyo bondit de 2,6% après le triomphe électoral de Takaichi, grimpe à un nouveau sommetLégislatives au Japon: Trump souhaite un "grand succès" à la Première ministre et à son programme conservateurTrump affirme qu'il accueillera Xi Jinping à la Maison Blanche vers "la fin de l'année"La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", salue von der LeyenJO: les Etats-Unis sacrés champions olympiques par équipe pour la deuxième fois de suitePrésidentielle au Portugal : Macron félicite Seguro pour sa victoire, appelle à "renforcer les liens" entre les deux ...Foot: le Paris SG pulvérise l'OM dans le Classique 5-0 et reprend à Lens la tête de la Ligue 1Le Mexique annonce le départ de deux bateaux d'aide humanitaire vers Cuba  Israël lance plusieurs frappes aériennes ciblant des positions du HezbollahLa Finul confirme la mise en œuvre du plan de désarmement de l’arméeRaid israélien au Liban-Sud : un mort du HezbollahJoseph Aoun en Espagne : armée, Finul et stabilité régionale au cœur des discussionsRésolution de l’AIEA : l’Iran accuse des pays occidentaux de chercher l’«escalade»Zelensky se concerte avec ses alliés européens sur le plan américainTrump et MBS scellent des accords colossauxAu moins cinq morts dans un séisme au BangladeshAïd el-Fitr sous tension dans la région

Mohammed Taan: l’humanisme dans l’écriture

Mohammed Taan: l’humanisme dans l’écriture
Mohammed Taan: «Aimons-nous les uns les autres. Je suis un homme universel; contre les guerres… Peut-être parce que j’ai rencontré plein de gens dans leurs différences.»

Mohammed Taan est auteur et médecin chirurgien. Ses romans sont un mélange de réel et de fiction; «Il y a toujours un peu de l’auteur qui se verse sur les papiers, même à son insu», dit-il. Dans cette entrevue, il se penche pour Ici Beyrouth sur ses sujets de prédilections et ses pensées.

Dans vos écrits, on remarque le mélange de cultures. Pouvez-vous nous en parler?

Je suis libanais. Être libanais veut dire être citoyen universel. Quand on rencontre ces Libanais éparpillés dans le monde, cela fait partie de notre personnalité; le fait d’être universel est acquis dans nos chromosomes. Être médecin m’a permis de mettre à profit ce sentiment humaniste que je porte en moi. Cela m’a poussé à aller chercher l’autre, même très loin; en Afghanistan, au Pakistan, au Maroc, en Afrique, au Sénégal… Mon premier roman relate l’histoire des Libanais qui ont débarqué au Sénégal en début du XXe siècle vers 1900.

Croyez-vous à un monde humain sans limites? Qu’est-ce qui empêcherait l’homme d’aller vers l’autre?

Je crois qu’on est en train de perdre cet élan vers l’autre en ce moment. C’est ce qu’on appelle la globalisation ou la mondialisation. Un ami au Nigéria a réservé sa place à 35.000 dollars pour la lune. Autant dire que la Terre n’est pas limitée; la conquête de l’espace a rapetissé le globe terrestre. J’habite au Nigéria, je suis actuellement en Égypte et dans deux jours je serai à Beyrouth. L’évolution de moyens de transport et la fréquence des voyages a fait que le globe terrestre est devenu un petit quartier dans l’univers.

Aller vers l’autre quand il est tout près est encore plus difficile que de voyager. Qu’est-ce que vous en pensez?

Absolument; la preuve est que nous avons enduré quinze ans de guerre civile. C’est l’exemple frappant de cette contradiction. Cela est dû à la nature humaine. Dans mon premier roman, je mets en évidence que l’être humain est le seul qui tue sa propre race. Les animaux font une intimidation pas plus.

Pensez-vous que l’écriture est une arme pour changer les choses?

Comme moyen de communication, bien sûr. La télévision aussi… Cela permet d’avancer une opinion différente pour les récepteurs. Actuellement, je suis par exemple en train d’écrire un livre sur les fausses vérités connues sur l’islam.

Être médecin et écrivain en même temps est un choix de vie. Comment en êtes-vous venu à ce choix?


Cela se complète. Je ne suis pas un cas insolite; plusieurs médecins à travers le monde se sont convertis en écrivains. J’adore écrire et la chirurgie est ma passion. J’ai alors pu combiner les deux jusqu’à il y a un, deux, trois ans où j’ai décidé de prendre plus de temps pour l’écriture. Les deux métiers ne se contredisent pas du tout. Un chirurgien a un profil psychologique humaniste et sensible. C’est cette personnalité-là qui le pousse à écrire.

Pourquoi C'est la Faute à Flaubert?

Ce livre a été édité en Égypte, mais nous avons gardé le même titre – décision de l’éditeur. Lors de la Révolution française dans Les Misérables, Gavroche fredonnait «c’est la faute à Voltaire». Dans ce roman, Flaubert est homosexuel et sa faute est là; bien sûr, il n’en est pas responsable puisque Dieu l’a créé ainsi. C’est un clin d’œil à un chant connu lors de la Révolution française, une sorte d’adaptation.

Quel est donc votre but dans ce récit?

Je voulais en effet mettre en valeur le petit-fils de Mohamed Ali qui est tari par l’histoire. Je voulais montrer qu’il avait gouverné quartre ans et qu’il a eu la chance d’être très musulman avec les Français. J’ai été victime d’une injustice et cela me pousse à lui rendre justice. Dans sa vie, Abbas Hilmi avait rencontré Flaubert. C’est une rencontre historique. Gustave Flaubert est venu en Égypte, mais on n’a jamais connu la raison de ce voyage. Pour moi, la logique de ce voyage-là, c’était pour satisfaire son homosexualité puisqu’en Égypte, il y avait de la liberté dans ce sens. Il devait aussi effectuer le voyage de la Perse pour se recueillir auprès de Shams el-Tabrizi qui lui aussi, paraît-il, était homosexuel. Mon roman est une fiction.

Dans votre roman, Le Sayyed de Bagdad, vous dites: «Je reprends le Cid à Pierre Corneille.» Pouvez-vous nous l’expliquer?

Sur la couverture, il y a le Sayyed. En discutant avec l’éditeur en France, il a décidé de le garder parce qu’évocateur. Nous nous sommes mis d’accord de mettre sur la toute première page l’explication du Sayyed: le Cid. Le Cid de Corneille c’est le Sayyed.

Quelle est votre source d’inspiration?

J’écris mes convictions; je développe des sujets qui m’inspirent. En ce qui concerne Khawaja, c’est une personne que j’ai rencontrée, Joseph el-Boustany; c’était mon voisin de palier à Beyrouth. Je l’ai soigné en tant que médecin et il est mort entre mes mains d'un cancer, à l’hôpital américain de Beyrouth. J’ai ressenti son histoire et l’ai vécue. Voilà pourquoi je l’ai écrite. Je suis un des héros de Khawaja. Mes souffrances m’inspirent.

Avez-vous un message particulier à transmettre à travers vos écrits?

Aimons-nous les uns les autres. Je suis un homme universel; contre les guerres… Peut-être parce que j’ai rencontré plein de gens dans leurs différences. Le but n’est pas de parvenir par tous les moyens, mais de respecter ses convictions; être sincère avec soi-même pousse à bien écrire.

Lire aussi

🌙 ☀️

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre

Connectez-vous à votre compte Ici Beyrouth.

Tous les champs sont obligatoires.

Mot de passe oublié ?

Créez votre compte Ici Beyrouth pour ajouter et conserver vos favoris.

Tous les champs sont obligatoires.

x Au moins 12 caractères x Une majuscule x Une minuscule x Un chiffre